jeudi 31 décembre 2009

Rome

Cette année nous ne passerons pas le nouvel an à Paris mais à Rome! Nous sommes déjà allés quelques jours en février et je dois avouer que la ville nous avait vraiment séduit, à l'échelle humaine, vivante à la différence de Florence! A l'origine de cette idée saugrenue de revoir la ville en plein hiver, il y avait un super plan qui devait nous permettre de goûter aux charmes cachés du Vatican, rencontrer de beaux prêtres en soutane, d'arpenter les jardins du pape réservés  traditionnellement aux seuls initiés, découvrir Rome secrète! Las! Le plan est foireux, nous sommes indésirables, pas à la hauteur de la proposition. Là-bas, on ne reçoit pas les bouseux en sabots et en coiffe jamais sortis de leur province bretonne. On ne pourra même pas ramasser les miettes, juste avoir le récit des aventures secrètes de l'heureux gagnant du plan pourri. On veut du "prout ma chère", du délicat, du fin, du bien élevé, de l'élégance, du raffiné ....pas du qui pète et qui rote à table.
Pas grave, on fera mieux!
J'envisage donc un footing dans les jardins de la villa Borghèse, une virée à Naples pour goûter au pouls de la ville et voir la mer, je me tâte pour les jardins de la villa d'Hadrien à Tivoli, il risque de ne pas y faire très chaud! Je rêve de revoir à le toucher le Moïse de Michel-Ange dans Saint-Pierre-aux-Liens, parcourir à nouveau Saint-Paul-hors-les murs à la fois pour la magie du nom et la taille de la nef, plonger dans l'ombre de Saint-Louis-aux-Français, brailler avec les Romains à minuit le 31!
En espérant qu'il ne pleuvra pas!
Aux dernières nouvelles, il faisait 16°! Noël au balcon!

lundi 23 novembre 2009

L'hôtel de la Pointe à Cap Coz

Novembre en Bretagne est un mois sans, sans bonnes tables ouvertes pour festoyer! Samedi 21, la Roseraie de Bel Air à Quimper faisait déjà le plein depuis plus de trois semaines, l'Auberge des Glazicks à Plomodiern qui avait cette fois-ci ma préférence ainsi que Ar Men Du à Raguenes étaient fermés. Je n'avais pas envie de tester la Taupinière n'ayant guère apprécié il y a quelques années les crackers Belin en amuse bouche, ni le moulin de Rosmadec à Pont-Aven car je ne vais pas dans ce genre de restaurant (un macaron) pour manger en entrée une sardine grillée enroulée dans sa feuille de bric sur un lit de laitue.
Bref, j'avais donc fait le tour des popotes locales dépitée de ne rien trouver et je me suis rabattue sur l'hôtel de la Pointe à Cap Coz. Le lieu est magique, même la nuit! Par tempête se garer sous les pins cinquantenaires entre le grand large et la vasière de Port-La-Forêt (prononcer Port Laf!) fleure bon les algues et les embruns.


Le restaurant est rénové, l'accueil chaleureux. L'arrière salle où nous avons dîné est malheureusement bruyante, embuée, peu éclairée. D'emblée, le service s'est révélé patachon mais sympathique. Les plats sont joliment présentés, à la mode actuelle, les produits servis très frais mais tout (ou peu s'en faut) a le même goût: une espèce de sauce type viandox, marronnasse, sucrée et salée nappe la queue de lotte comme la tranche de cochon de lait farcie. Le dessert est très quelconque, tout droit sorti des bacs de congélation, le vin pitoyable mais flatteur. On sort gavé car les portions sont copieuses mais le rapport qualité/prix n'y est pas, il suffit de se contenter du petit menu afin d'en avoir pour son argent.


Je suis donc étonnée que le Nautile à Concarneau pour une prestation légèrement meilleure, une gamme de saveurs plus étudiées soit moins bien noté que le restaurant de la Pointe par le Michelin qui sur son site ne le classe ni dans les adresses de charme (ce qu'il est) ni les meilleures adresses à petit prix (à mon sens, ni l'un ni l'autre ne le sont). On y est mieux installé, la vue y est fabuleuse sur la baie et la plage, les plats sont plus légers, pour une addition équivalente.

mercredi 7 octobre 2009

L'Insolite à Douarnenez



Il est très agréable de découvrir de bonnes tables dans la région!
Par comparaison avec le Poitou, elles sont nombreuses. Sans doute, faut-il compenser les étés froids et pluvieux par quelques nourritures terrestres de premier choix!
L'Insolite à Douarnenez est une petite perle. Les menus varient entre 13,60 le midi et 45 euros! Point de sucré à toutes les sauces, mais de vrais plats salés et de vrais desserts. Ces derniers sont divins, le "tout chocolat" est à se damner et la crème citronnelle aux fraises gariguette est réellement divine.
Le restaurant l’Insolite est tenu par deux jeunes chefs, Gaël Ruscart et Philippe Clauss venus du Martinez à Cannes. Gaël, originaire de Douarnenez, souhaite offrir une cuisine bretonne revisitée, travaillée à partir de produits frais qui font la richesse de notre région et relevée par des épices venues des quatre coins du monde.
C'est aussi un hôtel où toutes les chambres sont rénovées. C'est donc une excellente adresse pour ceux qui souhaitent visiter le littoral.

Douarnenez


Ce matin, c'était grande marée .... verte sur la plage. Cela n'a pas empêché les amateurs de pêche à pied de venir gratter. Ils sont fidèles au poste depuis deux jours et vont sûrement continuer leur prospection encore quelques matinées! On se demande ce qu'ils trouvent au bout de leur épuisette. Selon les journalistes de Ouest-France qui ont mené une enquête sérieuse concernant les motivations de ces acharnés touristes et indigènes, il semblerait que ce soit surtout les souvenirs de leur enfance qu'ils viennent déterrer au bout de leur râteau A moins qu'ils ne cherchent à perdre 3 kilos en deux jours sans effort!
Ce même Ouest-France se fait écho depuis trois jours de la canicule qui sévit en France pour rappeler dans les pages locales, aux petits vieux et petites vieilles, l'urgence et la nécessité absolue de s'hydrater régulièrement. Avec un petit 18° au thermomètre et de vilains nuages noirs à l'horizon, ils ne vont pas mourir de chaud! C'est donc à lire la presse locale qu'on prend vraiment conscience que le Breton ne connaît pas de vrais étés torrides. 1976 et 2005 sont les deux seules années restées dans les mémoires mais des tombereaux de flotte et de gris annihilent en eux tout souvenir de chaleur.
Cela étant, nous avons fait notre pèlerinage estival à Douarnenez! Tout comme Brest, Douarnenez est une ville qui se mérite. Ancienne capitale de la pêche à la sardine, la ville a conservé des traces de ce passé glorieux, conserveries désaffectées sur ses quais, par la taille de certains immeubles aujourd'hui délabrés et vides. Ces barres sinistres construites du temps de la municipalité communiste bordent le littoral offrant aux occupants une vue magnifique mais ces HLM des années 70 bouchent surtout celle de tous les autres quartiers, bourgeois notamment.
Toutes les rues en pentes folles mènent sur le port, le coeur de la cité est un lacis de venelles cul-de-sac. Il y a quelques années désespérément grise, la ville aujourd'hui prend des couleurs que magnifie la mer sur laquelle vous tombez quelque soit le chemin.
Nous y allons pour ses galeries notamment celle d'Alexandra Duprez (Métamorphoses) et de Jean-Pierre Le Bars.
Ce n'est pas les grandes foules de Porto Vechio, point d'Italiens à déambuler benoîtement, quelques Anglais ou Hollandais perdus dans les parages.
Un petit bout de terre!
Et en quittant la ville, un exhibitionniste pervers au rond point de Kerlaz, exhibant une petite quéquette sous un gros bide rondelet! Aucun doute, le bonhomme déculotté jusqu'à la taille, le pull remonté sous les seins poilus, tournant les fesses au champ de maïs était bien là pour un dernier salut aux visiteurs!
Toute la poésie bretonne d'un trou du cul du monde!

mercredi 15 juillet 2009

Le vertige et le ciel de la Kolyma d'Eugénia Guinzbourg.


Honte à moi! Je découvre très tardivement les livres d'Evguénia S. Guinzbourg, le Vertige et le ciel de la Kolyma. C'est dans deux vieilles éditions toutes jaunies chez Points roman de 1981 et de 1983 que je dévore ces deux admirables récits!
A court de livres forts pour mon été, j'ai appelé au secours une amie mienne, grande lectrice devant l'éternel qui m'a exaucée en me livrant un énorme sac rempli de nourritures culturelles me disant, tu les as forcément lus. Eh non !
Tant mieux en un sens, puisque j'occupe mes après-midis, plongée dans ces récits des purges staliniennes de 1937 vécues par une femme intellectuelle et communiste convaincue. Arrêtée après un simple coup de fil qui lui demande de se rendre à un rendez-vous, elle connaît tour à tour les interrogatoires absurdes par des fonctionnaires qui eux-mêmes finissent par être arrêtés, l'isolement pendant deux ans ponctué de cours séjours en cachot disciplinaire à chaque anniversaire marquant de la Révolution d'octobre, puis la déportation dans le wagon à bestiaux n°7 vers Vladivostok, avant la Kolyma où elle restera jusqu'après la mort de Staline (1953).
En courts chapitres, elle y relate sa vie de manière précise, limpide, bercée par les poèmes qu'elle se récite et dit à ses compagnes de captivité, la joie qu'elle a d'entrevoir un petit morceau de ciel que la cruauté bureaucratique fini par occulter, la laissant croupir dans l'humidité et les moisissures, sa lutte pour garder sa dignité de femme sous des hardes informes. Elle réussira à cacher son soutien gorge coûte que coûte.
On baigne dans un univers féminin digne, solidaire, fraternel, joyeux malgré tout.

C'est un des premiers récits de captivité rédigé par une femme que je lis et j'y trouve une légèreté qui n'existe pas vraiment dans les récits masculins. L'ouvrage est très bien écrit, l'écriture est aisée et rend inutile, la compilation que constitue l'ouvrage d'Applebaum, Le Goulag, une histoire des camps, puisée dans tous les récits qui ont pu être faits depuis 1953, enrichie par la lecture des archives et des mémoires non plubliées. Le Vertige suffit à nous faire comprendre ce que fut la répression stalinienne.

mardi 7 juillet 2009

Psychopathes...


Mon conjoint est un psychopathe du cintre et j'aurais tout aussi bien pu intituler ce billet "le mystère des cintres fantômes" sauf que je sais parfaitement où ils finissent. Tous les week-ends après avoir amoureusement repassé ses chemises avec force vapeur, il les suspend à un ou plusieurs cintres et les emporte là où il travaille .... Ma collection diminue dramatiquement et je dois en acheter régulièrement. A la question, " tu dois en avoir un bon stock?" La réponse est sans appel, c'est non! J'ai donc développé une stratégie afin de débusquer l'addiction. J'achète des laids, des noirs et des violets, de ceux que l'on repère à 20m et qu'on ne peut oublier! Las, ils disparaissent quand même. Je n'ai pas osé acheter des immondes en ferraille qui laissent de la rouille sur les chemises, il épuiserait le stock des plastiques et me laisserait les fils de fer!
De temps en temps, de son coffre, discrètement il extirpe une dizaine d'objets si appréciés. Cela fait un certains temps qu'il n'a rien ramené. Tous les noirs et tous les violets ont disparu!

"Si ça vous fait plaisir, c'est de bon coeur!" C'est la caissière du supermarché, qui voyant mon stock dans le caddy a eu pitié de la zézette en moi, elle m'en a proposé une bonne vingtaine, qu'elle a extirpé de sa poubelle, des en plastique, noirs, fragiles et moches mais utiles. J'ai donc récupéré les précieux objets et je les offre avec plaisir tous les dimanches. Pour le moment, mon problème est réglé!

Je ne suis psychopathe de rien du tout. Du moins je le pense, or il n'y a pas si longtemps mon homme à moi a fait un inventaire des bouteilles de shampoing qui s'accumulent sous le lavabo, sur le caillebotis de la douche, dans le cagibi, tout heureux d'étaler au grand jour mon addiction. Des spéciaux pour cheveux, longs, blonds, bruns, bouclés, secs, permanentés, décolorés, fourchus, blancs ... auxquels s'ajoutent les démêlants! Je pense que la jalousie pour nos crinières de sauvageonnes à jouer en notre défaveur.
Pour être honnête, je fais aussi une fixation sur les boîtes de sardine, j'ai toute la collection de l'usine locale. Peu importe, c'est comme le vin, plus elles vieillissent, meilleur c'est!
Certains produits utiles à la cuisine s'accumulent et on découvre alors qu'il faudra plusieurs couscous ou ratatouilles pour les éliminer, qu'il faut cesser d'en acheter.... Jusqu'au jour où en en ayant vraiment besoin on découvre avec horreur qu'il n'y en a plus.

Le stockage reste un problème pour les produits frais. Mon frigo est toujours plein mais c'est une illusion car le geste magique qui consiste à l'ouvrir afin d'y trouver ce qui calmera la faim est une aventure risquée.
Il n'est pas rare d'extirper une boîte de raviolis frais sous vide périmée depuis un mois et demi .... Après test, ça ne rend pas malade, on survit à la nuit sans squatter les toilettes. Les enfants ont le chic pour débusquer la tomate pourrie écrasée entre deux courgettes jaunies par la vieillesse, la petite noisette de beurre rance toujours enveloppée dans son papier à carreaux bleus et blanc au sel de Guérande, la coriandre dégoulinante dans son sac en plastique (ça ne se conserve pas du tout la coriandre), le morceau de fromage de chèvre dur comme la pierre, perdu au milieu des escalopes de poulet (non périmées), les yaourts de plus de trois mois, le morceau de magret de canard séché rapporté en février de la montagne....Il y a aussi des bols et des jattes pleines des restes du week-end: les morceaux de lapin que personne n'a voulu manger (qu'on ne mangera jamais d'autant qu'ils ont refroidi dans leur gras), la salade de tomates aux oignons et aux herbes imbibée de jus de vinaigrette après deux jours de trempages, la soupe en sachet que l'on ne peut plus identifier. Etait-ce de la soupe thaï, le velouté aux asperges, le potage aux 9 légumes? Ce n'est plus qu'un jus saumâtre ou surnagent quelques vermicelles. Il y a aussi les six pots de confiture, les trois plaquettes de beurre, les 20 yaourts nature (j'ai abandonné depuis plusieurs mois les yaourts aux fruits certains comme ceux aux cerises finissaient à la poubelle) les deux pots de crème fraîche, le concombre, les lardons, les compotes, le chocolat blanc, noir, au lait, la moutarde, les cornichons, les patates, le gingembre, le ketchup, les oignons, l'ail, le persil .... y a de tout dans le frigo sauf ce qui se mange tout de suite, qui satisfait la fringale de l'adolescent.
Bref, c'est la caverne d'Ali baba, le musée des horreurs, l'antichambre de la poubelle. Régulièrement après une moue de dégoût de quelques utilisateurs dépités de ne pas y avoir trouvé pitance, il me prend l'envie d'endiguer tout développement de bactéries perfides, le ménage s'impose, l'éradication radicale avec eau de javel, gants Mapa et la poubelle sous la main.
J'ai honte, mais ça fait beaucoup rire les enfants qui ont l'occasion de visiter d'autres frigos, exemplaires ceux-là. Des réfrigérateurs qu'on ne remplit que lorsqu'ils sont vides et de manière scientifique. Les critiques fusent mais au final ils aiment ce qui en fait l'originalité, son apparente plénitude et la franche rigolade à l'exhumation du produit rare oublié depuis plusieurs mois, couvert de poils verts de gris ....
Récemment j'ai testé l'épreuve du frigo vide, ils n'ont pas aimé ...


samedi 31 janvier 2009

Mich monde 2009



Notre champion Michel Desjoyeaux (le marin le plus titré de la planète) arrive à bon port! Cet après-midi, il va franchir la ligne d'arrivée et entrer dans la légende du Vendée globe pour avoir conquis à deux reprises l'Everest de la voile! Bravo!
Depuis trois mois, nous vivons au rythme des connexions sur le site de la course, croisant les doigts pour que tout se passe bien pour lui et pour les autres, tout particulièrement Bilou (Roland Jourdain) ou Sam (Samantha Davies). Pour ces derniers, la course continue avec son lot de surprise et de suspens.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...