mercredi 12 septembre 2018

Le guetteur, Christian Boltanski

Parmi les quelques 700 ouvrages parus à la fin de l'été, je n'ai acheté et lu (souvent j'achète et j'empile sans lire) que le guetteur de Christian Boltanski. J'avais grandement apprécié la cache du même auteur. 

Je me suis bien moins régalée... J'apprécie le portrait de sa mère, l'enquête qu'il mène après sa mort  dans son quartier, auprès de ses voisins, afin de mieux connaître la vieille dame recluse qu'elle était devenue, l'analyse des romans policiers qu'elle avait commencés. Il traque la déchéance et l'effacement de sa mère. Il me donne envie de visiter le 13ème arrondissement de Paris, les barres d'immeubles construites dans les années 60, revoir le quartier sur dalle des Olympiades, découvrir la Butte aux cailles,  ... Il n'a pas son pareil pour rendre vivant les supérettes, les trottoirs, les cages d'escaliers sonores, les bars sans âme où flotte encore l'odeur de vieux tabac. J'aurais sans doute mieux à faire sur un court week-end. 
Par contre, j'aime moins les chapitres consacrés à la jeunesse de sa mère, Françoise, porteuse de valises pendant la guerre d'Algérie. L'auteur change de pronoms personnels, de manière d'écrire, de point de vue, il imagine et perd l'émotion qu'il y a dans les autres pages. J'en viens à sauter ces passages qui m'ennuient, écrits à la manière d'un roman, poussif et sans âme. 
Ce livre révèle donc toute la difficulté d'écrire une fiction et la facilité que certains ont à raconter leurs émotions, à décrire ceux qui les touchent et qu'ils aiment (ou pas). 
A moins que ce ne soit moi qui est une appétence particulière pour l'écriture de l'intime?  
En attendant, nourrir ce blog m'est de plus en plus difficile et laborieux, je ne me fais plus rire. Mes derniers articles sont également poussifs et sans âme, certains me font honte. Ce n'est pourtant pas l'envie d'écrire qui me manque, mais l'élan, le souci de ne plus me dévoiler et sans doute, l'impossibilité de dire mes émotions (mais je n'en ai peut-être plus)! 

mercredi 29 août 2018

Les forges de Paimpont

Les forges de Paimpont

Quand j'étais petite, nous allions régulièrement voir mes grands-parents à Plélan-le-grand. On y retrouvait mes cousines,  ma tante et mon oncle.
Mes grands-parents habitaient un meublé de deux pièces, l'une donnait sur la route nationale qui traversait alors le village, c'était la chambre, on y dormait tous ensemble, moi sur un lit de camp, rouge, en creux, dont les liens s'usaient et se détendaient, ma hantise était que le mécanisme se referme brusquement pendant la nuit, j'évitais de bouger afin de ne pas finir pliée en deux et prisonnière.  Je m'endormais au son des voitures, peu habituée au bruit incessant des véhicules. 
Au déjeuner du dimanche midi, on se tassait dans la salle à manger-cuisine, entre les deux grands bahuts, toujours, tous assis à la même place.  Ma grand-mère cuisinait un rôti de veau, en casserole avec des pommes de terre et des oignons. Invariablement, elle nous servait un pâté de foie, ou un pâté de lapin (ou de campagne) à se damner.  Je n'ai plus aucun souvenir du dessert! 
Après le repas, nous allions aux forges de Paimpont, mais pas à Paimpont dont je n'avais aucun souvenir en m'y rendant pendant les dernières vacances. On se garait sur la route nationale et on descendait à pied en longeant à droite, l'étang, et à gauche, les forges et les logements des ouvriers. 
Le clou de la balade consistait à aller exciter les chiens du chenil. 
En général, à notre arrivée, trois bestioles étaient vautrées dans l'herbe, indifférentes aux passants, levant à peine une oreille à notre arrivée, l'oeil torve, battant mollement de la queue, le reste de la meute faisait  la sieste dans l'immense niche à chiens. 
Le jeu consistait donc à exciter les trois pleupleus qui, alors, se jetaient sur le grillage, complètement excités, faisant surgir des portes, grandes ouvertes, le reste de la bande. Une vingtaine de chiens s'alignaient en hurlant le long de la clôture, sautant le plus haut possible et aboyant sur nous de tous les leurs poumons! Un régal! 
La séance durait un moment, on ne se lassait pas du spectacle! 
Parfois on prolongeait la ballade vers le bois, tandis que les chiens se calmaient et retournaient à un repos bien mérité.
Le truc était de repasser et à nouveau, de les exciter.
Le chenil 

lundi 18 juin 2018

Des nouvelles de Lili

Lazuli aka Lili va bien. 

Elle dort, elle mange, elle dort. 
Depuis peu, elle perd ses poils pourtant elle a passé l'hiver bien au chaud sur le perchoir dans une caisse à papiers. 
Une ou deux fois, elle a vomi sur les tapis mais rien de bien méchant. Une fois sec, le vomi se nettoie sans problème. En général,  il n'incruste pas les fibres tellement les morceaux qu'elle a avalés sont gros. Elle se jette sur la nourriture comme un morfal, elle se goinfre  comme si je ne lui donnais rien! Pourtant, j'applique à la lettre les conseils de D. Goux: toujours une gamelle pleine et de l'eau bien fraîche.... Parfois, je lui offre une tête de poisson décortiquée cuite à l'eau ou un sprat cru royalement offert par le poissonnier, de la peau de poulet, le pot de yaourt ou de glace à lécher ... 
Cette chatte n'est pas bégueule, elle mange de tout depuis sa disparition  alors qu'elle n'était encore qu'une chattonne de quelques mois. 
Dès que je rentre elle m'attend sur le tapis de l'entrée ... et dès qu'elle rentre elle s'y précipite pour nous offrir son ventre à gratouiller. 
Je craque complètement. Parfois la nuit,  elle dort avec moi, mais pas sur moi!  Elle monte sur le fauteuil et se roule en boule. J'adore cette présence, même lorsque, sur les coups de 4h de matin, elle gratte pour sortir. Si elle ne se couche pas en même temps que moi, je laisse la porte ouverte, elle prévient quand elle arrive par un petit piétinement délicat - qui me réveille- avant de se rouler en boule sur sa couche. 
Je gagatise complètement, 
Parfois je me demande si ce n'est pas moi qui vis chez le chat! 
Partir reste un problème, pourtant quand j'étais petite, on ne se posait pas du tout la question du "qui nourrirait le chat", on partait et après nous le déluge! Au bout d'un mois, notre inquiétude était vite balayée car Minette arrivait à fond de train comme si on l'avait quittée la veille! 
Je n'ai guère envie de la laisser errer pendant mon absence dans ce monde de brutes. Un vieux loup du bas du quartier piège les corneilles, les renards, et les chats, entre autres. Il est, paraît-il, habilité à tuer par la préfecture.
Laisser Lili suppose qu'elle aille chercher sa pitance hors de son périmètre donc qu'elle erre et se fasse croquer par un plus gros qu'elle ou piéger par le professionnel. P. ou G. passe tous les jours pour le petit câlin rituel ... et surtout remplir la gamelle.
Depuis peu, elle a un compagnon de jardin qu'elle tente bien de repousser avant de jouer les indifférentes, ce dernier n'est pas farouche, plutôt câlin, son plaisir est de tenter de rentrer dans la maison et de filer vers la cuisine manger les croquettes de Lili, avant de ressortir repu. Heureusement qu'on ne vit pas la fenêtre grande ouverte, habiter en Bretagne a du bon! Tous les deux n'ont peur que d'un vilain matou, gras et trapu, ressemblant vaguement à un siamois mais poilu comme un ours, mauvais comme une teigne, il fait fuir le petit gris comme un dératé, et soumet notre Lili à coups de violents coups de griffes. Je n'ai jamais vu un chat aussi court sur pattes.
Dans ce jardin royaume des félins, j'ai peur pour mes crapauds qui batifolent en ce moment, la nuit, sur la terrasse, les oiseaux qui nichent dans les buissons.
Bref, Lili va bien! 

mardi 15 mai 2018

Rien où poser sa tête, Françoise Frenkel



Françoise Frenkel a franchi la frontière franco-suisse en Haute-Savoie en juin 1943, clandestinement, elle avait 54 ans et une furieuse envie de vivre. 
Je n'ai pas les qualités littéraires de Patrick Modiano qui signe la préface et souligne toute la singularité de ce livre remarquablement bien écrit. 
Cependant, l'ouvrage m'a laissé une forte impression après l'avoir terminé, ces quelques jours où l'on ne quitte pas tout à fait l'auteur, l'histoire et son ambiance. 
L'écriture reste factuelle, mais l'auteur évoque les lieux où elle se réfugie avec une grande précision, les femmes et les hommes qu'elle rencontre avec empathie, sans atermoiements. Elle garde, quoiqu'il lui arrive, une grande confiance  en l'humanité et redonne foi dans l'espèce humaine. Nombreux ont été ceux pendant la guerre, qui ont résisté, à leur échelle, et aidé les persécutés. 
J'aurais aimé savoir si les "Marius" à Nice ont obtenu la médaille des Justes pour le secours qu'il lui ont apporté, connaître la vie de Françoise Frenkel après la guerre contrairement à Modiano qui préfère ne rien savoir d'elle! 
En 1958, elle fait une demande d'indemnisation pour sa malle saisie par la Gestapo, demande dérisoire quand on sait qu'elle a laissé sa librairie française de Berlin entre les mains des nazis (Corine Defrance La "maison du livre français" à Berlin 1923-1933 et la politique française du livre en Allemagne) 

mercredi 21 mars 2018

Traverser la Loire

Traverser la Loire n'est pas si facile!

La Loire 

Couëron, gros village autrefois ouvrier,  se contente de contempler l'autre rive restée sauvage.  De ces berges-là, on ne traverse pas la Loire, on y contemple les flots tumultueux, ils impressionnent. Le fleuve court à la mer à grande vitesse mais en silence, il se presse, aucune île ne l'arrête. Un civellier le chevauche, le capitaine campe fier et droit derrière le gouvernail, sous les yeux épatés des badauds, il pousse son moteur afin de rester dans l'axe et rejoindre son port d'attache.
La Loire est fière, large, puissante, ce n'est que de rares fois, à marée basse qu'elle fuit mollement vers l'estuaire. De Tours à Saint-Nazaire, je l'ai toujours vue pressée.
Par coefficient 104, la Loire mange les berges, y déposant branches et déchets, bons à glaner pour le poêle, son eau salée brûle les herbes du rivage.  Les grandes marées n'ont guère épargné la maison dans la Loire, de Jean-Luc Courcoult (exposition Royal de luxe 2007). Elle prend les couleurs de la vase, un beau vert gluant.
Les arbres ont remplacé les cordes de halage mais ils n'empêchent pas le fleuve de quitter son lit, ils plient puis se redressent ; seules, quelques bites d'amarrage subsistent inclinant leur tête couronnée vers le fleuve.
La Maine? La Loire? Bouchemaine. 
De Bouchemaine à Saint-Nazaire, le courant semble le point commun car les paysages des rives changent. A quelques encablures de l'embouchure, le fleuve prend les teintes de la mer. Près d'Angers, à Bouchemaine, confluence avec la Maine, de belles propriétés jalonnent son parcours, derrière les coteaux des vignes du Serrant. Derrière leurs hauts murs, les maisons bourgeoises  restent muettes, confinées, cachant leurs secrets familiaux.
Les rives vers Couëron sont sauvages ou industrielles, du moins, l'étaient. De belles usines de briques rouges arborent fièrement leur architecture fin XIXème, l'usine à plomb ouvre sur la promenade, sa tour a du souffle. Les petites maisons ouvrières ne se protègent guère des crus, elles profitent du paysage.
Parfois, le froid gèle la Loire. Elle se traverse alors à pied. Les promeneurs du XIXème siècle tentent la traversée en longue file indienne, près de l'usine Beghin Say de Nantes. 
Plaque de verre, crédits @ChroniquesdeBretagne

dimanche 11 mars 2018

Londres en mode troupeau...

Une vingtaine de bonnes raisons de se rendre à Londres pour quelques jours ou un long week-end! J'aime la ville, y compris en mode troupeau et par un ciel, froid et gris. 
Shaftesbury Avenue
1. Le dépaysement est garanti, le paysage rural et urbain y contribue: maisons de briques rouges, bow-windows blancs illustrés de petits rideaux de dentelles, ruelles foutraques, parcs magnifiques aux arbres qui portent leur branches comme des traines de robes de mariées, cyclistes rapides sur les routes encombrées, bus rouges, atmosphère tellement saxonne, grosses bagnoles et touristes en goguette.  
2. Les Britanniques ont le souci du détail, des petits riens si plaisants à l'oeil: papiers toilettes enturbannés dans un joli tissu brodé à fleurs alors que la crasse s'accumule dans le coin des fenêtres, plats joliment préparés mais tout est surgelé ou sous vide, mélange des couleurs vestimentaires dans les vitrines. 
3. Cordialité et amabilité sans excès mais si confortable pour l'impétrant de parlant pas un traître mot ou baraguouinant un sabir peu orthodoxe. 
4. Des pubs accueillants où se reposer au chaud, dans un ambiance de bureau à la chaleureuse fin de journée professionnelle. 
5. Des chiens bien élevés, tenus en laisse, qui ne reniflent pas le cul, ni ne vous sautent dessus
6. Une ville sans poubelle, donc sans détritus et sans dégoulinure de pisse masculine donc sans odeurs nauséabondes.
7. Des musées magnifiques gratuits, sans file d'attente délirante sous la pluie pour une fouille prétexte qui ne sert strictement à rien, sinon à enquiquiner le visiteur.  
8. Des musées sans flicage permanent, accueillants (l'Anglais braille, mais pas autant que l'Italien ou l'Américain mais il braille), des gardiens heureux de renseigner, des petits ateliers libres d'accès, des espaces propices au repos, voir au petit pique-nique personnel. 
9. Des musées d'une richesse exceptionnelle. Cette année mention spéciale  au British muséum, que j'ai arpenté de long en large à la recherche de la pépite rare, ponctuant les longues déambulations d'un petit café sur une palier entre deux étages. J'ai particulièrement apprécié le reliquaire du duc Jean du Berry, du XVème siècle! Mes élèves ont adoré voir l'épine de la couronne du Christ....
10. Un accueil en famille à marquer d'une pierre blanche puisque nous avons eu la chance d'avoir chacune notre chambre et de bénéficier de dîners (certes surgelés) amoureusement préparés, de sandwiches mangeables, même si Lise fumait comme un pompier dès 5h du matin avec son Pussy cat so suite, un golden reitriver gros comme un veau, Barclays, de son nom de baptème.
11. La possibilité de voir une comédie musicale, Motown the Musical, une surprise et une belle découverte pour moi qui n'y connais rien. Au début, j'ai pensé que les chanteurs faisaient du play-back puisque le micro est quasi invisible sur le front à la naissance des cheveux. Le Shaftesbury theater a conservé son lustre d'antan, tout comme les spectateurs. Il y avait dans le quartier une lumière qui évoquait certaines rues de New York, quand le soleil est rasant sur les murs de briques pourpres, une poussière divine sur la photographie des passants.
12. Explorer et découvrir le charme de la City, visiter le Gherkin, le cornichon, apprécier la vue, tester le petit café, se faire plaisir.
13. Longer la Tamise afin de se rendre à la Tate Modern, même en plein hiver, traverser Saint-James Park, mater les vitrines excentriques.
14. Se promener  Traîner un grand groupe ("madame, on va encore longtemps marcher?"), sans stress contrairement à Paris. Préférer le trajet par Calais plutôt que par Ouistreham, -traversée moins longue sur le ferry-, de préférence lorsque le bus est confortable (et le chauffeur non psychopathe) et qu'il est possible de dormir presque allongée. S'y sentir comme dans un cocon, l'adopter comme sa chambre puisque matin et soir les 23 km qui séparent Croydon de Londres prennent presque deux heures et s'ajoutent aux 16h de voyage à l'aller et au retour. Se dire que plus jamais, on ira, puis récupérer pendant 8 jours et se dire que, ma foi, une virée à Londres ne se refuse pas, y compris en mode troupeau.


lundi 26 février 2018

L'amie prodigieuse, tome I

Alors voilà, je me suis lancée dans la lecture de l'amie prodigieuse d'Elena Ferrante, lecture idéale pour un voyage scolaire en bus, long, très long. 

J'ai certes quelques difficultés à me couler dans le moule du commun des lecteurs, cependant, cet été, Maryse et Kina attendaient avec une telle avidité la parution du tome 4 afin de savoir si Nino épouserait Lila que je n'étais pas  loin de m'y plonger à mon tour. J'avais bien succombé à la lecture de l'avant-dernier Millenium (l'ultime m'attend toujours), je savais que tôt ou tard je m'y mettrai! 
Ce livre est idéal pour les longs voyages en bus, en avion ou en voiture surtout si l'on n'est pas sujet au vomissement. Sa lecture ne nécessite qu'une faible concentration, il permet de suivre les conversations alentours tout en donnant l'impression d'être hors du monde. Il est suffisamment intéressant pour ne pas nous tomber des mains et plonger le lecteur dans le sommeil du juste. Pour qui connaît Naples et l'histoire de l'Italie du Sud, il est parfait et donne envie d'y aller ou pour ma part d'y retourner. Il est bien écrit sans être non plus un chef d'oeuvre, puisqu'il ne prend pas aux tripes, (du moins les miennes) mais il tient en haleine jusqu'au bout sans qu'on soit tenté de sauter des pages ou de lire en diagonale ou d'aller directement à la fin pour en connaître le dénouement (je n'ai pas craqué) et je dirai que c'est là que réside la plus grande qualité du bouquin!  
Le roman reste malgré tout  un peu ennuyant, fastidieux et  compliqué avec la multitude des Gino, Pépito et Carmena, mais paradoxalement il est attachant et curieux sans doute parce que je l'ai lu avec mes souvenirs de Naples, de la mer et de ses lumières! J'aime les impressions qu'il laisse lorsqu'on le pose sur la table de nuit, la promesse qu'il contient de voyager en lisant. Il y a quelques pages remarquables notamment sur la vie des femmes depuis les années 50 qui font qu'on s'y attache et qu'on le lit jusqu'au bout! J'adhère aux critiques positives et négatives que suscite ce livre! 
Cependant, j'attends un peu avant d'entamer le deuxième tome. 
J'ai fini le voyage en lisant avec bonheur, de Marceline Loridan-Ivens, L’amour après (avec Judith Perrignon, éditions Grasset)
C'est un très beau livre, bien écrit, autour d'une valise de lettres et de souvenirs, sur la difficulté à vivre après les camps, sur la difficulté de fondre la femme et la survivante, une leçon de vie, très certainement. Il m'a donné envie de relire et tu n'es pas revenu que je conseille en version poche car il contient un dossier inédit de l'historienne Annette Wiervorka absolument passionnant. 
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