jeudi 15 octobre 2026

Le conseil de révision 1913.




Emile est né le 10 juillet 1892 à Combourg, il est donc de la classe 1912.

Il se fait recenser à la mairie de Saint-Lô en décembre 1912 car il est employé à la pharmacie Hebert comme premier élève préparateur depuis octobre 1912. Début janvier, il a vérifié son inscription sur les listes communales puis il est convoqué pour le conseil de révision. Une large publicité est faite par voie d’affiches et de publications dans la presse locale. Dans certaines villes il y a même des associations qui préparent les futurs conscrits à leurs obligations militaires. 

Cependant, Emile est en formation et son lieu de résidence légale est Combourg, ce qui fait qu’il est répertorié dans les tables des registres matricules de Combourg à la rubrique : « les jeunes hommes nés dans la subdivision et recensés ailleurs ».


Il doit effectuer sa « révision » du 23 au 27 mars 1913 en principe à Saint-Lô et non à Combourg or  selon le carnet de comptes, ces cinq jours lui ont coûté très cher:   45,30 francs pour le séjour et 13,95 pour le retour, il note la dépense mais ne fait pas de commentaire. Cette somme est importante, et je ne m’explique pas le mot «retour» sauf à émettre l’hypothèse qu’il est allé à Combourg. Ce n’est pas l’habitude car en principe les autorités de sa résidence (Saint-Lô) transmettent les résultats médicaux et les décisions du conseil de  révision (bon pour le service, ajourné, ou exempté) au préfet et au commandant de recrutement du bureau de son domicile d’origine.


Au conseil de révision, à Combourg, il est le numéro 84 de la liste du canton (rang d’inscription du conscrit sur la liste du recensement) parmi  136 jeunes hommes tous originaires de Combourg et des environs (Cuguen, Bonnemain, Meillac..) qui se présentent cette semaine de mars 1913. Le conseil réunit le préfet (ou son représentant), des conseillers généraux et d'arrondissement, des officiers, des médecins militaires, un intendant et le commandant du bureau de recrutement, en présence des maires de chaque commune.


Il est déclaré «bon pour le service armé de la classe 1912 de la subdivision de Saint-Malo », malgré sa petite taille 1,56m avec le numéro de matricule 1155. 

Il est décrit ainsi :

« Cheveux blonds foncés

Yeux bleus clairs

Front moyen fuyant

Nez rectiligne petit

Visage long 

1,56m 

Degré d’instruction 3 » 


Il reçoit en septembre son affectation et découvre alors la vie de caserne en octobre 1913. 


En mars 1913, il retrouve au conseil de révision, trois amis identifiés grâce aux cartes postales : Jean Guilloux, deux homonymes le n°61 et le n°62, Louis Havenel n°64, et Emmanuel Petitpas n°111. Ces trois gars figurent probablement sur la photographie sans que rien ne puisse fermement les identifier. J’ai éliminé un des deux Jean Guilloux le numéro 61, cultivateur né à Cugnen. Le Guilloux dont il est question ne peut être que celui né à Combourg le 15 septembre 1892, mécanicien qui probablement travaille au bourg où Emile a commencé son apprentissage de préparateur chez Parent le pharmacien.  (Degré d’instruction 2 matricule 1134). Les deux autres sur la photographie peuvent être: Mazurier Pierre, bourrelier (n°101) comme Petitpas ou un des deux cantonniers de Combourg, Bessin Emmanuel (n°7, 1082) ou Duclos Joseph (n° 42, 1115)  puisque le père d’Emile était aussi cantonnier. (Hypothèse purement gratuite).  


A l’issue du conseil de révision, les conscrits se font  photographier. A la sortie de la mairie, généralement on peut acheter des souvenirs: coiffes de conscrits, cocardes, épinglettes. Un photographe ambulant ou sédentaire ayant pignon sur rue, les cueille à la sortie et immortalise ce jour. 


Emile est au centre de la photographie et porte le drapeau (probablement fourni par le photographe), il a 20 ans et 9 mois.  Lui et les 5 autres garçons sont bons pour le service. 


La semaine au conseil est une semaine importante comme on peut le voir sur la photographie, il s’agit de se montrer sous son meilleur jour devant les autorités réunies. 


Ils sont tous très bien habillés, veston, cravate, col, gilet. Deux ont un noeud papillon. Emile est habillé de neuf. 

Le 3 mars il a acheté un complet veston pour 59 francs, c’est le cinquième depuis qu’il travaille (1909), un par an,  celui de 1913 est le plus onéreux, deux fois plus cher que celui de 1909, et 10 francs de plus que ceux des autres années, il ne donne pas la marque. Le complet est un vêtement masculin composé d’une veste ou veston, d’un pantalon et parfois d’un gilet. Toute sa vie, Pépé portera un complet veston avec le gilet.

Il renouvelle ses bottines également chaque année, celle de 1913 coûtent 21,95 francs. 

Le 21 mars il a fait réparer son pardessus ( (2,25 francs) acquis en 1911 de la marque Nonet. Nonet est une manufacture française de fourrures de Saint-Lô crée en 1903 par monsieur Nonet-Raisin rue Torteron, elle est détruite par les bombardements en juin 44 . 

Le 23 mars il achète enfin un chapeau castor pour 6 francs. A ce prix je doute fort que le feutre eut été en poil de castor comme ça se faisait au XIXème siècle.

Les sous-vêtements sont en flanelle et la chemise, sans col, en coton. La chemise étant à l’origine un vêtement du dessous, elle se lave moins et on peut en posséder moins. On n’entretient que le col, au départ col officier au XIXème siècle puis col rabattu avec les premières chemises boutonnées. La chemise est blanche, signe distinctif de l’homme de goût, une marque de distinction sociale, une marque de respectabilité. La couleur est réservée pour le sport. 

L’invention du col détaché permet de laver le col avant la chemise qui reste propre plus longtemps notamment pour l'employé de bureau ou le préparateur en pharmacie. Le col amovible est l'invention américaine d’une ménagère du début du 19ème siècle. Les premiers cols sont en coton, en papier ou en lin amidonné comme ceux d’Emile. Très vite, il achète des cols en celluloïd, la matière plastique est intercalée avec le tissu afin que le col soit bien rigide et facile à laver.  

La matière celluloïd a été inventée en 1870 aux EU par les frères Hyatt et brevetée en 1871 pour l’usage des prothèses dentaires, matière composée de nitrate de cellulose et de camphre, toute première matière plastique (1856).


Les cinq garçons affublés de nombreux attributs de conscrits, la coiffe, l’épinglette à la boutonnière et le drapeau, prennent la pose devant une petite table où l’on peut voir deux bouteilles de vin derrière l’ardoise qui indique la classe et des petits verres pleins. 


Il est le numéro 1155 au registre matricule du recrutement. Son grade est soldat de deuxième classe à l’époque de la libération du service actif qui aurait dû durer deux ans! Mais le 2 août il est mobilisé à la classe 1908 selon le fascicule de mobilisation et affecté en tant qu’aide pharmacien dans une section d’infirmiers militaires dont la première mention qui figure dans le registre matricule est la 2ème section d’infirmiers militaires (SIM) localisée à Amiens, le 1er novembre 1914 ( Instruction melle div du 29 septembre 1888) Amiens. Fleury-devant-Douaumont en 1916


Emile reste sous les drapeaux, 5 ans et dix mois, jusqu’au 29 août 1919. 

mercredi 7 octobre 2026

Emile et ses amis!




Il reste peu de traces d’Emile, elles tiennent dans les carnets de compte, une boîte à chaussures et une bonne cinquantaine de cartes postales longtemps cachées sous l’évier de la cuisine où il vivait avec ma grand-mère et que j’ai trouvées par hasard, adolescente. Je les avais stockées, rangées, classées, perdues (miraculeusement retrouvées la semaine dernière)  sans vraiment me soucier de ce qui était écrit au dos. 

Pourquoi les a-t-il conservées? 

Pour les vues de Combourg ou des villes de la Manche ou de Saint-Malo? Je penche sincèrement qu’il les a gardées en  souvenir de ses copains. Ces signes d’amitiés révèlent la sociabilité qu’il entretenait. A la liste de ses amis d'avant-guerre on peut ajouter celle des soldats qu’il a notée et insérée dans son livret militaire. 

Après la guerre, il s’est replié sur sa famille et son travail où il entretenait avec tout le village des relations professionnelles voire amicales. 


La correspondance constitue une dépense mensuelle fréquente et non négligeable mais considérée par lui comme superflue. Emile écrit beaucoup et donne des nouvelles. Ces cartes postales au dos griffonné de quelques lignes, maintiennent le lien social et informent sa famille. Emile achète et écrit chaque mois plusieurs cartes postales, comme beaucoup à cette époque, puisqu’à la veille de la guerre, ce sont 1,7 millions de lettres qui circulent en une année distribuées par 24000 facteurs.

Les dépenses se déclinent autour de plusieurs points:  l’envoi de cartes postales et l’achat de timbres chaque mois, une douzaine de cartes postales pour le nouvel an, des plumes à écrire (non superflues) et des crayons. 


Les amis d’Emile d’avant la guerre quand il travaille dans la Manche  et ceux de Combourg 



Les amis de Combourg sont ceux qui envoient de nombreuses cartes postales à Emile afin de se rappeler à son bon souvenir ou lui fixer rendez-vous.

Ils racontent peu de choses mais souvent l’essentiel et rappellent la nécessité de se voir pour parler. 

«  À mercredi 26 mars salle de la Mairie 9h15 Emmanuel » . Jolie carte postale de pêcheurs dits « islandais » à Saint Malo. 


Ou J. Desclos « Bonjour de Saint Malo » en 1913.


« Suis passé à Saint-Lô Regrette vivement de ne pas y arrêter Cordiale poignée de main , ton Petitpas s’est encore démanché un genou ». 


« Sur le trimard, Guilloux. "


« Ton vieux poteau, ton camarade Guilloux chez monsieur Hébert »  (1909)


« Fort de Rosny le 1-1-13

Mon cher ami

Je suis de retour en France depuis le 5 janvier et je préfère être près de Paris qu’en Afrique, la température change un peu mais la vie est plus agréable. Cordiale poignée de main

Queven? »


Ceux de Combourg, à une exception, sont tous des amis de « la classe » nés comme lui en 1892, ayant probablement fréquenté la même école publique. J'ai pu en identifier certains. 

Philippe Rémi Ami d’enfance d’Emile né le 4 décembre 1892 d’un père couvreur de 31 ans et de son épouse Flavie Le grand 24 ans ménagère, il survit à la guerre et se marie le 21 avril 1920  avec Marie Joseph Desclos  à Combourg, meurt au Kremlin-Bicêtres le 01 12 1978 . 

Havenel Louis:  est mort le 23/5/1915 à Roclincourt (62 Pas-de-Calais) né le 18/9/1892 à Combourg, décédé à l’âge 22 ans 8 mois et 5 jours avec le grade de Caporal, 2ème régiment d’infanterie classe 1912, bureau de recrutement Saint-Malo matricule 1136, mort pour la France 

Son père Joseph est aubergiste de 44 ans et sa mère ménagère Marie Rose Loroux 

Roussin Joseph Jean Marie né le 15 février 1892 à Combourg d’un père François, laboureur de 37 ans et sa mère Léonie Bédouin de 28 ans 

Guilloux Jean né le 15 septembre 1892 à Combourg de Mathurin Brigadier de 43 ans et d’Angélique Bernard ménagère de 40 ans, il est marié à Marie Philippine Turmel à Saint-Nazaire et remarié en 1934 , il meurt en 1943

Petitpas Emmanuel est né le 11 juillet 1892 (Emile le 10 ) à Combourg, son père François est bourrelier de 48 ans, sa mère Marie Anne Debos ménagère de 38 ans, il se marie en 1920 à Marie Françoise Villarnou. 

Desclos Julien né d’une fille mère de 21 ans Léonie journalière célibataire, le 6 octobre 1888, il est le plus âgé parmi les amis. Les Desclos font parler d’eux à Combourg selon la soeur qui rapporte quelques ragots. Il survit à la guerre et se marie à Saint Germain-en-laye le 10 février 1917 à Julie Magnin puis en 46 à Marie Joseph Le Noel  et il meurt en 1959.


Je n’ai jamais entendu mon grand-père en parler, ni ma mère, ni ma tante, sa correspondance cesse après la guerre quand il rentre et se marie. Sa sociabilité change totalement, il privilégie le travail à la pharmacie où il passe sa vie! 


Les amis d’Emile rencontrés dans la Manche ou le Calvados pendant sa formation de préparateur en pharmacie à Avranches, Saint-Lô ou Thorigny. 

Comme  Léon Menant

« Granville le 3 mai 1911

Cher Poteau je t’envoie cette carte pour te souhaiter bien le bonjour et te dire de venir me voir bientôt dans trois semaines beaucoup de choses à te dire, bonjour aux copains de Saint-Lô. J’ai vu Léon (Léon Mary) à Granville , à bientôt ton poteau qui te la serre bien fort (Menant) »

«  Saint Pair juin 1911

Cher poteau je suis comme je l’avais dit à Saint Pair et ma foi j’y fait des affaires je rentrerais le quinze juillet et tu pourras venir mercredi je serais chez nous , je te donnerait des détails , ta vieille branche Léon Menant. "

Léon Menant change souvent d’emploi, en 1911, il travaille au café du théâtre à Cherbourg … «  Le 27 juillet 1911 Cher Poteau je croyais te voir hier à Saint Pair mais je crois bien que s’est le mauvais temps qui t’en a empêché . En attendant de se parler de vive voie, ton ami qui te la comprime bien fort". 


« Cher copain il fait une chaleur torride. Je suis venu me promener à Coutances je suis un peu moins fatigué que le dimanche qu’on avait été à Coutainville  ton copain, L. Mary » (1911)

Il existe dans les registres matricules de la Manche un Léon Mary.    

Il est enregistré sous le numéro 638, classe 1913, Saint Lô, 3132 au corps, incorporé comme Emile en 1913. Ce brigadier, depuis le 14 juillet 1914, affecté au 50ème régiment d’artillerie, est mort pour la France le 6 octobre 1914 à Agny dans le nord Pas-de-Calais « tué à l’ennemi». Il habitait Saint-Lô et était charcutier. 


Enfin les copains de la guerre, ceux des tranchées, Emile en a fait une liste mais il est très difficile de les identifier. Il y a 46 noms sans guère de précisions. 

Je ne sais pas vraiment à quoi correspond cette liste et il est très difficile - sans les prénoms- de connaître leur sort pendant la guerre. Sans doute est-ce ceux avec lesquels il a sympathisé? 

Il les a rencontrés dans les tranchées ou dans un poste de secours alors qu’ils étaient blessés, une des hypothèses est qu’ils ont le même âge que lui, sont de la même classe. 

J'ai quelques idées pour deux soldats: 

Azéma, il y a 93 occurrences sur le site du Grand Mémorial mais seulement 6 viticulteurs (ou vigneron), l’adresse exacte citée par Emile n’est pas mentionnée. 
Trois peuvent avoir été rencontrés par Emile, Paul né en 1896, Jules né en 1883 et Louis en 1890, ces trois-là ont survécu mais ont été blessés. 
Bichue, 7 résultats, six sont originaires de la Manche et un du Calvados. Le site ne met pas en relation avec la fiche matricule.  


Enfin il y a la correspondance avec sa soeur Louise, premier rapport à l’autre sexe selon A. Corbin (cf vie privée tome 4 P. 168), j’ai trouvé quelques cartes de Léonie (caviardées) et de sa cousine germaine du côté de sa mère, Anne Marie Angèle Renault qui lui écrit jusqu’à ce qu’elle se marie en 1911. 


jeudi 27 août 2026

Je hais les chiens!


Merci F...Je n'ai rien trouvé de mieux! 
(et en plus ça me calme) 

Braves gens, il ne faut jamais JAMAIS faire confiance à un chien et encore moins à son maître, tout aussi  abruti que la bestiole et encore je pèse mes mots. 
Le chien est une arme de destruction massive, même petit il peut faire du tort, vous bouffer le talon d'Achille par derrière, forcément, car en plus d'être méchant, mordeur et bête, le chien est fourbe et mauvais. 
Bref, je hais les chiens et qu'on ne vienne pas me dire que nos comportements génèrent l'agression, qu'en réalité, ce n'est pas ce con de iench qui est fautif mais vous, le pauvre promeneur, qui avez eu l'outrecuidance de vous  balader sur son pseudo-territoire, de l'avoir regardé dans les yeux, d'avoir eu des pensées criminelles à son égard qu'il a bien sûr ressenties, bref que vous lui avez manqué de respect et somme toute bien cherché...
Bien fait pour vous! 
Ainsi donc la sortie vélo, de bonne heure ce matin, s'avèrait prometteuse, fraîche mais pas trop, odorante après la pluie bienfaisante de la nuit, lumineuse:  une petite cinquantaine de kilomètres sur nos petites routes bretonnes, de calvaires en chapelles croquignolesques, vers Pont-Aven avec retour vers Rospico et les crèches à cochon de Kerascouet, le long du rivage vers Trévignon, las! 
A Keranmachinchose, à 10km,  fut le premier calvaire. 
Là où je passe deux à trois fois par semaine, un gros chien occupait la route, à priori benoîtement ("ouf, j'ai réussi me suis-dit, il ne m'a rien dit, il est vieux") avant d'entendre un grognement, un aboiement et un cri de trouille, le mollet de Kiki pissait le sang sur ses chaussettes, un bout de chair pendouillait tristement sur le flanc extérieur! 
Clairement, il fallait aller aux urgences, faire demi-tour, et surtout faire en sorte que le monstre quitte la route! 
Merci internet qui m'a permis d'appeler le propriétaire, sympathique (ce n'est pas son chien mais celui de ses parents .... ça le dédouane?) qui a bien voulu conduire notre ami à l'hôpital, désolé de l'accident, se confondant en excuses...  Un piéton est arrivé en signalant que quatre jours avant la sale bête lui avait mordu le gras de la cuisse alors qu'il marchait comme toujours sur cette petite route... 
Et comble, le vieux, le père propriétaire du taré, n'a rien trouvé de mieux à dire, " oui il est bizarre depuis quinze jours, habitué à marauder la nuit avec un vieux compère que l'on n'a jamais revu, il semble ne s'en être pas remis!" 
Mais punaise tu enfermes ton chien, tu le musèles, tu l'attaches, tu fermes ton portail et tu ne le laisses pas être le roi de la route! 

Aux urgences, vaccination, antibiotiques, radios et exploration de la plaie sous anesthésie générale (demain matin) car d'une part, elle est profonde, d'autre part, les chiens peuvent avoir bouffé une charogne et même la merde d'un autre chien! 
Sont vraiment cons! 

Je suis en colère, vraiment et ce n'est rien de le dire! 

Et je tairais les agressions dites de sympathie quand il vous renifle le derrière, met ses pattes sales sur votre pantalon blanc, ou aboie toute la journée, chie sur la plage, pisse un peu partout ... Quand je pense qu'une pétition est en ligne à Fouesnant pour autoriser les chiens sur les plages! 

Je dis non. 

Ps: en tapant chien dans mon moteur de recherche, vous aurez de nombreux articles concernant le grave problème des chiens, pas attachés, et non maîtrisés par leur maître qui la plupart du temps, en dodelinant de la tête vous dit "il n'est pas méchant" ... 

mardi 26 mai 2026

La religion des morts de Guillaume Cuchet

Une fois n'est pas coutume, je viens de lire avec plaisir La religion des morts. Comment le XIXème siècle a inventé le deuil moderne de Guillaume Cuchet (Seuil. L'univers historique Paris 2026, 286 p.) 



Un vrai livre d'Histoire qui se lit comme une histoire pour qui se complet dans les cimetières et aime tout ce qui touche de près ou de loin aux rites du deuil. Cette lecture fut l'objet d'un plaisir  renouvelé lorsque, étudiante, j'avais lu avec passion l'ouvrage de Philippe Ariès, l'Homme devant la mort, Paris 1977. 

Une petite recherche dans le blog autour du mot clé cimetières confirme bien cette passion (de bien belles pages concernant tous ceux qui m'ont marquée). Aujourd'hui, s'ajoutent une inquiétude et un questionnement: que faire de mon corps quand je ne serai plus là? Pour le moment je n'ai pas la réponse, ayant été gravement échaudée par la visite du cimetière poitevin où repose ma belle-mère, sinistre ayant perdu ses cyprès, rongé par les mauvaises herbes, aux allées de petits cailloux gris et moches et aux murs de plaques de ciment grisâtres, cernés par les poubelles plastiques et les conteneurs de tri. Bref, une trahison des dernières volontés du mort. J'aimerais qu'on vienne sur ma tombe ou qu'on me trimballe dans une urne au gré des maisons de famille si tant est que cela ait toujours un sens! 

Ce petit livre de Guillaume Cuchet, même si il concerne surtout les cimetières  parisiens, donne envie de retourner une énième fois au Père Lachaise qui fut un véritable "laboratoire" du deuil romantique, on s'y promènerait après avoir relevé dans l'ouvrage, tout ce dont il est question, mais on irait aussi  sur les traces du cimetière des Innnocents et même à Saint-Denis où j'ai appris que le corps de Louis XVI avait été "découpé par un charretier qui lui ouvre la bouche et le ventre, celui de Marie de Médicis outragé, la barbe d'Henri IV coupée par un soldat" sans doute pour vérifier qu'aucune fleur n'y pousserait!  

Ce livre est bien écrit, très évocateur, on semble parfois se promener dans les allées des lieux les plus connus, il est aussi admirablement structuré et donne envie d'écrire! J'attends avec impatience la suite de l'ouvrage qui devrait évoquer les rites du deuil contemporain. 

Au musée d'Orsay on pourrait lancer une vaste exposition de toutes les œuvres qui évoquent la religion des morts comme la Toussaint 1888 d'Emile Toussaint (cf plus haut).


Enterrement à Ornans de Gustave Courbet 1849-50

Tombeau Lenoir, Emile Durandelle (1839-1917)

NB: Une exposition a déjà eu lieu concernant les derniers portraits du mort. (2002).

mercredi 6 mai 2026

GPS .....



9h30 heure de départ fixée, on est prêt, on sort ...

9h32 le propriétaire du GPS l'allume sur le pas du portail ....

9h34 il s'allume... lentement, il faut mieux être patient, appuyer pendant l'opération sur un bouton peut nuire gravement à son fonctionnement ou lui donner des envies de grève sur le tas! 

9h35 le parcours tracé sur Koomot lui ayant été envoyé à 9h15,  il est censé le télécharger! NB: on l'appelle Pépère car souvent il constitue le troisième larron de notre voyage, celui qu'on invective, qu'on insulte ou qui nous rassure, nous guide, nous dirige, nous accompagne nuit et jour.  Celui que l'on croit en toute circonstance même quand il foire grave! C'est la parole de dieu, Saint-GPS. La technologie ne peut pas se tromper, c'est impossible! 

9h40 ça vient pas 

9h45 toujours pas 

9h46 contrôle 

9h47 C'est bloqué, je me tâte pour m'asseoir parterre, je suis en PLS et lutte pour ne pas m'énerver. La bête est bien utile afin de rouler sans trop s'arrêter même si j'ai parfois envie de le jeter à la mer, dans une mare ou dans le fossé, le piétiner, l'écrabouiller. 

9h48 je rappelle que je connais le début du parcours et que le GPS pendant 30 minutes aura le temps de se caler sur les petites routes que l'on prend.  (ce n'est pas gagné car on ne sait toujours pas si c'est le bon trajet qui s'affichera) 

9h56 on part, au carefour à 500m on vérifie, toujours rien. 

10h , toujours rien. 

10h30, le Gps est en mode blocage, on ne s'affole pas plus que ça. La seule chose que l'on sait est qu'il ne sert à rien. Au moins il ne parle pas et  il n'insiste pas pour qu'on fasse demi-tour comme l'année dernière dans la montée d'un col, il n'arrêtait pas de signaler qu'on se fourvoyait. On avait donc changer de direction une demi-douzaine de fois avant de contrôler la carte. (Pépère avait été programmé à l'envers ... l'arrivée était devenue le départ ...) 

10h45 Je préfère  vérifier que nous sommes sur le bon tracé via mon téléphone. Tadddaah .... Je m'apperçois qu'on roule bien plus au nord, que mon flair itinéraire était fantaisiste par rapport à ce qu'on voulait réaliser. La carte, IGN, nous ramène sur le droit chemin! Mais Pépère n'a pas aimé ce qui l'a rendu maboule.

12h c'est bon, on est sur le bon parcours et le GPS FONCTIONNE, YEAH! ..mais trop tard on connaît par coeur la fin du voyage. 

Conclusion

Le Gps ne rend pas que c...Il faut éviter également de le renseigner avec les pieds (mea culpa), tenter de l'amadouer en lisant la notice, le contrôler régulièrement et ne pas prendre pour agent comptant tout ce qu'il propose. (Idem pour les applications sur téléphone, google Maps étant champion pour le fourvoyage). 

A la base l'erreur est toujours humaine.  



mercredi 22 avril 2026

Cul de sac !!!

Ainsi donc, dimanche nous avons décidé de faire une sortie longue à vélo afin d'explorer des contrées inconnues au départ de chez moi. 

Porcherie industrielle 

80km

Inconnues pas tout à fait car une partie du parcours nous est totalement familière, longues pentes verdoyantes, petits ruisseaux sur les bas-côtés, quelques hameaux rénovés et même construction d'une longue piste cyclable entre les deux bleds principaux de la collectivité territoriale, une innovation, à signaler et à féliciter, une vraie piste cyclable afin d'éviter les morts sur une route passante, encourager les migrations pendulaires entre le port et les lieux de résidence des travailleurs (?). Un trajet qui doit s'effectuer en 15 minutes à vélo électrique!

Mais ce n'est pas le sujet, au delà de notre zone de confort, sur une revêtement de goudron indigne, nous avons découvert le rural profond, celui des grosses exploitations agricoles : élevage de cochons, plantation de sapins Nordmann pour "la Noël", taureaux en plein champ, tracteurs monstres, silos distributeurs  de bouffe industrielle, une campagne qui commence à Kernevel et s'étend sur le nord de Quimperlé vers Saint-Thurien, Le Trévoux, Saint-Jacques, loin du tourisme de Pont-Aven par où l'on rentre. Les communes ne s'embarrassent pas de signalétique pour vtt ou pour vélo, les maisons sont modernisées afin d'héberger le paysan et sa famille, les autres à l'abandon. Qui irait louer un gîte rural à Tataouine-les-oies, loin de la mer, dans les odeurs de purins, d'épandage, de fiantes de poulaillers industriels ou de bouses (j'adore) ? 

C'est ainsi qu'après avoir gentiment pique-niqué sur un muret autour de l'église de Saint-Thurien, village désert à midi un dimanche, nous avons repris notre périple en suivant le magnifique tracé que j'avais réalisé sur Koomot et transmis au GPS (aga le gars qui sait).

Damned! 

Avons été bloqués à Kermestr, devant un immense portail au milieu de nulle part (enfin presque car la voie rapide n'est jamais bien loin) sans espoir d'entrer, de contourner, de franchir la muraille dûment signalée par le propriétaire, c'était interdit, fermé, la commune n'ayant pas cru utile de signaler le cul de sac !

Forcément il y avait abus et j'avais fauté! 

Difficile de tout vérifier sur l'application cartesIgn, véritable application de l'Institut Géographique National (vous pouvez balancer tout le reste généralement incomplet), pourtant ce qui semblait accessible sur Koomot ne l'était pas sur l'appli IGN! J'aurais pu repérer la faille... 

Et puis j'ai fouillé supputant un abus de pouvoir de la part du fermier et de la fermière. 

En réalité, ceux-ci n'ont fait que récupérer leur bien, protéger la propriété des importuns en fermant le chemin communal. 

Kermestr figure sur le cadastre de 1830, aucun chemin n'est tracé sur la carte en provenance du Trévoux, les communications se font vers le nord vers Kerjafret. On y arrive à pied ou à cheval, sur un sentier difficile. Rien n'a vraiment changé  en 1935. 

Cadastre napoléonien 1830

Cadastre 1935

Dans les années 70 avec le remembrement (et la PAC)  la ferme est reliée à Pont-Aven par le sud et au Trévoux par le nord-est; on la traverse allègrement. La liaison avec Kerjafré a disparu. 
En 1983 on traverse allègrement la ferme comme le montre la carte papier que je conserve religieusement. 
Ma carte 1983

En 2007, deux petits traits rouges barrent le chemin et indiquent que la traversée est interdite aux véhicules.  

ma carte en  2007



En 2018 le chemin est définitivement barré par deux traits noirs ce que n'a pas pris en compte Koomot! Le territoire est cadastré, le chemin et la cour centrale constituent la parcelle 125... Les paysans sont bien chez eux, il n'y a pas eu d'abus. Aujourd'hui l'usage des chemins est exclusivement réservé au propriétaire! 


ma carte la plus récente 2018
Cadastre en ligne

Restait à trouver une autre route... ce que le GPS a proposé! Je vous fais grâce des détails.... 

Quelle leçon tirer de cette merveilleuse aventure au pays des ploucs et des bouseux? D'abord ne faire confiance à aucune application même si celle-ci et surtout Koomot dont je suis fan absolue facilite l'aventure à vélo! 

Une seule source doit être votre bible IGN! L'appli est géniale, facile d'emploi. Elle propose même les circuits pédestres de randonnées. 

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