mercredi 28 octobre 2020

En train!

N'ayant pas envie de voir mon blog supprimé de Google, je recycle un vieux brouillon en hommage à la SNCF, exemplaire dans son traitement de la tempête Alex...(Je flagorne un peu!)
Il faut produire pour ne pas disparaître de la toile! 



Jeudi 16h
Les médias annoncent la fin du monde, la tempête Alex va frapper durement les côtes bretonnes. 
Jeudi soir, 20h 
Un sms de la SNCF m'annonce la suppression de tous les trains du matin entre Quimper et Lorient vers Paris, je me précipite sur mon ordinateur afin de trouver une place dans le premier à redémarrer. Celui de 12h coûte un bras et les deux jambes, ne reste plus que les places réservées aux femmes  d'affaires (et aux hommes). Je renonce et opte pour le TER avec correspondance à Rennes, je mets au pot mais le tarif reste tout à fait abordable. 
Jeudi 23h 
Je me couche, je bouche mes oreilles de mousses, la nuit va être rude. Trente minutes plus tard, mes bouchons me gênent, je n'entends aucun bruit de vagues, ni sifflement du vent. 
Un petit chuintement au loin dans la nuit, un peu de pluie sur les carreaux, une douceur inhabituelle, bref, de tempête rien ... 
Vendredi matin 9h.. 
Dépitée! 
On s'attendait à frémir sous les coups de boutoir du vent, à goûter tranquillement la chaleur du lit tandis que dehors les éléments se déchaîneraient. 
Rien, nada, que dalle, que tchi.... 
De tempête pas un signe ... juste quelques annonces concernant le Morbihan où le préfet a fait fermer les écoles, les facultés, les lycées et les collèges ; des foyers sans lumière et des arbres couchés sur la voie publique ... Certainement pas la catastrophe annoncée, celle qui aurait pu ressembler à l'ouragan de 1987! 
Pas de quoi fouetter un chat !
Décidément la SNCF n'a plus confiance en ses trains. 
Principe de précaution.

Vendredi 12h
Comme d'habitude je me gare quasi devant la gare de Lorient. Le TER de 12h44 arrive plein comme un oeuf ! 

13h 
Il n'a toujours pas quitté le quai, la douce voix de notre contrôleuse nous annonce un petit problème technique "qu'il fallait mieux traiter en gare tranquillement" (sic le conducteur) 
13h05
Le train démarre enfin et roule "à fond les ballons" afin de rattraper notre retard 
13h30
La pétillante contrôleuse passe dans les rangs en annonçant que trois arbres sont couchés sur la voie entre Redon et Rennes, ils cherchent une solution mais probablement nous n'aurons pas nos correspondances ... Redon sera notre terminus .... Damned!
Branle bas de combat dans la rame mais tout le monde reste aimable et calme. 
Six cars sont prévus pour  prendre en charge les voyageurs se rendant à  Rennes tandis que nous, les aventuriers pour Paris, Toulouse ou Amiens, devons monter dans le TGV du quai A .... en mode "demerden sie sich" ... 
Les passagers du quai A prennent l'air, peinards, ils nous accueillent benoîtement, bien qu'ils soient en gare de Redon depuis plus de 90 minutes .... ce sont ceux du train de midi que j'aurais aimé prendre si la SNCF ne vendait pas les places à prix d'or ...
Je monte et trouve un siège dans un petit coin! A peine assise, le train redémarre pour Rennes où il fait une étape rapide. Je fais profil bas redoutant d'être délogée ...Peu de personnes montent dans les rames. 
Personne ne nous contrôle. 
J'arrive à Paris avec 30 petites minutes de retard dans un train qui n'était pas le mien...

Je dis merci la SNCF .... 

jeudi 15 octobre 2020

Deux livres à dévorer : Autobiographie d'un immeuble et Laetitia

 Lorsque que le documentaire (les enfants du 209 rue Saint-Maur sur Arte) s'achève je fonds en larme ! C'est plus fort que moi!  Voir ceux qui ont survécu, et ceux qui se souviennent, réunis dans la cour de l'immeuble à la fin du tournage avec les habitants d'aujourd'hui, dans le bruissement d'une fête d'adieu, m'émeut au plus au point. 

Le livre paraît quelques mois plus tard, sa lecture est passionnante,  différente du documentaire! Elle raconte depuis les années 1850, les vies des générations d'enfants, d'artisans, d'émigrés de l'est ou du sud de l'Europe. La visite de la cour un samedi à Paris qui ponctue ma lecture, me ravit. J'imaginais l'immeuble moins haut, plus bourgeois, moins "moderne"! Le quartier du 10ème arrondissement est encore vivant mais en cours de boboisation, la déambulation reste très plaisante mais lorsque la dernière laverie aura disparu, il revêtira le chic propre des quartiers sans âmes. 

J'aime ces écrivains qui, par la précision de leur description des lieux, font sentir les odeurs des feuilles que l'on foule au pied, les embruns sur le visage, la caresse de la lumière sur une plage de Vendée, - celle qui éblouit mais qu'on ne peut s'empêcher de regarder-, le craquement d'un escalier un peu raide, à la rampe lisse d'avoir trop servi, le plâtre usé d'un mur lépreux, la vision d'un lavabo dans un coin cuisine éculé, le skaï du canapé sur lequel dort un chat, des tommettes rouges branlantes sous un toit à la chaleur étouffante. 

Je ne pourrais par faire mieux que ces deux auteurs, Ruth  Zylberman ou Ivan Jablonka dont j'ai dévoré les livres cette année. Ce ne sont pas des romans, mais ils en ont la puissance d'évocation. Ce sont des livres d'histoire, humains profondément! 

Je réalise soudain en écrivant ces lignes que ces deux historiens sont interviewés et  filmés à la fin de l'exposition du Mémorial de la Shoah concernant l'ère du témoin que je conseille vivement. 

Ce n'est pas un hasard si j'aime les récits de traces, de liens invisibles entre les vivants et les morts. 





dimanche 30 août 2020

De Morgat à l'océan, au dessus de l'île vierge.

Chroniques de Bretagne se lance dans la randonnée de haut niveau, activité lente et contemplative, réservée souvent aux gens inactifs ... ou en voie de l'être! Depuis plusieurs mois, j'éprouve la distance sur les chemins côtiers! Samedi, retour aux sources, le cap de la Chèvre!  



Je n'ai pas fait l'erreur d'il y a quelques années, qui avait consisté à atteindre le cap au départ de Morgat avec retour par le chemin sur le plateau, 22 km au bas mot, 22 km interminables, infinis sur la caillasse sous le soleil et sans eau. Sur la fin de l'épopée,  nous ne rêvions que d'une chose, planter nos bâtons entre les deux épaules de notre guide, qui, inlassablement, nous rassurait par un : "ce n'est plus très loin, on arrive bientôt" qu'elle évaluait, après un rapide coup d'oeil, jeté sur un improbable article de Ouest-France ... La pinte, largement méritée,  nous avait requinqués et avait permis d'éviter, le meurtre, la noyade dans le port, le goudron et les plumes. 
Cette fois-ci j'ai programmé un circuit "de la baie à l'océan" : une boucle, Morgat, l'île vierge, la plage de la Pallue et retour. J'ai opté pour ce sens non par souci de contradiction avec le guide bien nommé, mais, très judicieusement, car le soleil baigne la baie de Douarnenez le matin, il atténue la difficulté du chemin, véritables montagnes russes. La lumière dans les arbres est alors extraordinaire et la mer d'un bleu azur. 
Jusqu'au large, le sentier traverse des hameaux dont les maisons rénovées sont toutes occupées par les touristes en quête de grand air, d'authenticité et de solitude: Saint-Hernot ou Kerdreux ont ainsi conservé leur cachet paysan. Dans la soue, il n'y a plus de truies, les petits à la mamelle, mais des planches de surf et des combinaisons en Néoprène. 
La plage de la Palue est sublime. Bien qu'interdite à la baignade, elle reste le royaume des kiters et des windsurfers qui n'ont que faire des tas de pois que l'on voit au loin, mourir pointe de Penhir. 
Le retour sur Morgat n'est pas vraiment passionnant, gâché par un balisage merdique pas vraiment conçu pour des facétieux qui ne suivent pas les consignes ... Dommage! 

Il y a fort à parier que la commune a fait le plein de touristes cet été, l'obligation de porter le masque en témoigne tout comme la muflerie des patrons de bistrot négligents vis à vis des clients et peu respectueux.

Je recommande cette belle boucle de 16 km mais je préfère le terre-mer au sud de Morgat qui mène à l'île d'Aber, je vous en parle prochainement. 


dimanche 22 septembre 2019

Mes livres préférés de l'été, ...la Fabrique des salauds

Depuis le début de l'été j'ai lu un grand nombre de livres passionnants. Dire ici tout le bien que j'en pense me permettrait de relancer ce blog moribond...Je commencerai par celui que je viens de finir en ce premier jour d'automne: la Fabrique des salauds de Chris Kraus


En vrac et lacunaire, j'ai amorcé une liste de mes lectures. Ce premier jet (car il en manque plein) montre à quel point j'aime l'Histoire du XXème siècle, la guerre et ses conséquences, les récits de rescapés (ou pas), les puissantes histoires de famille, leurs drames et leurs secrets.
Oublier Klara d'Isabelle Autissier
Les voisins de Jan Gross
Les loyautés de Delphine de Vigan
L'évangile selon Yong Shen de Dai Sijie
......
La fabrique des salauds de Chris Kraus. 
Il s'agit d'un roman puissant dont la lecture est addictive, je ne l'ai pas lâché malgré le poids (au sens propre, il est parfois difficile de maintenir un livre de près de 900 pages la tête inconfortablement appuyée sur deux oreillers, j'ai renoué avec la chaise longue afin de prendre appui sur mes genoux). L'histoire balaye le 20ème siècle, de 1905 aux années 70. Indéniablement le lecteur s'attache au personnage principal, tout en réalisant qu'il s'agit d'un véritable salaud, un assassin, un meurtrier, une ordure véritable. 
Mais c'est encore pire de réaliser qu'il n'est pas seul ! L'Allemagne de l'ouest n'a pu  ou pas voulu se débarrasser de ses nazis, - il ne s'agit pas du pékin lamda obligé de prendre sa carte au parti pour travailler - mais de  la vraie ordure, celle qui s'engage dans les compagnies de SS à têtes de morts, les gardiens de camps, les hauts dignitaires ayant participé aux terribles tueries de masse sur le front de l'est. Tous ou presque ont échappé à la dénazification et se sont glissés dans les arcanes du nouveau pouvoir, noyautant la jeune république. 
La lecture de l'ouvrage m'a rappelé mes séjours en Bavière au milieu des années 70, lorsque mon hôtesse me montrait les albums de famille où figuraient les fils, pères et oncles en uniformes noirs de la SS, les insignes à têtes de morts avaient été grattés à la lame de rasoir. Mon allemand débutant ne m'avait pas permis de communiquer mais j'avais été choquée et vexée en imaginant qu'elle pensait que je ne comprenais pas la nature de l'engagement de ces crapules. 
Le roman est historiquement solide et éclaire le fonctionnement des  services d'espionnage, les relations de la RFA avec les Etats-Unis,  l'URSS ou Israel. De nombreux personnages sont réels et leur histoire est édifiante. Je pense qu'il convient parfois de lire le livre en complétant par la lecture de quelques biographies sur le net. 
Bref, j'ai réalisé que j'en savais plus sur la RDA que sur la RFA et ce que j'en ai appris me laisse un goût amer. J'avoue mieux comprendre le silence de mon ami Jochen rencontré en Allemagne en 1975, la tristesse de son père se mourant de la silicose après avoir combattu toute la durée de la guerre, puis survécu 5 ans en captivité en Russie dans les mines de charbon. Il traînait alors sa carcasse usée, la clope à la main, tout juste en retraite des compagnies minières de la Ruhr. A l'époque j'aurais aimé lui parler, lui poser des questions mais je n'osais pas. 
Le roman n'est pas de ceux qui vous prend aux tripes mais il est réellement passionnant et instructif, chargé de références et d'influence littéraires. J'ai adoré par exemple, les descriptions des paysages des pays baltes  ou celles des rues de la toute jeune Tel Aviv et de ses plages. Le personnage féminin est le seul qui soit attachant, je l'ai perçue comme une fleur rouge et fragile, un coquelicot, dans ce sombre récit. 
Lire c'est aussi imaginer. J'ai presque envie de m'y replonger avec l'oeil de l'historien! 

mardi 18 juin 2019

Envie d'îles, Belle-île en mer

Week-end à Belle-île , façon Vincent, François, Paul et les autres ! 

Belle-île en mer, la bien nommée se mérite, pas de pont qui la relie au continent mais un ballet de ferries exécuté par la compagnie océane entre Le Palais et Quiberon. Au couleur de la Bretagne, les bateaux emmènent leur palanquée de touristes et de résidents à condition qu'aucune tempête ne vienne perturber leur rotation. Miguel fut fidèle à sa réputation, les traversées furent stoppées le temps de laisser passer l'ouragan peu favorable à un arrimage à quai. 
Les passagers se sont massés après 20h entre bagages, poussettes et sacs à vomi! 
L'île n'avait pas bougé, mais nous étions déjà ailleurs! 
Du film Des films de Claude Sautet, je ne garde que l'amitié qui lie les personnages, la chaleur tendre d'une joyeuse bande dans une maison sur la plage qui me faisait rêver. Ainsi, je confonds le rôle de Montand dans César et Rosaliescrutant la mer sur la dune d'Ars en Ré, tandis que Romy Schneider, rayonnante, vient vers lui  au personnage qu'il interprète dans  Vincent, François Paul et les autres, une belle histoire sans drame amoureux. Je mélange les souvenirs du vent, des rires, des galopades, de la mer et du sable, une ambiance douce, amicale et chaleureuse comme ce week-end de Pentecôte que j'ai passé à Belle-île. 

Partir, même peu de temps, vous coupe du réel et du quotidien, partir sur une île plus encore, surtout lorsque l'accueil est inoubliable.

Je n'ai plus peur des îles! Je n'ai plus l'angoisse de m'y sentir enfermée, j'accepte l'idée de ne pas avoir de bateaux pour rentrer, d'être Robinson au milieu de nulle part,  j'en rajoute, je le concède, car Belle-île, à 45 minutes du continent, est habitée toute l'année.

J'ai même envie d'îles! 
Belle-île en mer fait partie des élues. Les paysages et le sentier côtier sont sublimes: à l'ouest, la lande sauvage battue par les vents, des falaises vertigineuses ; à l'est, la quiétude des feuillus et des fougères, la douceur du soleil au petit matin, la mollesse du littoral, cerné par le bleu azur de l'océan. 
Les villages se nichent le long des rias, tournés vers le continent qui nous envie le beau temps. 

Le week-end fut un festival de bons mots et de blagues potaches, de rigolades et de kilomètres à l'arrachée, le tout frisant parfois le pipi-caca-popo... On ne se refait pas et cela fait toujours rire. 
Pot pourri impossible à retranscrire tant il dépend du contexte et du déroulé des jours et des nuits. 

Jour 1
8h du matin, Lo met la radio à fond et vide le lave-vaisselle en passant un coup d'éponge sur la table du petit déjeuner
8h Y. part courir discrètement
8h les filles en bas font la sourde oreille, pas un bruit 
8h15 C. se lève, avec Lo, elles braillent dans la cuisine
8h45 Y. revient suant et rouge, Lo lui conseille discrètement  d'aller laver sa nouille. (...) 
9h les derniers  arrivent pour le petit déjeuner, ballet de tartines de pain grillé, la cafetière est chaude et pleine mais l'eau n'a pas été mise dans le réservoir, il faut encore attendre une plombe avant d'avoir le café salvateur. Y. boit son chocolat comme tous les matins que dieu fait. Lo fait les dernières crêpes en nettoyant le plan de travail. 
9h 45 on prépare le pique-nique, G. porte tout dans sa glacière, les salades, le pain et ses deux litres d'eau. Nous sommes prudents, Belle-île est une île bretonne sujette à la pluie, Val prend son ciré: "mais il ne pleuvra peut-être pas"
10h 30 on se "pouitche" à six dans la kangou, direction le chemin côtier, "tout droit à gauche, tout droit à droite"..."oh un faisan!" "nan mais regarde la route!"
10h45 caca, on cherche la planque idéale, l'impétrant s'éloigne discrètement, on klaxonne on hurle que des cyclistes arrivent. Coup de bol, les vociférations ne le stoppent pas dans son plaisir défécatoire. Y. y va de sa blague scato que la décence m'interdit de reporter ici.
12h30, on a péniblement fait 4.5km à pied, le chemin monte et descend, on prend des photos "c'est beau, c'est calme" ...On ne croise quasiment personne!
13h pique-nique au soleil sur la plage, mais pas de bain, la mer est glaciale, un petit 13° au compteur. G. nous raconte ses souvenirs de jeunesse quand il allait jouer à la pétanque dans les allées du bois de Vincennes et mater la grosse Lulu, elle suçait les clients qui pointaient entre deux chantiers, "elle avait des seins plus gros qu'un saladier et nous demandait régulièrement de jeter le cochonnet de l'autre côté du fourré ... " (Vous apprécierez je l'espère le vocabulaire subliminal) ..
13h25 inquiétude pour le dessert du soir.  "Qui a pensé au dessert ce soir?  Y aura-t-il assez de pain? où achète-t-on du pain ?"
13h30 il n'y a plus de salade, nous somme repus. Petite sieste à l'abri du vent.
15h29 11 km
15h30, I. revendique le droit à la pause sur la plage ensoleillée, cinq sur six s'endorment comme des bienheureux. 
17h retour voiture, 13 km sonnant et trébuchant (en cumulé, 19km). 
17h15 bière sur le port de Sauzon, au bar le tilleul, face à la mer. "Au fait, y a quoi comme dessert ce soir?" et "la mayo qui fait la mayo? Y a de quoi faire la mayo? Nan ça sera pain beurre, le beurre sublime la langoustine." 
18h douche 
19h30 américano à l'apéro, les festivités commencent: langoustines, karaoké, braillage, rigolade 
Minuit c'est fini, on va mettre la viande dans le torchon, repus. 

Jour 2. Idem
9h V. ne prend pas son ciré, il ne pleuvra pas
15h il pleut de cordes
16h on se réfugie au Palais pour boire un chocolat chaud 

Jour 3
Idem
8h Lo est déjà au ménage, elle époussette les bibelots
8h30 ballet de tartines grillées
9h C. est enfin à la plonge 
9h05 la cheminée est vidée de ses cendres
9h15 les bagages et le pique-nique sont prêts. G. a rempli sa glacière. Il fait grand beau, balade face au continent où les nuages noirs s'accumulent. 
12h bain, elle est bonne!
12h10 sardines à l'huile et kouign aman 
15h verre de rosé sur la terrasse pour finir la bouteille, on cuit, il pleut à terre. 
17h bateau 
18h bus pour Plouharnel où nous avons laissé les voitures, la presqu'île se vide lentement de ses touristes. 
20h moins 10 ° c'est l'hiver, on pèle . 
22h au lit, j'ai passé un excellent week-end ..




vendredi 10 mai 2019

Les sandalettes

Je pense déprimer un peu! D'habitude, mai est le mois des premières chaleurs, le mois où l'on peut enfin abandonner le pull, la doudoune, le kabig, les chaussettes et envisager les sandalettes

Quand j'étais petite, ma mère décidait un jour, - pour une raison connue d'elle seule -, qu'il était temps de troquer la blouse contre le tablier, le pantalon ou les collants de laine contre le short, les brodequins contre les sandalettes! Exit les vêtements d'hiver, ils disparaissaient de ma vue, sans doute enfouis dans la naphtaline des armoires. 
Le seul lainage autorisé, en cas de retour de la  froidure, restait le gilet bleu marine - et encore fallait-il que ma mère ait froid! Je crois me souvenir que je possédais un capuchon, cape à capuche, sans manche, en toile cirée, à tout petits pois noirs sur fond blanc!
Les petites jambes maigrelettes prenaient alors une jolie teinte bronzée, un temps marquée par la rayure des soquettes qui, dans les sandalettes, assuraient la transition avant le règne des pieds nus! Les genoux apparaissaient gros, osseux, fragiles, ils passaient tout l'été scarifiés par les chutes! Une croute remplaçait une autre croute à peine séchée! Lorsque la blessure s'avérait grave, ma mère désinfectait à l'alcool à 90 qu'elle  a fini par troquer, sur le tard, par de l'eau oxygénée. Elle était réticente au changement,  persuadée  que l'eau ne prévenait pas vraiment le risque de tétanos, le mal de chien ressenti devait garantir une efficacité totale pour lutter contre les microbes! On était ainsi doublement puni pour être tombé! 
Elle badigeonnait ensuite la plaie avec un tampon de coton imbibé  de mercurochrome qui laissait des pluches sur la blessure! Exceptionnellement le genou finissait étiqueté d'un bout de sparadrap qu'il fallait garder peu de temps afin que l'écorchure sèche! La nuit, le pyjama collait, le matin d'un coup sec, le genou saignait à nouveau! Parfois il pouvait rester un petit morceau de caillou noir, incrusté sous la peau que le pus évacuait finalement. Je garde de belles cicatrices toutes roses sur peau lisse, sous la rotule. 

Mais, j'aimais par dessus tout, chausser les sandalettes! C'est de là, je pense que vient mon addiction aux chaussures, les brodequins ne me faisaient pas rêver! Les sandalettes oui! 
Elles étaient blanches à lanières très fines, l'une d'entre elles, tenait les orteils, les deux autres se croisaient sur le dessus du pied, la dernière les reliait  et passait derrière le talon, elle  s'attachait sur  les côtés à l'aide d' une petite boucle dorée. L'intérieur de la semelle de cuir était brun clair au début de l'été, sombre et patiné en septembre, la semelle en contact avec le sol était devenue presque gris clair, piquetée de minuscules traces de gravillons, j'en surveillais l'usure et priais pour les garder le plus longtemps possible. En général, je les portais neuves, un peu grande pour qu'elles durent deux saisons! Elles conféraient élégance et agilité, légèreté et liberté des pieds et des doigts de pieds. Il me semblait courir plus vite et grimper aux arbres plus facilement. Par pudeur, je n'évoquerai pas l'hygiène douteuse en fin de semaine! 
Les sandalettes se mariaient avec les verts du bocage piqueté de coquelicots, les marguerites à profusion, les renoncules, les fougères du mur, les grandes herbes des fossés, le goudron de la cour, le granite des marches sur lesquelles je m'asseyais, dans le parfum des roses  trémières qui ployaient sous le poids des fleurs au dessus de la porte d'entrée. La semelle se faisait légère et douce sur le plancher des salles de classe, noir et huileux, elles donnaient le sentiment de caresser les repose-pied des tables d'écolier.  
Avec les sandalettes, on goûtait de pain beurre+fraises+sucre ,  coupées en petits dés; les fenêtres restaient grandes ouvertes, les grillons ne se taisaient qu'au soir, pris en relais par les martinets, la poussière vibrait dans les rayons du soleil. Par grande chaleur, ma mère sortait une énorme bassine d'eau, où l'on barbotait. 
On troquait les sandalettes pour des tongs, le temps de la plage en Bretagne ce qui permettait de les économiser. 
Je ne les ai jamais retrouvées ces sandalettes de mon enfance! En ce mois tout pourri, elles pourraient combler ma légère déprime!  

lundi 22 avril 2019

Vélo Raid Breizh

Expérience sportive, le Vélo Raid Breizh ...d'une novice de la pédale!
Plage de Sainte-Marine après la pointe de Combrit

J-5, Vélo récupéré, neuf.
J-4, ultimes réglages du vélo par le professionnel, il a changé le cintre du guidon, n'ayant pas sous la main une potence plus longue (comme je me la pète en technique depuis que je pédale!).
J-3, 30 km  afin de tester la bécane mais sans les sacoches (oubliées à la maison). Très présomptueux de ma part puisque des sacoches peuvent déséquilibrer la monture. J'avoue ne pas les avoir senties pendant la durée du voyage, cela dit, je n'ai pas vraiment eu le temps de m'habituer au vélo sans sacoches (voir plus haut, vélo juste acheté).
J-1, marche rapide sous la pluie et par un froid de gueux...
Jour J, départ à 9h30, la météo indique que la pluie arrive à 14h à Bénodet ... Faut se magner!
Sacoches de la marque allemande, Vaude, imperméables, à moins de 2kg qui se clipsent sur le porte-bagage très facilement et s'enlèvent tout aussi aisément. Il est possible de les porter en bandoulière.
Gants spéciaux pour le vélo, rembourrés, avec les doigts qui sortent, utiles pour se gratter (le nez). Contrairement aux apparences, le rembourrage se met côté paumes.
Cuissards façon couche culotte mais discrets, cuissard mi-long en cette saison, le bout de mollet n'a jamais froid, et cuissard court pour les grosses chaleurs, on se sent alors pousser des ailes (le prendre de préférence qui ne serre pas la cuisse). Les purs et durs les portent sans slip! Je conseille, pour les dames, le slip en coton afin d'éviter la macération (conseil peu glamour mais utile).
Packtage.... 5,550kg pour 6 jours soit 7,5 kg au total et 3, 750 par sacoche! J'ai emporté un gilet en trop, je portais une veste windstopper (utile également l'hiver pour le ski) non imperméable qui permet l'évacuation de la sueur et un tee-shirt pour course à pied à manches longues ou courtes pour les grands chaleurs, le gilet reste superflu, le prévoir à portée de main, s'il fait très froid pendant les pique-niques afin  de ne pas se refroidir, on ne le salit donc pas... J'avais également une tenue pour le soir avec une paire de chaussures de "ville"! Les affaires de toilette tenaient dans un sac congélation. Je pense pouvoir optimiser le poids lors de mon prochain voyage, en randonnée à vélo ou à pied ou en séjour découverte (cf ici) ....

Objectif: la Pointe du Raz par la véloocéan (voie 5) et retour par une voie verte  jusqu'à Quimper avant de clore la boucle à Benodet... 

De la pointe du Raz à Douarnenez il n'y a plus aucun balisage, la véloocéan s'arrête, commencent alors  le monde de la bagnole, des gros cons qui vous rasent, klaxonnent quand ils vous doublent pour bien marquer leur impatience et vous faire un peu peur, des trottoirs, des pots d'échappement, des chemins de terre disparus absorbés par les agriculteurs ne supportant pas qu'on puisse passer en lisère de leur terre, en bref, des communes qui ignorent tout de la bicyclette et s'en contrefichent! Le seul plaisir est alors de les insulter en faisant des gestes obscènes (en espérant qu'ils ne s'arrêteront pas pour vous casser la figure).

Je recommande vivement l'expérience! Monter chaque matin sur la bicyclette constitue un réel plaisir, donne un sentiment de liberté et de tranquillité. J'avais toujours pensé que les voyageurs en bicyclette souffraient le martyre lorsque je les croisais, il n'en est rien. Certes la météo fut excellente, je n'ose imaginer ce que pourrait être de pédaler sous la pluie...
Les paysages bretons sont sublimes, la route longe la mer au plus près, elle passe près des chapelles, des fours à pain, des fermes dans leur jus, entre les champs (certes la saison des épandages battait son plein), entre les talus, sur les passes des marais. La plage n'est jamais loin pour un pique-nique ou un bain. Arriver dans les petites villes par les chemins de traverse permet de les découvrir sous un jour nouveau, au rythme du vélo. La marche permet une approche différente, plus lente. Grimper les côtes n'est pas un problème, il suffit d'y aller à son rythme. Il me reste à fignoler le passage des vitesses avec le pouce droit, il a, encore, deux jours après la fin du voyage,  quelques faiblesses!
Sur le chemin côtier, commune de Poullan-sur-mer

Poullan-sur-mer

Tréboul, Douarnenez

L'île Tristan, baie de Douarnenez 

Quelques coups de coeur (hébergement et restauration)
Les fous de bassans à Poullan-sur-mer
La voilerie à Penmarc'h
La buvette de Pors Theolen (mais méga côte à remonter)
L'hôtel de Cornouaille à Benodet pour sa piscine, son sauna et la qualité de l'accueil
Le café de la cale à  Sainte-Marine au petit matin
Le Chantier à Concarneau qui sert des huîtres à 15h face à la ville close et un dîner de produits de la mer ultra frais. 
L'arrivée des bateaux au Guilvinec à 17h
Découvrir Douarnenez et Tréboul par le chemin côtier, le matin, sous le soleil
La vue sur mer de la baie d'Audierne ou à Penmarc'h sous le phare d'Eckmühl. 
L'arrivée à la pointe du Raz par Plogoff 
Beg Meil et la plage de Kerambigorn 

Tout en fait ... #J'aimelabretagne

A éviter la voie verte entre Quimper et Pont-Labbé 


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...