| Route du Thélin Plélan-le-Grand, Saint Fiacre |
Je suis en train de nettoyer mon jardin, je désherbe avant qu'il ne soit complètement envahi. Je fais propre, propreté toute relative, après mon passage, c'est loin d'être nickel, totalement nu, il subsiste des feuilles, des mauvaises herbes que je considère comme insignifiantes. Pour tout éradiquer façon therminator, il faudrait y passer des heures (RIP le désherbant). Pourvu que de loin, la mer se voit, que les graviers semblent blancs, que les buis soient maîtrisés et qu'il reste un peu de sauvagerie: des ronces, quelques genêts, des ajoncs, des pâquerettes, les tiges d'herbes folles desséchées lesquelles, depuis des mois, résistent au vent. J'ai décrété que les fleurs de pissenlits étaient belles et qu'elles resteraient entre les dalles d'ardoises.
Bref, j'évolue de renoncement en renoncement, laissant peu à peu la végétation gagner le combat contre la minéralité du gravillonnage et la perspective maritime totalement dégagée.
Je jardine laissant mon cerveau vagabonder. En ahanant le taille haie à la main, je songeais à Saint-Fiacre à Plélan-le-Grand (Ille et Vilaine), lieu-dit, route du Thélin, où mes grands-parents, ma mère et sa soeur ont vécu après la première guerre mondiale jusqu'à ce que le propriétaire récupère la maisonnette.
Toute mon enfance, lors des repas de famille, ils évoquaient Saint Fiacre, lieu de bonheur et de rire, de chansons braillées à tue tête, et de blagues pipi-caca-popo! Saint-Fiacre c'était le bonheur et mon père ricanait en faisant tss tss entre ses dents. Jusqu'à aujourd'hui je n'ai jamais eu la curiosité de lire la biographie du saint!
CQFD!
Le hasard fait bien les choses car j'apprends que fort apprécié de son vivant, Saint-Fiacre est vénéré comme saint patron des maraîchers et des jardiniers (accessoirement des cochers et des chauffeurs de taxi). Ses attributs sont la pelle et la bêche tandis que je pratique la raclette, la binette et le râteau! Saint Fiacre cultive les plantes médicinales afin d'exercer ses talents de phytothérapeute auprès des pèlerins notamment ceux atteint du " fic " ou mal de Saint-Fiacre.Il est invoqué en cas d'hémorroïdes! Il exerça sans aucun doute avec succès puisqu'il a laissé son nom à deux anciens laxatifs, « l'herbe de Saint-Fiacre » (Verbascum thapsus, molène commune) et le « Fiàkerpulver » encore connu aujourd'hui des Autrichiens. Ainsi donc mon grand-père Emile, préparateur en pharmacie, roi des préparations, vivait près d'un saint qui aurait bien pu être aussi celui des pharmaciens!
Coïncidence!
Le jardinage fait gamberger, pour sûr ... autour d'histoires qui finalement ont peu de rapport!
Prochain épisode: La maisonnette
PS: à la rubrique jardinage, vous trouverez de nombreux billets témoignant de mon addiction à l'activité mais également de l'appauvrissement en fleurs de mon jardin! Il n'y a plus que des pâquerettes et du vert! (et du lierre ) On se demande comment la mare n'est pas encore comblée!
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