vendredi 16 janvier 2026

Je fais du vélo!

Début du XXème siècle, non datée. 
(collection personnelle)

1969 en minivélo!

J'aime beaucoup ces deux photographies! Les décors sont différents, la jeune femme pose en studio devant l'objectif du photographe, je suis dans le jardin du pavillon de banlieue que l'on vient d'investir en 1967, le paradis de la plaque et des bordures en ciment, le poteau à linge, le potager pour les poireaux, les carottes et les échalotes, les géraniums qui poussent tout seuls dans les jardinières. Ma mère fait un Polaroïd qui par chance ne sera pas beurré par le produit qu'on devait étaler sur le cliché afin d'en garantir la conservation. 

La première est étonnante, il est rare de voir au début du XXème siècle une jeune femme se faire photographier près d'une bicyclette de cet acabit! Il s'agit d'un modèle homme qui me semble trop grand pour elle,  on a du mal à l'imaginer passant la barre avec sa tenue distinguée. Il n'y a qu'un seul frein arrière, une sonnette, des garde-boue, des boyaux de caoutchouc. Il correspond un peu au modèle  homme Delys-Le Globe de 1911. 

En 1969, mes parents m'offrent un mini-vélo, en réalité un vélo pliant qu'on n'a jamais plié! C'était le concept MINI que je voulais, pas pliant! De toute façon, mon père équipé de deux mains gauches n'auraient probablement pas pu le mettre dans le coffre de sa voiture et rien qu'à l'idée qu'il aurait pu en rayer les contreforts annihilait  toute velléité de pliage! Ce n'est pas avec celui-ci que je ferai, avec les copains, de grandes virées dans la campagne, on utilisait le bon Gitane adapté à notre taille, un léger à grandes roues. 

Je n'ai aucun souvenir d'avoir pédalé avec ce mini-vélo! Il était chic, tout blanc mais un peu trop  rond à mon goût et je crois me souvenir que ma voisine en avait un avec une coupe plus moderne (les roues n'étaient pas carrées, non non ...) ! J'ai posé pour la photo, avec ma robe rose en "schmelpoff"  très courte - ce qui était possible de porter sur ce type de vélo- et mes socquettes blanches, des couettes pour contenir mes cheveux frisés, qui poussaient en touffe et que j'avais du mal à discipliner jusqu'à ce qu'une andouille de coiffeuse me les désépaississe! 

J'ai la montre au poignet que mes parents m'ont offerte, une LIP! Ne faisant pas ma communion car ma mère "bouffait du curé", ils m'avaient dit que cela n'empêchait pas l'achat d'une montre! Les communiants qui avaient fait une retraite mystérieuse dont ils taisaient les secrets, croulaient sous les présents offerts aux repas "de communion" par leur parrain et marraine dont le seul rôle, me semblait-il, était de les gâter à cette occasion. J'avais bien un parrain et une marraine-  ayant été baptisée-, mais on n'en faisait pas un plat, et je me demandais bien à quoi ils pouvaient bien servir! A ma naissance, me baptiser fut  pour mes parents 'une formalité doublée  d'un vieux relent de peur de me voir errer entre paradis et enfer si il m'était arrivé quelque chose! 

Après le vélo chic, j'ai eu une CIAO blanche avec laquelle j'allais au lycée que j'ai ensuite abandonnée pour frimer en Solex puis en terminale à vélo Gitane. Ciao, mini-vélo et Solex devaient croupir au fond du garage! Je réalise que passer les premières années à Sacé, en mode post seconde guerre mondiale, ouaters au fond du jardin, poêle qui servait à se chauffer et à cuisiner, un seul lavabo pour se laver (dans la cuisine) on est entré à pieds joints et avec bonheur dans la société de consommation des trente Glorieuses en même temps que le téléphone arrivait mais qui restait caché dans le placard! 


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