vendredi 14 novembre 2014

Philippe Meyer Le fils

Le fils de Philippe Meyer est un bon roman américain concernant le Texas!

Certes, il est bâti à la manière américaine, un chapitre par personnage, depuis le début du XIXème siècle jusqu'à nos jours. On suit ainsi Eli, Peter et Jeannie à différentes étapes de leur vie, mais le processus est pour une fois relativement subtil.  Le livre est surtout bien écrit et très bien documenté. La langue est riche, les descriptions des paysages percutantes. Il vaut plus pour l'Histoire que pour le roman, dont les personnages sont peu attachants. 
Terre de conflit, le Texas fut tour à tour indien, espagnol et mexicain, puis américain, ces derniers plus destructeurs de la nature qu'aucun de leur prédécesseur.
On s'y plonge avec plaisir même si la fin m'a quelque peu pesée, (trop long?).
J'ai particulièrement apprécié les récits concernant les Comanches, leur vie, les raids menés pour vivre puis survivre. 98% d'entre eux ont disparu de la surface de la Terre.
1850. Eli qui a été enlevé par les Comanches puis libéré, raconte sa vie parmi eux, pendant trois ans il s'identifie totalement à la tribu. "L'épidémie de petite vérole de l'année précédente avait laissé place au choléra - maladies propagées dans les deux cas par les chercheurs d'or qui faisaient leurs besoins dans les cours d'eau - et un hiver rigoureux avait achevé les survivants. ....Malgré l'extermination de dix mille Comanches, les plaines n'avaient jamais été aussi peuplées. Nos terrains de chasse voyaient s'installer toujours plus de tribus déplacées ..."

mercredi 12 novembre 2014

Woody Allen, Magic in the moonlight

Une grosse meringue rose et blanche qui ne manque pas de contenu:  le dernier Woody Allen, Magic in the moonlight. 

Que faire un jour de pluie un peu triste sinon aller au cinéma!
Donner à la caissière sa carte de piscine, qui s'esclaffe "c'est quoi, ça?"
S'excuser platement en rigolant.
S'apercevoir que sa carte d'abonnement est périmée alors qu'elle est à peine rentabilisée.
Rigoler à nouveau avec la caissière qui se plaint de sa sciatique car elle peut à peine tendre le bras afin de se saisir de la monnaie
Découvrir le confort du siège: large, profond, chaud!
Mater quelques bandes annonces.
Plonger dans l'univers des années 30, avec un Colin Firth tout à fait dans le jus; une bluette sur des rythmes de Charleston mais des dialogues profonds, sur la vie, la mort, et pourquoi pas l'amour!
Les grincheux sont malheureux, leur pessimisme empoisonne la vie, ils en oublient de respirer le parfum des fleurs, de goûter aux paysages,  de manger, d'aimer! Les optimistes sont peut-être de sombres crétins qui ne voient pas le monde tel qu'il est courir à sa perte, qui se complaisent dans la bêtise la plus crasse, prient des dieux inexistants, croient aux fadaises qu'on leur raconte mais la vie est tout de même plus rigolote avec eux!

J'aime que le cinéma m'enchante, goûter au  luxe des jardins sur le littoral de la côte d'Azur, les décors impeccables,  la chatoyance du tissu des robes et la sobriété des bijoux "so chic", le magnifique maillot de bain du joueur d'ukulele, aux muscles offerts à l'ombre chaude de quelques cyprès, le corps lustré, la voix ténébreuse chantant la sérénade à sa douce rayonnante!
Voilà, y pas de mal à se faire du bien!

dimanche 9 novembre 2014

François Morel et Carmen Souza.

Je prends plaisir à aller au spectacle, cette semaine, deux: le one man show de François Morel et la chanteuse Carmen Souza.

La jeune femme accompagnée d'un pianiste, d'un batteur et d'un guitariste tout aussi à l'aise à la contrebasse,  a une voix aux infinies variétés mais qui manque de coffre à mon goût, je dis bien selon moi, car je n'y connais rien, en voix: bercements, couinements, chuchotements, voix grave ou haut perchée. J'ai aimé cependant et notamment une interprétation de "sous le ciel de Paris" très ensoleillée! J'ai eu également un vrai coup de coeur pour le pianiste, londonien, qui l'accompagne sur scène, visiblement brillant, jeune et beau ce qui ne gâte rien ...
Le concert qui a débuté très Cap Vert a fini vraiment jazzi, ce que je préfère.
A l'origine je devais voir Mélanie de Biaso, qui a choisi une carrière américaine lâchant les bouseux de Bretagne et d'ailleurs! Pas class!

François Morel m'a littéralement enchantée! Ses chroniques matinales sur France Inter mises en scène sont un bonheur. Le bonhomme a la forme et reste un grand comédien, je ne bouderais pas mon plaisir même si le public quimpérois, très "prout ma chère" semblait à la sortie un poil ronchon... Pas tout, et je suis bon public,  puisque la salle était blindée.
Je n'avais pas encore expérimenté les places du  balcon, je ne suis pas déçue et je confirme bien que ce sont les places du pauvre ou de ceux qui ne sont pas allés à la vente orchestrée en juillet (mais qui ont fait leurs emplettes sur internet). S'y assoir est pire que l'orchestre car à moins d'1,80 m, la barre en fer forgé, garde du corps, masque le petit bonhomme seul en scène, vraiment très loin. Je n'étais pas loin de penser que j'aurais mieux goûté le spectacle sur mon canapé devant la télé.... Une fois n'est pas coutume. J'ai regretté de ne pas avoir de jumelles afin de mieux mater les expressions du visage, la sueur qui ruisselle sur le front, preuve que l'acteur en veut et nous en donne pour notre argent! J'ai dû bagarrer avec mon voisin de gauche, ventripotent, afin de conserver ma part de bras de siège et passer l'heure le foulard sur le nez, ma voisine refoulait sévèrement du goulot, elle exhalait le saucisson à l'ail par toutes les pores de sa peau, parfum matiné d'aisselles malpropres .
Des inconvénients des salles antiques, confinées et peu confortables .

vendredi 7 novembre 2014

Cher journal intime!

Aujourd'hui, lecteur, j'ai envie de ta raconter ma vie, façon journal intime… Alors si tu t'en bats la race, les c…Passe ton chemin! 

Alors voilà, mes côtes, pas terrible, j'ai toujours un mal de chien à dormir sur les deux côtés: le droit parce que mes os se retrouvent dans le vide, vu l'affaissement du bide, et ils n'aiment pas (je ne vois pas trop pourquoi parce que théoriquement ça devrait au contraire les alléger, le corps humain a des secrets que j'ignore) ; le gauche, parce que, là, c'est tout le contraire, le poids du bide pèse un max sur les côtes, qui n'aiment pas, mais alors pas du tout. Hier soir, j'ai donc été condamnée à dormir sur le dos, ce que moi, je n'aime pas du tout! Je ne peux pas trop tousser, pourtant ce n'est pas l'envie qui me manque, ayant un résidu d'irritation de trachée qui dure depuis un bon mois. Je ne peux pas rire, ni courir, ni porter mes sacs poubelles, ce qui est ballot étant en mode désencombrement.... 
Pour mon dos et le début de sciatique, j'ai consulté un ostéopathe cet après-midi, je suis dubitative mais bon, mon prof de gym préféré me l'a vivement conseillé avant que ne s'installe une douleur permanente, il n'est pas aussi beau qu'on me l'avait dit mais efficace. Je me suis faite tripoter dans tous les sens, par des mains chaudes et douces, (j'aime) de façon à dévriller le corps (?), ce n'est vraiment pas désagréable! Il a repéré les bosses et les oedèmes, doit un peu connaître le corps! Il ne m'a pas fait craquer, ce qui est, à mes yeux, un vrai plus. 
Mon régime légumes porte ses fruits (ouarf), j'ai perdu le surplus, à moins que ça ne soit des muscles, compte tenu de mon impotence. J'ai même renoncé aux bains car la mer brasse beaucoup et j'ai peur d'être projetée en mode algues sur les rochers. 
J'ai attaqué le cagibi afin de jeter les vieux stocks qui datent d'il y a plus de deux ans, je ne suis pas déçue, j'en ai trouvé plein, trois énormes sacs poubelles de 50 litres, youpi, et j'ai réussi à créer du vide
Pour le moral, -je vous remercie de vous en préoccuper-, ça "roule" sous le vent des grandes marées (ça piaule comme dit le marin averti), des averses ou des grains, des moments de soleil intenses!

NB. En photographie le lieu où je me suis vautrée, la pente apparaît peu mais les pieux sur lesquels j'ai failli m'empaler, oui! Au delà de la ligne de troncs bruns, les barres rocheuses…. Je vous laisse juge. 

mercredi 5 novembre 2014

Diète numérique

La fracture numérique, je connais, je l’ai vécue: récit! 


Je ne pensais pas me passer aussi facilement de numérique! Même le téléphone dans ces montagnes sauvages,  se fait rare: l’absence de réseau est quasi automatique dès qu’on sort des sentiers battus! 
Au village, rien, au gîte rien, même pas de télévision, à 21h la troupe était au lit et à 22h nous dormions tous du sommeil du juste, jusqu’au petit matin. Certes, les chiens enfermés derrière la maison nous réveillaient parfois sur le coup de quatre heures parce que quelques bestioles viennent régulièrement les narguer, ce n’est pas l’envie qui manque d’aller les égorger (je pèse mes mots) mais quelques mousses profondément enfoncées dans le conduit auditif pallient à cet inconvénient. J'ai lu à nouveau avec plaisir!
Certes, on a bien essayé de satisfaire notre manque, au prétexte d’aller acheter quelques chaussures de randonnées dans le bourg voisin, Seix, où par miracle la 3G passait. Pas partout, ni sur la place où on se gare, ni sur celle où il y a l’église, un poil après la pharmacie et encore ! Entre le dos d’âne de Oust et le croisement plus loin. Il faut alors nous imaginer stationnées sur le bord de la route, empiétant sur  le bas côté herbeux,  seul endroit entre deux ronds points où messenger, instagram, whatsapp et autres applications étaient enfin fonctionnelles, en geeks, rigolant dans la nuit, à la lueur de nos écrans. On l’a refait une fois, malgré les 15 bornes de virages serrés, à vomir, au prétexte d’acheter des anti-inflammatoires. Au top, on était toutes au taquet, branchées sur le téléphone à guetter la 3G, tandis que les messages en attente tombaient en rafale, seule la conductrice souffrait en silence de ne pouvoir se jeter sur son portable! 
Les virées vers le Saint-Graal ont vaguement satisfait notre soif de connexion! Faut pas pousser mémé dans les orties, comment faisait-on avant ? 
Oui avant? 
Il n'y a pas si longtemps où il fallait aller téléphoner au bureau de tabac-épicerie-boulangerie-bistrot, où l'on prenait l'eau à la pompe, où l'on jetait tout au fumier au fond du jardin?
Et qui habitera ces villages quand les vieux seront morts? 
Là où je viens depuis plus de 20 ans, chaque année, même le maire habite Toulouse et se fiche comme d’un guigne des trois pékins restés vivre sur place! 
Etre reliés au monde via internet? Une utopie! 
Même avec une box, les ordinateurs rament! 
Imaginer télé-travailler? Même pas en rêve! 

La fracture numérique est partout, Paris et les grandes villes sont connectées parfois au de-là du raisonnable, ailleurs c’est le désert! Entre Rennes et Lorient, entre Bordeaux et Toulouse, les no man's land sont de plus en plus fréquents, les coupures intempestives tout autant. Il faudrait l’inverse. J’accuse les politiques incompétents, déphasés, incapables de penser l’avenir, plus préoccupés de ronds-points et de ronds de cuir ou de chrysanthèmes, de ne rien faire et en conscience! 

lundi 3 novembre 2014

Le jour où j'ai failli mourir!

J'ai expérimenté la gym acrobatique, en montagne....

La montagne reste un milieu dangereux et pourtant, ce n’est pas pour me vanter, je connais, depuis longtemps. J’ai fait de l’escalade (ici), j’ai randonné tous les ans, parfois plusieurs semaines, j’aime et je suis on ne peut plus prudente, voulant, surtout l’hiver, conserver mon patrimoine: chevilles et genoux intacts! Mais voilà, parfois, on fait des trucs, on ne sait pas trop pourquoi et là, c’est l’accident bête, la chute, la tuile, la connerie! 
Ainsi, après que l’ado, qui n’est plus rebelle, ait clamé qu’elle avait pris une option de descente des plus débiles, certes légèrement humide, j’ai quand même, en faisant un poil plus attention, tenter le saut ! 
Et là, je n’ai plus rien compris, j’ai sans doute rebondi, une première fois sur mes deux pieds, puis sur un tronc, sur le dos, façon tortue, je me souviens vaguement m’être dit, «tiens, le sac amortit », puis une troisième fois sur le ventre avant de me  stabiliser sur le dos, bloquée par un ultime tronc juste avant les barres rocheuses.
Mon premier réflexe, ayant entendu pendant toute l’opération, les hurlements de ma fille et de mon amie, a été de m’asseoir, hébétée, mais vivante et surtout ni morte ni hémiplégique. 
Vous ne pouvez imaginer le bonheur que représente le fait de se redresser, de réfléchir si tout fonctionne, de penser à bouger les bras, les jambes, à tourner la tête, de se lever, de reprendre le sac à dos (mon sauveur) et de rassurer l’entourage! 
Mais redescendre est hyper stressant, j’avais hâte de mettre mes fesses dans l’eau froide (dans le torrent), la solution fut de me coller un linge humide dans le caleçon, puis de faire un sauna et de me caler sur une chaise ou au lit, après un massage aux huiles essentielles en priant que le lendemain je pourrais bouger sans trop souffrir ! 
J’ai honte!
Je suis hyper vexée, mais intacte, n’est ce pas le principal? 
Le jeudi matin,  j’ai eu bien du mal à me mouvoir mais il faut bien avouer qu’avec un sac à dos vissé, très serré sur les hanches (plus jamais sans lui), deux bâtons entre les mains, sur un chemin herbeux et aérien, j’ai pu faire l’ascension du mont Béas. Certes, un fois le retour à terre, car il faut bien le dire, grimper vers les cimes vous porte hors du monde, un poil au dessus des autres tandis que les vautours planent en l’air, 8 bestioles immenses qui attendaient la chute définitive, j’avais toujours mal. Soigner par le forcing n’est pas véritablement la meilleure idée, j’ai dû me résoudre aux anti-inflammatoires en espérant qu’ils feront des miracles, je suis moulue, tuméfiée, je ne sais pas si mes os sont toujours en place, je prie pour que ça ne soit que des bleus, les effets des chocs, du stress ! J’aurais pu être empalée sur un tronc, dévisser les  barres rocheuses, en gros je me suis vue mourir.
C’est ballot !


Vendredi soir, je me suis demandée si j’avais bien fait de marcher coûte que coûte sous ce soleil radieux…. Une fois, « froide », même se coucher et surtout se relever, s'apparente à un exploit! J’ai tenté aussi le vautrage sur le canapé tout pourri sans plus pouvoir en sortir ! Je vous passe les ricanements des ados et de Choupinette prenant des photographies pour envoyer aux copines avec des commentaires assassins du type, «sa plus grande expérience avant de mourir », « on a failli laisser son corps aux ours » , « l’acrobate » et la photographie assassine légendée, « le résultat après deux saltos et 10 m », « empalée sur un tronc » …  

samedi 1 novembre 2014

Du bonheur de la montagne!

Il y a quelques années, une publicité vantait les mérites des cimes avec un slogan que j’ai toujours trouvé crétin : « la montagne, ça nous gagne », pour autant il était efficace puisque je ne l’ai pas oublié! 
Vue du Port de Saleix sur le Mont-Vallier. 

Se dorer au soleil à l’issue d’une longue montée entre blocs et énormes cailloux qu’il faut enjamber, parfois en mettant le genou, sur des sentiers parfois bien tracés qui scarifient la pente herbeuse. Il s'agit de cheminer lentement pour ne pas se lasser, ni s’essouffler, se fixer un objectif où s’arrêter, boire, manger un figolu (c’est le gâteau à la mode de la semaine, juste ce qu’il faut de sucre), contempler, allongée dans l'herbe, jouir du temps qui passe et du paysage. A l’arrivée, un lac, un col, un sommet, se poser lentement et se chauffer sous cet soleil éclatant d’automne, chaud malgré tout. 
Le bain est frais, très, mais on s’habitue à tout et au bout de trois jours les gaies randonneuses sont  capables de faire quelques brasses, voir de prendre trois baignades, sans mettre toutefois la tête sous l’eau. J’aime marcher sur le fond noirâtre, tout doux et me demander quelles bestioles peuvent bien s’y être enfouies pour passer l’hiver. On trouve encore des grenouilles minuscules dans les marouillaux ou de gros et gras têtards, des poissons dans les lacs herbus de  faible altitude, ils se jettent sur les morceaux de pain qu’on leur lance. 


Il est bon de se gaver de charcuteries locales, une semaine n’est pas coutume, de fromages de brebis très goûtus, ou de boire goulument des chocolats chauds, lentement mijotés avant de partir. 
Je crois bien que cette parenthèse, sans internet et presque sans téléphone, sans télévision, sans radio, a un petit goût de paradis. 
Mais pas sans kilos! Tout dans le ventre,  gonflé comme une outre. Ils  vont être diablement difficiles à perdre (et quand je dis ça, j'ai rien dit! Punaise, la montagne ça nous gave!)


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