vendredi 3 avril 2026

Saint Fiacre

Route du Thélin Plélan-le-Grand, Saint Fiacre 


Je suis en train de nettoyer mon jardin, je désherbe avant qu'il ne soit complètement envahi. Je fais propre, propreté toute relative, après mon passage, c'est loin d'être nickel, totalement nu, il subsiste des feuilles, des mauvaises herbes que je considère comme insignifiantes. Pour tout éradiquer façon therminator, il faudrait y passer des heures (RIP le désherbant).  Pourvu que de loin, la mer se voit, que les graviers semblent blancs, que les buis soient maîtrisés et qu'il reste un peu de sauvagerie: des ronces, quelques genêts, des ajoncs, des pâquerettes, les tiges d'herbes folles desséchées lesquelles, depuis des mois,  résistent au vent. J'ai décrété que les fleurs de pissenlits étaient belles et qu'elles resteraient entre les dalles d'ardoises. 

Bref, j'évolue de renoncement en renoncement, laissant peu à peu la végétation gagner le combat contre la minéralité du gravillonnage et la perspective maritime totalement dégagée. 

Je jardine laissant mon cerveau vagabonder. En ahanant le taille haie à la main, je songeais à Saint-Fiacre à Plélan-le-Grand (Ille et Vilaine), lieu-dit, route du Thélin, où mes grands-parents, ma mère et sa soeur ont vécu après la première guerre mondiale jusqu'à ce que le propriétaire récupère la maisonnette. 

Toute mon enfance, lors des repas de famille, ils évoquaient Saint Fiacre, lieu de bonheur et de rire, de chansons braillées à tue tête, et de blagues pipi-caca-popo! Saint-Fiacre c'était le bonheur et mon père ricanait en faisant tss tss entre ses dents. Jusqu'à aujourd'hui je n'ai jamais eu  la curiosité de lire la biographie du saint! 

CQFD! 

Le hasard fait bien les choses car j'apprends que  fort apprécié de son vivant, Saint-Fiacre est vénéré comme saint patron des maraîchers et des jardiniers  (accessoirement des cochers et des chauffeurs de taxi). Ses attributs sont la pelle et la bêche tandis que je pratique la raclette, la binette et le râteau!  Saint Fiacre cultive les plantes médicinales afin d'exercer ses talents de phytothérapeute auprès des pèlerins notamment ceux atteint du " fic " ou mal de Saint-Fiacre.Il est invoqué en cas d'hémorroïdes! Il exerça sans aucun doute avec succès puisqu'il a laissé son nom à deux anciens laxatifs, « l'herbe de Saint-Fiacre » (Verbascum thapsus, molène commune) et le « Fiàkerpulver » encore connu aujourd'hui des Autrichiens. Ainsi donc mon grand-père Emile, préparateur en pharmacie, roi des préparations, vivait près d'un saint qui aurait bien pu être aussi celui des pharmaciens! 

Coïncidence! 

Le jardinage fait gamberger, pour sûr ... autour d'histoires qui finalement ont peu de rapport! 

Prochain épisode: La maisonnette 

PS: à la rubrique jardinage, vous trouverez de nombreux billets témoignant de mon addiction à l'activité mais également de l'appauvrissement en fleurs de mon jardin! Il n'y a plus que des pâquerettes et du vert! (et du lierre ) On se demande comment la mare n'est pas encore comblée! 





samedi 14 février 2026

Regis

Un mois de vacances en Mercury


"Chers tous 

Le 3 octobre 1955

Tout va bien, sommes en Georgie après avoir traversé les terres basses du Mississipi et de l’Alabama. N’empêche que samedi soir dans une boîte de nuit avant Méridian (Mississipi) alors que nous dansions il y eu une descente de police exprès pour nous, c’est à dire Valgas et moi. (De marbeuf étant hors de cause) Fouilles, palabres. Puis ces 6 messieurs disparurent en s’excusant. Ceci nous procura un succès inespéré pour le reste de la nuit..depuis que la direction de l’établissement nous ai  expliquer le pourquoi de l’affaire. Ils pensaient que nous étions porteurs d’armes (quand l’un de nous allait danser il passait discrètement son portefeuille à l’autre, c’était là le secret de l’affaire). 

Le 4 octobre

Pour la première fois j’ai fait une erreur sur la carte et alors que nous devions entrer en Caroline du nord nous sommes retournés 20 miles en arrière. Ce n’est pas trop désespérant parce que le pays est magnifique mais ça nous fait perdre du temps et hier j’ai reçu une lettre à la poste restante d’Atlanta me signalant un meeting à faire pour le Farm bureau le 10 prochain. Avons encore 1500km à faire avec les visites, va falloir faire vinaigre. Allons rentrer dans les Smocks Mountains (fin des Appalaches ) C’est un pays tout en collines couvertes de forêts qui commencent à rougir et jaunir. C’est très beau 

Nous venons de faire le magasin de l’Indian réservation mais c’est cher tant pis!

Je vous embrasse très fort Régis. "


Régis est décédé fin janvier 2026, il allait avoir 96 ans, une belle vie, sans vraiment de problèmes de santé. Il continuait à conduire afin d'aller sur la place du village boire un petit café avec ses copains. 

Entre février 1955 et février 1956, il a vécu aux Etats-Unis dans une ferme dans le Minnesota près de Winona. Il avait 25 ans! Une expérience qui marque une vie. 


(Régis écrivait bien sans faire vraiment de fautes d'orthographe, je n'ai rien corrigé)

vendredi 16 janvier 2026

Je fais du vélo!

Début du XXème siècle, non datée. 
(collection personnelle)

1969 en minivélo!

J'aime beaucoup ces deux photographies! Les décors sont différents, la jeune femme qui sourit  (ce qui est rare sur les photographies de cette époque!  Merci C.) pose en studio devant l'objectif du photographe, je suis dans le jardin du pavillon de banlieue que l'on vient d'investir en 1967, le paradis de la plaque et des bordures en ciment, le poteau à linge, le potager pour les poireaux, les carottes et les échalotes, les géraniums qui poussent tout seuls dans les jardinières. Ma mère fait un Polaroïd qui par chance ne sera pas beurré par le produit qu'on devait étaler sur le cliché afin d'en garantir la conservation. 

La première est étonnante, il est rare de voir au début du XXème siècle une jeune femme se faire photographier près d'une bicyclette de cet acabit! Il s'agit d'un modèle homme qui me semble trop grand pour elle,  on a du mal à l'imaginer passant la barre avec sa tenue distinguée. Il n'y a qu'un seul frein arrière, une sonnette, des garde-boue, des boyaux de caoutchouc de la marque Michelin. Il correspond un peu au modèle  homme Delys-Le Globe de 1911. 

En 1969, mes parents m'offrent un mini-vélo, en réalité un vélo pliant qu'on n'a jamais plié! C'était le concept MINI que je voulais, pas pliant! De toute façon, mon père équipé de deux mains gauches n'auraient probablement pas pu le mettre dans le coffre de sa voiture et rien qu'à l'idée qu'il aurait pu en rayer les contreforts annihilait  toute velléité de pliage! Ce n'est pas avec celui-ci que je ferai, avec les copains, de grandes virées dans la campagne, on utilisait le bon Gitane adapté à notre taille, un léger à grandes roues. 

Je n'ai aucun souvenir d'avoir pédalé avec ce mini-vélo! Il était chic, tout blanc mais un peu trop  rond à mon goût et je crois me souvenir que ma voisine en avait un avec une coupe plus moderne (les roues n'étaient pas carrées, non non ...) ! J'ai posé pour la photo, avec ma robe rose en "schmelpoff"  très courte - ce qui était possible de porter sur ce type de vélo- et mes socquettes blanches, des couettes pour contenir mes cheveux frisés, qui poussaient en touffe et que j'avais du mal à discipliner jusqu'à ce qu'une andouille de coiffeuse me les désépaississe! 

J'ai la montre au poignet que mes parents m'ont offerte, une LIP! Ne faisant pas ma communion car ma mère "bouffait du curé", ils m'avaient dit que cela n'empêchait pas l'achat d'une montre! Les communiants qui avaient fait une retraite mystérieuse dont ils taisaient les secrets, croulaient sous les présents offerts aux repas "de communion" par leur parrain et marraine dont le seul rôle, me semblait-il, était de les gâter à cette occasion. J'avais bien un parrain et une marraine-  ayant été baptisée-, mais on n'en faisait pas un plat, et je me demandais bien à quoi ils pouvaient bien servir! A ma naissance, me baptiser fut  pour mes parents 'une formalité doublée  d'un vieux relent de peur de me voir errer entre paradis et enfer si il m'était arrivé quelque chose! 

Après le vélo chic, j'ai eu une CIAO blanche avec laquelle j'allais au lycée que j'ai ensuite abandonnée pour frimer en Solex puis en terminale à vélo Gitane. Ciao, mini-vélo et Solex devaient croupir au fond du garage! Je réalise que passer les premières années à Sacé, en mode post seconde guerre mondiale, ouaters au fond du jardin, poêle qui servait à se chauffer et à cuisiner, un seul lavabo pour se laver (dans la cuisine) on est entré à pieds joints et avec bonheur dans la société de consommation des trente Glorieuses en même temps que le téléphone arrivait mais qui restait caché dans le placard! 


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