dimanche 3 avril 2016

Du plaisir de la campagne...

Alors oui, je confesse, j'aime la campagne, la vraie pas seulement celle au bord de la mer! Qui l'eut cru?
La Laïta

Longtemps j'ai détesté la campagne après avoir connu à 20 ans la grande solitude de Longuefuye. Je crois même en avoir eu une telle détestation que je ne rêvais plus que de bagnoles, de centres villes pollués et de bruit (et de magasins) !
On change!
J'avoue aujourd'hui savourer la campagne comme un bonbon à la menthe (les seuls que j'aime): ça pique un peu mais c'est revigorant! Voire plus, je suis émue!
Finalement, la campagne sans mer, ce n'est pas si terrible, ni différent?
On n'y entend plus  ni le flux et le reflux, ni  la marée, ni la houle, ni le fracas des vagues sur les rochers, ni même le clapot, si léger soit-il! 
A la campagne règne le silence de la mer (ouah!... J'ai lu Vercors). 
Les centaines d'oiseaux, planqués dans les branches, du matin au soir, au taquet, préparent le printemps,  n'arrêtent jamais, merles et merlettes en premier. Et tous les autres qu'on devine ou qu'on surprend becquetant les bourgeons, brindilles au bec, vacillant dans la fraîcheur d'une gelée blanche d'un petit matin....
J'aime tout particulièrement les mousses sur les pierres des talus, tapis satiné vert clair, devenues jaunes sous le soleil rasant d'un magnifique coucher de soleil, dardant ses rayons dans la résille des branches sans feuille.
Mais aussi ...
Le chant des petits ruisseaux ou le calme de la Laïta, paisible entre le shore et l'herbu, étrangement immobile, miroir de lumière entre les arbres. 
Une odeur de fraîcheur et d'humidité, celles des feuilles mortes de l'automne transformées en bouillasse marron, seule circonstance où cette couleur me plaît, tandis qu'elle se mêle à la terre noire des flaques. 
Les chemins devenus vicinaux, entre les talus, moussus,  entrelacs de raccourcis, méandres entre les champs où parfois se croise un troupeau altier d'oies et de jars!
Peu de vaches, malgré des prairies en attente, cernées de fils électriques blancs, fragilité apparente mais prison certaine dans le gras d'un vert sombre. 
Une campagne habitée, ponctuée de villages en devenir qui, enfin, bonifient leur centre: arbres, banquettes, emplacement pour le marché, parking discret pour quelques voitures qui il y a encore peu squattaient en rang serrés les abords de l'église toute grise, vestige d'un passé catholique aujourd'hui oublié, rendu au tourisme de masse.
La mer n'est pas loin mais je crois savoir que marins et paysans ont toujours vécu dos à dos, les premiers volant les pommes de terre des seconds en période de disette, se haïssant cordialement.

La campagne m'apaise et la mer m'impatiente. A fouiller sur le divan! 

vendredi 1 avril 2016

Les liaisons dangereuses

Je n'irai plus voir des pièces de théâtre, 25 euros minimum pour m'empafer honteusement les cinq premières minutes, je ne peux plus, ça fait cher le ronflement! Les liaisons dangereuses m'ont définitivement fâchée avec le théâtre! 

J'avais pourtant pris toutes les précautions qui s'imposent: pas de vin (enfin juste un petit ballon de Corbières pendant le dîner), pas de sport, une longue sieste d'une heure en début d'après-midi, des vêtements doux et confortables, l'envie de voir Dominique Blanc (découverte dans Milou en Mai de Louis Malle), Vincent Perez (idéal jeune premier, Alain Deloin), un texte réputé (certes réécrit) et une scène nationale! 
Bis repetita! 
Ennui .... 
Sciatique sur l'inconfort des fauteuils, qui après une heure et demie, font un mal de chien à la fesse, durablement! 
Bâillements irrépressibles sur la fin. 
Ennui
Et comme si cela ne suffit pas un décor minimaliste utilisé à son maximum, montage de marches, descentes, portes qui ouvrent, qui se ferment, je pensais qu'il n'y avait que le cinéma français pour exceller dans les travelling infinis sur vide sidéral. 
Ajouter le souci de bien nous faire comprendre, quitte à se répéter, que l'histoire finit mal, très! 
Je n'avais qu'une envie que le spectacle cesse et que les applaudissements (modeste standing ovation) ne durent pas trop longtemps... Je n'avais personnellement aucune intention de me lever malgré les tonnes de postillons éructés par Valmont (aka Perez)!
Enfin, je dois probablement être très cruche, mais je n'ai vu et entendu aucune modernité du texte! La femme est une pétasse ou une pute ou une mégère nymphomane punie par la petite vérole, ou une prude qui préfère mourir que vivre. Les hommes veules et versatiles, uniquement préoccupés par leur bite,  les niquent et pourrissent leur réputation!  Dites moi si je me trompe!
Je préfère de très loin l'inconfort des petites salles parisiennes qui présentent des comédies bien troussées ou l'absurde des pièces de Ionesco jouées à la Huchette d'une durée tout à fait raisonnable (pas plus d'une heure)!

Cependant, les acteurs sont excellents, je dois bien le reconnaître, magnifique Dominique Blanc qui sert une langue riche et panache d'un Vincent Pérez qui renoue avec le théâtre.
Pour une critique positive, lire ici

mercredi 30 mars 2016

Médecin de campagne

Décidément, je n'ai jamais autant fréquenté le cinéma, hier soir: Médecin de campagne de Thomas Lilti. 

Pas que je sois sortie exaltée avec un moral au beau fixe de la projection!!! Pour autant, j'ai passé un bon moment, le film relève du cinéma tout autant que du documentaire. 
Les acteurs sont excellents, je kiffe François Cluzet et Marianne Denicourt. Leur jeu est très subtil, celui qui convient aux gens malades. Leur douceur, leur calme m'ont fait penser à mon médecin généraliste, qui affiche en toute circonstance une attitude sereine, il n'est pas franchement bavard mais à l'écoute! C'est la première fois que j'entends des spectateurs, commenter ou rire, approuver ce qui se dit à l'écran. Le réalisateur a fait mouche. 
Nous devrions aimer nos médecins généralistes davantage, les bichonner, les respecter, les payer plus aussi puisque ce qu'ils font ne relèvent pas de la sinécure!
Aimer les profs aussi, il va sans dire! 

vendredi 25 mars 2016

Baleine sous gravillon....

Il y a anguille sous roche mais mieux encore baleine sous gravillon! J'avoue vouer (ah ah) une tendresse infinie pour les expressions toutes cons qui font la joie des réunions... 


Ainsi donc, mettons à jour celles qui sont aujourd'hui à la mode. 
Après créer du lien, donner du sens, analyser avec esprit critique, taddah????? 
Vivre ensemble! 
LE vivre ensemble... est encore mieux. 
C'est la dernière tarte à la crème, née des attentats de 2015. Elle se met à toutes les sauces, sort de la bouche de tous, sur tous les tons, avec l'absolue certitude qui convient!

En attendant la prochaine, je vis dans mon jardin, délesté de son cyprès, notamment du tronc qui a  bouché ma vue pendant près d'un mois, dardant son nez de varan vers l'est! Je lui trouvais effectivement un air de gros lézard peinard. Depuis ne reste plus que la souche, façon "y'a qu'un cheveu sur la tête à Mathieu", je la vois à peine puisqu'elle reste cernée d'énormes cactus, ne sortent de la motte de terre que quelques racines pointées vers le ciel. Le cyprès dans sa grande mansuétude n'a fait aucun dégât, quelques bruyères écrasées, une ou deux branches de pin cassées, il ne reste plus que de la sciure sur les gravillons blancs. J'ai juste perdu mon fidèle ami de pendaison! D'aimables bûcherons en sont venus à bout, les garçons, en fait, aiment faire du sport utile, en ahanant armés d'un merlin et de coins! Je n'ai gardé de cette aventure qu'une peau des cuisses graou, couverte de bleus, énormes ou minuscules: appelez moi léopard!


J'ai tondu, caressé les bruyères avec mon taille-haie, désherbé, j'attends le printemps de pied ferme! Il n'a qu'à bien se tenir et surtout nous faire le plaisir de rappliquer vite fait!
Pâques s'annonce pluvieux mais j'irai cacher dans les buissons deux "maxi oeufs kinder hyper gros sa race" pour faire plaisir à mes filles (note à moi-même: penser à noter la cachette de façon à ne pas oublier où j'ai planqué l'objet du délit!)
A l'heure où j'écris, il fait soleil, il n'y a pas un bruit, ni vent, ni vague, que des merles, ravis de cette quiétude, qui galopent sur la gazon fraîchement tondu! Pas belle la vie?


dimanche 20 mars 2016

J'aime

En ces temps de disette bloguesque, un petit "j'aime" à la manière de Caroline! 


J'aime les bûcherons, indéniablement, après Serge venu illico presto liquider la cime, trois costauds, cette semaine sont venus disperser le cyprès! Chacun a sa manière de faire: tronçonneuse façon saucisson, merlin et masse avec coin, ou geste élégant de celui qui n'a pas peur de se fendre le pied. Moi?  Je suis petite main, je charge les branches, je charge les buches dans ma brouette, je ratisse, je range! Je suis donc en cette fin de semaine, rincée, avec le bas du dos en compote! ... 

J'aime manger des petits rougets juste grillés au four avec un filet d'huile d'olive tout simplement accompagnés de petits oignons nouveaux, des civettes.

J'aime le footing du dimanche matin avec les copines, à petites foulées peinardes, le long du chemin côtier quand le soleil se lève à peine!

Mon goût pour la course d'orientation ne m'a pas quitté, j'ai repris les entraînements, il me reste à prendre une licence! Gambader dans les bois en cherchant des balises est extrêmement vide tête! Je recommande! Et pour ne rien gâcher, les cartes sont magnifiques! 


Finalement j'aime aller au cinéma surtout quand je ne dors pas, je conseille vivement Spotlight, les Américains sont très très forts pour vous faire apprécier des scènes qui se passent dans les bureaux avec des types à moustache qui répondent au téléphone. Cette histoire de prêtres pédophiles catholiques protégés par leur hiérarchie est curieusement d'actualité. 

dimanche 13 mars 2016

Ensemble Le Balcon

Je ne dors pas toujours au théâtre et surtout pas quand l'ensemble Le Balcon se produit. 

A la tête de son ensemble, le jeune et talentueux chef, Maxime Pascal, revisite la symphonie fantastique de Berlioz pour laquelle il invite le temps du quatrième acte, les musiciens du Bagad du Moulin Vert. Le compositeur, Arthur Lavandier livre une interprétation libre de l'œuvre de Berlioz. Bal musette, big band, cor des Alpes et Bagad de Quimper, musiciens, tous ont grandement contribué à ce que je ne dorme pas, au triomphe fait par la salle et au sentiment d'aimer fortement les concerts! 
Le chef est littéralement habité par la musique!

Ce spectacle fut aussi l'occasion de découvrir les joies du paradis, ces places sur le côté, au balcon, où l'on ne voit que la rambarde destinée à empêcher les suicides, places improbables au même prix que les autres. Heureusement, à 20h lorsque les portes se ferment, ma voisine et moi avons pu rejoindre les premiers rangs avec beaucoup de culot et de détermination! J'ai ainsi pu papoter avec une Douarneniste, bavarde comme une pie, drôle, qui, (le monde est petit), connaissait tout le Finistère! 
Tandis que toute la jeunesse de l'orchestre fêtait le spectacle, nous avons bu un verre en refaisant le monde... 

samedi 12 mars 2016

La vie des bêtes ou du bonheur d'être prof!

En rade de Brest de billets, je recycle un vieux brouillon, pas si vieux au final et tellement vrai (il date pourtant de deux ans) mais la vie des bêtes est immuable! 

Extraits sms avec ma copine  en discussion du soir ....
- sur quel bouton tu appuies pour voir tes vidéos enregistrées sur le cube de canal+ ?
- les voir sur ton ordi?
- non sur la box de Canal, je pense l'avoir en vidéo, j'ai réussi à enregistrer hier mais je les regarde comment?
- Chaîne 99 je crois
- oui Ok mais sur la télécommande, tu fais comment? Tu appuies sur quel bouton?
- y a un bouton noir sur le haut de la télécommande.
Là, la copine téléphone, car elle est en a ras le bol d'expliquer à une débile comment se servir de sa télécommande (entre nous, même sur le net, ce n'est pas clair et du coup, je n'ai pas pu visionner mon émission qui finissait à pas d'heure hier soir)
Deux heures plus tard, reprise de la discussion, je lance comme une bouteille à la mer, genre "viens donc avec moi au spectacle":
- demain soir, je vais mourir sur scène avec Vincendon et Henry au parc des expositions à Quimper (note à moi-même, pourquoi avoir pris une place de spectacle où je vais me cailler les miches pendant deux heures, inconfortablement assise... les mystères de la programmation et un coup de folie en septembre, l'amour de la montagne, stimulée par la lecture du programme)
Et là, tout de suite, je me pends en lisant les copies, ou je m'immole par le feu avec le paquet...
- C qui Vincendon et Henry? Et c'était quoi l'interro?
- Deux jeunes gars morts en montagne faute de de secours, enfin un gros merdier... Un devoir prévu depuis trois semaines...
- Sur quoi?
- Tu vas rire ....
- Fais moi rire!
- Socialisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875 ou médias, opinion publique et crises politiques sous De Gaulle... ouarf !
- Ah ouais, ce truc! Donc c pas bon mais tas pas été bonne paske ça te faisait chier donc peuvent pas être bons non plus. Tu proposes une correction ?
- nan.... Pas de correction.
J'ai fini pas aimer mais pas eux, et puis trois semaines pour apprendre c'est pas assez, dont les vacances de Noël, les pauvres chéris....
- ça c'est nul! un devoir sans correction, pour être guidé, c'est utile, je te désapprouve. Ils ont profité de leurs vacances comme toi (ajoute-t-elle perfide) .
- c'est de la restitution de cours, pas besoin de correction, mais t'as raison, je vais faire, c'était pour tester ta vigilance! Bravo, c'est ok, tu pourras remédier dans l'éducation nationale! Mais franchement pour apprendre quatre pages par coeur ils ont eu aussi ma semaine de voyage à Paris et depuis j'ai fait géo entre temps, donc j'abuse, plus de 5 semaines de révision c'est pas assez! On vit dans un monde de bisounours, je suis la méchante prof, qui martyrise les élèves et ne veut pas qu'ils réussissent.
J'applique le programme ... pas le choix même si c'est chiant.
- tu dois être un passeur
- amen! Franchement l'Allemagne, le socialisme et les syndicats, c'est fastoche, finger in the nose ....
- c'est ton job, si tu crois que unicité et diversité du vivant c'est mieux? Résultat des courses, au final ils ne savent pas ce qu'est une cellule végétale ou animale ou un syndicaliste!
- Ouais et les Spartakistes? C'est utile, hein? On s'en branle grave, surtout qu'à cet âge on ne comprend rien aux mots en isme, et on les confond tous entre eux ....
- je comprenais les mots en isme à cet âge ... On était plus politisé à l'époque et moins abruti par les séries télés ...
(C'est pas moi qui le dis ..)

Amen!
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