lundi 14 février 2022

L'évènement de Audrey Diwan (2021)

Enfin un chef d'oeuvre, un film dans lequel on entre sans se poser de questions, ni regarder sa montre, ni penser au quotidien et aux mauvaises herbes qui poussent dans le jardin! Je recommande vivement, l'évènement d'Audrey Diwan (2021) Lion d'or à la Mostra de Venise, récompense hautement méritée.  


J'ai lu tous les livres d'Annie Ernaux,  découverte lorsque mon fils était en seconde ou en première et qu'il devait lire des romans et en faire l'analyse. Comment avais-je fait pour passer à côté de cette écrivaine remarquable dont les écrits résonnaient tant en moi? Les Armoires vides, la Place, l'évènement, la femme gelée, les Années. 

Le film est une oeuvre à part entière, il peut se voir sans avoir lu le livre. Je cite le Monde,: "Au-delà de son sujet, L’Evénement a cette forme simple et radicale – sorte de journal filmé, au cadrage serré – qui fait l’étoffe des grands films, pour peu que l’actrice principale y soit exceptionnelle. C’est le cas de la comédienne franco-roumaine Anamaria Vartolomei, qui incarne Anne."

J'ai aimé la façon dont les années 60 sont reconstituées, sans excès, la chaleur des mois d'été et des bals où l'on danse, la justesse du jeu de Sandrine Bonnaire en mère usée par le travail peu habituée aux câlins, les garçons en cravate qui faisaient vieux avant l'âge, sûrs d'eux, libres et tellement égoïstes, les filles sublimes, solidaires : Brigitte, Odile, Françoise, Madeleine. Et cette fin qui nous réconcilie avec la vie et l'humanité!

Malgré l'arrivée de la pilule en 1967, je restais une jeune fille inquiète.  "Ne pas tomber enceinte" était l'anathème qui marquait l'arrivée des règles vers 12/13 ans avant même, dans les années 70, de savoir ce qu'étaient les règles, d'avoir vu un pénis hormis celui de son petit frère, de comprendre comment on faisait les bébés! Les quelques heures d'éducation sexuelle étaient données au lycée, j'ai le vague souvenir d'une projection ou d'un cours un peu appuyé sur la reproduction humaine avec quelques coupes anatomiques, le développement de l'embryon, la naissance, en bref un grand fatras qui arrivait déjà bien tard en terminale (dans les lycées publics)! Le reste on l'apprenait par le bouche à oreille dans des ricanements murmurés, feutrés, explicites ou pas. Pendant les boums, on flirtait beaucoup, on se pelotait souvent en se roulant des palots à bouche que veux-tu mais coucher, pas question, notamment quand on n'était pas "une Marie couche toi-là". Surtout morte de trouille de tomber enceinte, on vivait  la peur  au ventre (sans plaisir)! Enfin moi! Consulter un vieux gynécologue réac pour obtenir la pilule, (on se refilait l'adresse), consistait en un parcours du combattant, en parler à la mère revenait à avouer qu'on couchait (et ça ne se faisait pas). Les premiers rapports étaient forcément risqués car sans pilule et frustrants car toujours il y avait la consigne "ne pas tomber enceinte" ce qui aurait alors signifier la mort sociale, la fin des études, la merde! Avorter oui on y avait droit après 1975 mais à quel prix! 

Pouvoir acheter la pilule et en cas de pépins pouvoir avorter permettaient toutefois d'envisager la sexualité un peu plus sereinement. Cependant, la contraception restait largement une affaire de filles. 

samedi 12 février 2022

Les jeunes amants

C'est dans une salle immense (une fois n'est pas coutume pour la direction de notre cinéma) mais vide (nous étions cinq spectatrices) que j'ai vu le film les jeunes amants de Carine Tardieu. 



Voir un film c'est comme lire un livre, on y entre ou pas, on y vibre ou pas, mais en pire si on s'y ennuie sans oser s'en aller. L'image fascine et j'ai beaucoup de mal à sortir de la salle alors que je lâche volontiers un livre qui me tombe des mains ou sur lequel, dès la dixième page, je m'endors inexorablement. 

Voir un film c'est comme lire un livre il entre ou non en résonance avec nos états d'âme du moment. Je n'étais donc pas dans de bonnes dispositions!

Je me suis ennuyée surtout pendant la première partie et j'ai détesté le sacrifice de l'héroïne principale qui se sent trop vieille pour aimer, vibrer et préfère renoncer en décidant pour l'autre: le jeune amant qui bousille sa famille, heurte un poil sa fille célibataire qui ne croit qu'au coup de foudre (invention du XIXème siècle). Le propos sur tous ces sujets est stéréotypé, agaçant, gnangnan sans doute car il s'agit d'une femme âgée qui aime un homme jeune. Aucun homme âgé qui s'envoie en l'air avec une jeune femme souvent très jeune (je pense au couple de Cassel par exemple) ne dit qu'il n'a pas d'avenir pour elle (il va mourir bientôt ce qui est une réalité) et lui conseille de partir en courant! L'homme mûr n'a pas ces états d'âme, il n'est pas vieux, il exhibe sa jeunette (même si elle n'a que 20 ans de moins que lui) comme un trophée. 

Tout le long du film j'ai surtout été agacée par la cuculterie du propos (je suis trop vieille, malade et quasi mourante), le sacrifice de l'héroïne qui  refuse le bonheur et résiste à la mièvrerie des premiers mois de la passion amoureuse. Il est vrai que dans l'histoire elle est également  malade ( ce qui nous guette tous à cet âge-là),  gérer la maladie devient alors compliqué. 

Le jeu des acteurs, et notamment des seconds rôles, est formidable et sauve le film : excellente Catherine de France dans le rôle de l'épouse trahie dévastée par la tromperie, l'abandon (scène jubilatoire du bouquet de roses qu'on aimerait avoir vécue). Le scénario ne tient qu'à un fil et quelques ficelles: le tgv Paris-Lyon, les barres d'immeubles. On échappe à l'ascenseur et aux portes qui s'ouvrent ou se ferment, quoique ... 

jeudi 13 janvier 2022

Sauver le service public! Non à la privatisation!






Ce matin vers 11h30, la sonnette résonne, étonnement de ma part puisqu'il est rare qu'on l'utilise et que je puisse avoir de la visite spontanée en semaine. Je n'attendais pas de colis et j'ai pensé : démarchage de ramoneurs, vendeurs de balais et de brosses, voisins à la recherche de leur chien ou de leur chat, heureuse visite du chauffagiste que j'attends depuis 8 jours ou du jardinier depuis 3 mois!  
Que nenni! Un grand gars en costume de postier crotté comme un porcher dans une soue à cochons, tout mielleux, s'avance dans mon chemin. Recommandé en main, il me dit gentiment " j'ai un recommandé pour votre voisine qui est absente et j'ai oublié mon stylo ce matin, pouvez-vous m'en prêter un pour rédiger l'avis" ... Ben voyons! Je pense qu'il aurait aussi accepté un petit café voire un gorgeons, une gnole bien serrée,  chaudement installé sur un coin de table de ma cuisine mais je n'avais pas vraiment envie qu'il entre. 
Je lui ai donc apporté l'instrument professionnel oublié en pensant qu'à ce rythme la tournée allait s'éterniser! 
Nous papotons benoîtement (il  me demande l'heure et la date), j'enfourche mon dernier cheval de bataille: la non-livraison du journal le Monde le samedi matin! 
Il me répond ce que je savais déjà: pas de tournées le samedi matin sauf pour livrer les colis, sinon pour le reste, la distribution se fait sur la base du volontariat quand de hardis facteurs acceptent deux secteurs en un et de se lever le matin! 
Inutile de se battre pour sauver la poste puisqu'elle a déjà rendu l'âme, elle est devenue une entreprise privée qui reçoit une délégation de service public. Elle n'assure pas ou mal ce service, la distribution ne se fait pas  le samedi et tous les autres jours où elle ne trouve pas de contractuel(le)s payé(e)s au lance-pierre ou de volontaires avides d'heures supplémentaires.    
Afin de me remercier du service rendu,  il me dit " bon, je verrais si je suis en état samedi matin pour me porter volontaire et distribuer le courrier dans le quartier". Il se sentait probablement redevable. 
Il remonte dans sa voiturette électrique couverte de boue! 
- Fichtre, lui dis-je, mais d'où venez vous? 
- C'est plein de boue sur les chemins proche du Minaouet. Ce n'est pas vraiment un 4X4 mais c'est certain que ça en a tout l'air.
- Et vous assurez aussi l'entretien de l'engin?
- Oui et j'ai intérêt car Régis le titulaire que je remplace, va péter un cable! Le problème est que je ne peux pas utiliser le Kärcher car le moteur est électrique ...J'attends la fin de semaine avant le retour Régis le méticuleux pour lui rendre son éclat.  " 
Je l'imaginais à la fin de la tournée, balai-brosse en main, en train de décrasser la mini-comtesse pour qu'elle rutile à nouveau ... 
La visite m'a mise en joie! 

Mais finalement pour dire quoi? 
Que le service public est menacé, que râler contre les fonctionnaires et prévoir leur suppression et la diminution des effectifs, c'est se priver de tout ce qui a fait jusqu'ici de la France un pays riche, où il fait bon vivre et qu'à terme ce pays où il suffit de dire "j'ai le droit" pour obtenir des services n'en a plus pour très longtemps... 
Plus de postiers
Plus de cheminots 
Plus de soignants 
Bientôt plus de profs 

mardi 4 janvier 2022

Julie en 12 chapitres.

Julie (en 12 chapitres), un film de Joachim Trier 


J'aurais fait n'importe quoi pour aller voir ce film! L'affiche, les critiques de ma presse préférée (Télérama et Le Monde) m'y encourageaient fortement! Je n'étais toutefois pas prête à sacrifier une randonnée sur l'Aven et un bain à Port Manech! 

Bien m'en a pris puisque ce n'est pas le chef d'oeuvre attendu ... Loin de là! Le titre norvégien conviendrait mieux La pire personne du monde que le lumineux Julie (en 12 chapitres) ... 

Le film est long 2h08, je n'aime guère ces durées souvent pesantes pour un film qui aurait largement pu être réduit de 20 bonnes minutes. Je n'ai certes pas dormi ce qui est le critère d'un spectacle regardable jusqu'au bout (et pourtant pas de sieste et une copieuse séance de natation le matin). 

Cependant, Julie se perd et nous perd, le sujet est agaçant et je ne suis pas certaine qu'un réalisateur puisse évoquer les états d'âme d'une femme sans les caricaturer, la psychologie frise le commentaire de bistrot. En vrac,  le père absent, le mansplaining, une brève histoire des femmes et de la maternité à travers les ascendantes de Julie, les mecs autocentrés, le désir d'enfants (ou non), le temps qui passe, la sexualité, le travail, la maladie, la mort, bref le film est un fourre-tout plaisant certes mais un poil ennuyant. Les actrices et les acteurs sont beaux et jouent très bien! 

Pour la beauté, c'est loin d'être le cas des acteurs du film franchouillard mes très chers enfants avec Josiane Balasko et Didier Bourdon. La réalisatrice ne s'attarde pas sur les états d'âme de trentenaires inquiets pour la planète ou en recherche d'équilibre et de bonheur, mais ceux de vieux cons abandonnés par leur progéniture également trentenaires mais ingrats, vulgaires et attirés par le pognon! Pas de psychologie de comptoir et un happy end bon enfant après une leçon de morale.  La caricature est grotesque mais affichée, on rit un peu...

Deux films aux antipodes ? Pas tant! 

mercredi 1 décembre 2021

Le musée de la chasse et de la nature

Le musée de la chasse et de la nature a fait peau neuve. J'avais très peur qu'il perde son côté cabinet de curiosité! Ce n'est heureusement pas le cas et je conseille vivement de le visiter. 



Les salles principales ont été toilettées ainsi que les animaux empaillés, les combles agrandis, aérés et éclairés. L'exposition des oeuvres de la plasticienne Eva Jospin s'inscrit tout à fait dans les rapports qu'entretient le musée entre l'homme et l'animal. J'aime les rêves dans lesquels elle nous plonge, les odeurs de forêts sans champignons ni feuilles mortes. 

Le musée est un petit bijou au sein du Marais, un quartier où il fait bon musarder en dehors des week-ends. Certes, il est politiquement incorrect d'aimer ce petit musée et on s'indigne en voyant ces magnifiques animaux autrefois chassés et tués par des brutes épaisses,  avides de trophées et de gloire, on peut à juste titre détester la chasse et ses chasseurs mais paradoxalement  trouver du plaisir à s'y promener, être à chaque fois emporté dans un monde étrange d'un autre temps. 



vendredi 24 septembre 2021

La confiture de myrtilles

Vue du Peyre Arse, 1806m, Cantal. Au fond le Puy Mary. 



Lundi, le temps était à nouveau beau et sans menace d'orage, une météo idéale afin d'effectuer une des plus belles randonnées des monts du Cantal : le Puy de Peyre Arse. Le pépère culmine à 1806 mètres, il est plus haut que le Puy Mary, (1783m, façon rocher coco) moins que le plomb du Cantal 1855.  Il sépare les vallées de l'Impradine et de la Santoire si chères à Marie-Hélène Lafon dont j'adore les romans et que je conseille fortement. Il est surtout plus difficile d'accès que les deux autres. On peut l'atteindre de trois manières, soit par le Puy Mary (des marches) puis le passage raide, escarpé de la brèche de Rolland, soit par le Col de Cabre, soit par la crête, pas balisée mais bien tracée, au départ de la Courbatière sur la commune de Lavigerie. Ce fut notre option ...Le cheminement est aérien, il est préférable qu'il n'y ait ni brouillard ni vent (ou peu), on passe réellement en crête la plupart du temps. Sujet au vertige, s'abstenir! La vue et le paysage sont sublimes. 

A midi, il était temps de manger et de se reposer, idéalement sous le Puy au soleil, au milieu des champs de myrtilles ..... taddahhhh! 

13h15 V. a envie de ramasser des myrtilles (elle a ce fantasme depuis mars et a emporté des pots). Je grogne sur l'impossibilité puisque nous n'avons ni contenant et ni peigne... Qu'à cela ne tienne, nos boîtes à pique-nique bien essuyées peuvent faire l'affaire! "Si si, je t'assure, regarde, c'est nickel, elles sentent encore un peu l'oignon mais on rincera les fruits. " 

13h30, de mauvaises grâces je me "poque" près d'un buisson et je commence à cueillir des fruits qui colorent les doigts en deux temps trois mouvements.





13h35, le fond de la boîte n'est toujours pas recouvert. Je souffle, je tente une diversion soulignant qu'on n'a pas de sucre! Objection balayée d'un "on ira à l'épicerie de Dienne". 

13h40, je tiens la boîte commune mais ce n'est pas vraiment pratique, d'autant qu'elle peut se renverser! On nettoie donc la deuxième afin d'être plus efficaces et on partage le butin de la première pour soulager ma souffrance de devoir tout recommencer. 

14h, je râle qu'on crève de chaud, que ce n'est pas humain, qu'il y en a assez et que mon syndicat interdit de travailler sous un tel cagnard ... En vain! Je sue sous le burnous, V. est intraitable me faisant miroiter  à quel point je vais me régaler.  

14h10, je souligne qu'on en a déjà pas mal, de quoi faire deux pots et que je suis fatiguée, qu'on va tarder à descendre et arriver à la nuit. Elle ricane, en septembre, à 21h il fait encore presque jour, et de toute façon, une fois les boîtes remplies, on ne peut en ramasser plus. On continue!

14h11, je tente la bordée d'injures, façon charretier...J'égraine "p...m...ch...c...ça me p...les c...". Elle rit mais ne cède pas. Je pourrais faire la grève de la cueillette mais ne pas partager les pots est impensable..

14h15, mon short est violet, je me suis assise sur une touffe, mes mains noires, les boîtes presque pleines. De hardis randonneurs passent, ils font diversion, le "gars que sait" mène la troupe, il plaisante, n'a pas peur du mauvais temps qui menace sur son tour des monts du Cantal, a donné les bonnes consignes à sa femme pour qu'elle choisisse de bons hôtels... Un gars normal quoi, un gars qui sait. 

14h30, les boîtes sont pleines, je crie victoire, je n'ai cueilli que peu de feuilles ... C'est propre et efficace, pas comme celle de V. où les fruits sont un peu mélangés aux feuilles ... Je ricane. 

14h31, on reprend notre descente vers notre point de départ par le col de Cabre, une douce pente, dans une belle vallée en U où coule la Santoire. 

17h, opération sucre. L'épicerie de Dienne est fermée! En septembre, il n'y a plus rien d'ouvert! On doit filer sur Murat afin d'acheter notre kilo de sucre! 

18h, bière, chips et tri des boîtes afin d'éliminer les branches et les feuilles. 

19h, V. lâche sur la cueillette, un kilo de sucre. Le tout macérera jusqu'au lendemain. 

On a fait quatre pots, je salive à l'idée de l'étaler sur une brioche fraîche au petit déjeuner. 

PS: Mercredi on a cueilli des mûres ... 

PPS: jeudi on a cueilli du sureau...Il était temps de terminer les vacances, elle a fait déborder le jus, une mare sucrée partout sur la gazinière, à tous les coups elle frisait le burn out! On aurait fini par ramasser des glands ou du gratte-cul, poser des pièges à lapins. 





 

samedi 4 septembre 2021

La définition du bonheur de Catherine Cusset, Paris, Gallimard.



J'ai évidemment tiqué lorsque l'autrice introduit son roman par la lecture d'une clé USB donnée par le fils de la défunte dont il est question dans le livre! J'ai alors songé aux introductions laborieuses des rédactions que nous rédigions, chaque semaine, en primaire puis en collège. Souvent, le "truc" (elle ouvrit la lettre, ...le journal commençait par ... je découvris un manuscrit.... etc...)  permettait un déroulé aisé et plaisant du récit, mais, parfois, je n'arrivais pas à décoller et je restais bloquée sur ce "truc" d'une affligeante platitude. 

En d'autres temps, le livre me serait tombé des mains, mais là, il s'agit d'un ouvrage de Catherine Cusset, autrice brillante que j'affectionne particulièrement! 

Malgré la banalité des biographies des deux protagonistes qui courent sur plus de 40 ans, le récit est addictif, il y a "un je-ne-sais-quoi" qui passionne, un talent réel pour décrire les ambiances, immerger le lecteur à Hyères, Brooklyn, Crozon,  ou le Marais à Paris. Les femmes dont il est question, sont magnifiques et selon un mot à la mode "puissantes" malgré leur banalité. 

Bref, j'ai aimé et je ne saurais pas vraiment dire pourquoi sauf à enfiler les perles. Ce livre a comblé en moi une curiosité et pourtant je n'y ai rien appris ( cf l'ouvrage de Michel Winock) si ce n'est la manière dont les personnages habitent le monde et se comportent... (lire l'excellente critique du Monde) . 

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