samedi 31 janvier 2015

Si j'avais su ...

Des "si j'avais su", comme m'a dit Véro de manière si spontanée, si tu savais comme j'en ai eus! 


L'idée m'est alors venue d'en faire un livre, au moins un billet de blog! D'autant qu'on peut faire un billet fourre-tout de n'importe quoi et multiplier à l'infini la liste des regrets!
Si j'avais su, je "serais pas venu"! N'est-ce pas dans la guerre des boutons qu'un petit morveux, exprime sa peur des combats à venir? J'en ai une vague idée! 
Si j'avais su, j'aurais pris le taureau par les cornes au lieu de me liquéfier sur le canapé, me demandant ce que j'avais pu rater. (J'avoue que les mots ont un drôle de pouvoir !)
Si j'avais su, à 15 ans,  j'aurais joui sans entrave du baiser baveux et langoureux de Machin au lieu de me dire qu'il était trop beau et trop intelligent pour moi, alors qu'aujourd'hui je l'ai vu si moche sur copains d'avant. Bouh, le jeune premier de mon adolescence boutonneuse, qu'il est devenu gros et laid! 
Si j'avais su, j'aurais mis une robe moulante, un décolleté pigeonnant et j'aurais dansé comme une damnée lors des soirées que j'ai pu faire le cul vissé sur une chaise par peur d'être ridicule! 
Si j'avais su, j'aurais fait quatre enfants et peut-être même cinq. Certes, il aurait fallu que je commence plus  tôt mais franchement, je regrette! J'aurais acheté une Renault espace, on aurait fait grande tablée joyeuse et là je serais encore en train de moucher le dernier.
Si j'avais su, je serais partie bosser à l'étranger, pas trop longtemps, juste le temps de voir du pays! Au moins, sans avoir vraiment sauté le pas, j'ai insufflé à mes enfants cette envie de grands espaces et de voyages!
Si j'avais su, j'aurais vécu à Lille quelques années, j'aurais pu, je pense, y faire de grandes choses.
Si j'avais su, je me serais davantage botté le cul pour agir au lieu de le laisser scotché sur le canapé à mater la mer. Elle sera toujours là demain mais je peux être la reine de la procrastination sans faire avancer le schmilblik. On ne se refait pas et quand bien même je le sais, je regarde la mer!
Si j'avais su, j'aurais pu être journaliste, même si on passe plus de temps à décrire la partie de pétanques du quartier, près des lavoirs ou le dernier repas des anciens à Glomel qu'à parcourir le monde en quête de grands reportages! J'aime les journalistes qui pensent réellement révéler la vérité, dénoncer les injustices, qui ont tellement la foi dans ce qu'ils font! Ce n'est pas pour rien que je me suis formée afin de guider les élèves dans la lecture et l'écriture de presse.
Si j'avais su, j'aurais été plus gentille et plus proche de mon père qui allait mourir des suites de son cancer du rein. Je savais sans doute, mais sans le réaliser vraiment ; lui aussi savait mais il a continué à faire comme si de rien était! Sa force était le silence, être muet, toujours, tout le temps: une statue de pierre à la peau des bajoues toute douce, silence qui n'aide pas vraiment à grandir.
Si j'avais su, j'aurais mieux appris à dire non, du moins à le faire sans culpabiliser, pas facile! Il est toujours temps (note à moi-même).
Si j'avais su, je n'aurais pas écrit ce billet. Su quoi?
Et toi, si tu avais su?

PS Si j'avais su, j'aurais mieux relu ce billet bourré de fautes d'orthographe! Honte!



jeudi 29 janvier 2015

Fuyez! Partez! Quittez-la!

Le primate de droite a trouvé une nouvelle façon de conchier la France avec Charlie!


La France est foutue! Ce pays est moribond, quittez-le, fuyez vers des pâturages meilleurs et toujours verts! Il est vérolé par ces feignasses de syndicalistes qui contribuent à faire couler les boîtes, d'ailleurs, à n'en pas douter, il s'agit de leur objectif ultime, obtenir le chômage pour rien foutre et vivre grassement aux bons soins de l'état. Ce dernier, loin de faire de économies, aggrave consciemment le déficit en créant des boulots de fonctionnaires à 35h, que dis-je 32h qui mangent sur leur temps de travail et ne connaissent rien à rien. Ont-ils d'ailleurs jamais investi 200 euros de leur vie dans quelque chose? Savent-ils ce qu'est le risque, de bosser 70h par semaine, de suer sous le burnous pendant que la clique peigne la girafe?
Ricanez veaux que vous êtes, béats satisfaits mais qui paiera votre retraite quand nous serons tous partis? 
En Suisse? Au Luxembourg? En Afrique? 
Pourtant, je m'étonne: "quoi Sarkozy coûte autant à la France, à nous, à moi alors qu'il n'est plus président (+Giscard et Chirac) et qu'il a fustigé pendant tout son mandat ces feignasses de fonctionnaires dont il voulait tordre le cou? Quoi la presse de droite, le Figaro et les Echos crachent honteusement dans la soupe des subventions alors qu'ils touchent le plus?" ...
L'herbe est effectivement plus verte ailleurs pour l'aveugle "bourré de tunes", mais il y a un majorité de couples avec enfants qui ne vivent qu'avec deux modestes salaires, et qui, toutefois,  arrivent à mettre 300 euros de côté afin de se payer la maison de leur rêve, vivent, sans se plaindre, sans fustiger et accuser la terre entière de ne plus rien avoir pour vivre car les impôts leur ont tout pris! Et Dieu sait si ils aimeraient gagner plus mais la France leur offre l'école (enfin la chaleur d'une salle de classe à 34) et les soins presque gratuits, des transports en commun pas trop cher, un cadre de vie épatant, une sécurité paisible, des dentistes au top qui vous liquident en un rien de temps des dents de sagesse comme qui rigole, à un tarif tout à fait raisonnable et en toute sécurité! 

lundi 26 janvier 2015

Une virée en montagne ...

Une fois n'est pas coutume, j'ai visité le centre Bretagne! La virée m'a rappelé à bien des égards, les longues journées de compétition de natation, des enfants,  dans les fins fonds des Monts d'Arrée. Bigre, c'est du lourd! Chateauneuf du Faou, Pleyben, Gouezec...

Bocage à l'infini, haies fournies et drues, collines et virages, patelins déserts comme le plat de ma main, la Bretagne, que dis-je la France du vide! 
Voyage en terre inconnue...
Certes, ce n'est pas sans charme, le temps d'une balade entre copines, autour d'un déjeuner de roi et de reine: un risotto aux cèpes cueillis dans les bois voisins de Brennilis (même pas peur de la centrale démantelée), coquilles Saint-Jacques grillées, tarte aux pommes faite  maison.
Des montagnes, en crêtes acérées,  on devinerait presque la mer, là-bas au loin, on la sent même si il y fait plus froid, si la campagne pèse plus lourd et si mes vieux démons se réveillent avec l'envie de me pendre à un chêne!
Il doit bien y avoir quelques touristes l'été qui viennent découvrir les enclos paroissiaux, le calvaire de Pleyben, goûter au kig Ar Farz, écouter des contes qui évoquent l'enkou, les lavandières de la nuit, les korrigans, la légende de tonton Fanch et les elfes.
Mais l'hiver ? A part marcher dans les chemins creux gadouilleux, pousser jusqu'à la côte vers Morlaix, ratisser les feuilles mortes, que faire?
Je ne suis même pas sure que la retraite soit propice à la création littéraire ou artistique, surtout lorsque, comme en janvier ou novembre, il pleut des cordes à longueur de journée.
Mes hôtes n'étaient pas en sabots, ni en coiffe, ils avaient la 3G et même internet. Pour autant le lieu ne m'a pas fait frémir comme en Croatie, en plein milieu des forêts de conifères lorsque j'imaginais les champs de neige propices au ski de fond. A la Feuillée,  à part la cueillette des champignons et à la  rigueur la pratique de la chasse, ami, passe ton chemin! Quoique dans le parc régional naturel d'Armorique, je ne suis pas certaine qu'on puisse chasser le gibier!
Je fantasme toutefois sur une future virée et pique-nique à la cueillette des huîtres sauvages avec vin blanc, sur la côte nord et sur une randonnée au Huelgoat (il paraît qu'on dit à Huelgoat) avec sardines de la Belle-îloise, en plein été ou au printemps, par beau temps!
Le retour en fiat 500 à fond les ballons a bien failli nous mener à Brest, un coup de folie, une erreur d'orientation, tous les talus étant marronnasses, à beugler comme des ânes sur Freedom!
Elle n'est pas belle la vie?



samedi 24 janvier 2015

Soumission de Michel Houellebecq

Je sors hébétée de la lecture de Soumission de Michel Houellebecq! Cette fiction qui peint la mort de la civilisation européenne est désespérante même si le bougre réussit à me faire rire, comme d'habitude! 

Ce livre est une réussite puisqu'il prend aux tripes, vraiment! J'ai glissé après avoir beaucoup ri des descriptions qu'il fait du monde universitaire et de ses travers, de notre société actuelle, vers une désespérance qui, à bien des égards, me semble parfois possible. C'est toute la force de ce roman, subtil, bien écrit, et pourquoi pas, visionnaire? 
Bref, Houellebecq nous promet un monde où les femmes seront enfouies sous des tonnes de tissus, juste bonnes à contenter des vieux barbons aux cheveux gras, ventripotents et souvent répugnants, qu'elles partageront avec des jeunes filles choisies pour la reproduction! 
Le monde qu'il nous décrit est devenu fasciste, la facilité avec laquelle tous s'y habituent me fait largement penser aux plus sombres années de notre histoire européenne! 
L'angoisse naît de l'idée qu'il s'agit de la seule issue à la crise des valeurs que connaît la France. Les hommes adhèrent et se soumettent sans trop se poser de questions,  les femmes, quant à elles,  ayant peu à peu disparu du paysage, n'ont plus leur mot à dire. 
Il n'y a que Myriam ayant quitté le pays pour Israël, à temps, qui porte ici un quelconque espoir, mais la mémoire du héros finit par l'effacer, lui supposant un avenir difficile!

mercredi 21 janvier 2015

Une vie simple

Rentrer chez soi, mettre un peu de musique, lancer le poêle pour une chaleur douce, cueillir un bouquet de camélias, le poser sur la table, s'y installer devant l'écran ou les pages papiers du journal, admirer le couchant de plus en plus tardif sur un ciel apaisé, enfin. 

Goûter le calme, la quiétude, la solitude aussi. 
Se souvenir des bons moments, récents et plus vieux. 
Les pluies torrentielles me pèsent, on ne peut guère sortir. Quitter la voiture et rejoindre les bâtiments du lycée relèvent du parcours du combattant, surtout sans parapluie, courir la tête entrée dans les épaules, penser à Blade Runner de Ridley Scott, immanquablement. 
Le film m'a durablement marquée, j'y voyais à l'époque un avenir possible pour la planète. J'en ai gardé le souvenir d'une réflexion sur la liberté et l'humanité, sans vraiment me souvenir de l'histoire d'amour entre Harrisson Ford et la réplicante, dénomination qui m'est restée. Il est fort probable que ces souvenirs sont passés à la moulinette d'une très large interprétation.
Mais questionnons Google et surtout Wikipedia
J'ai à peu près bon sur la date de sortie du film 1982, 33 ans. C'est vieux! Ce matin, mes élèves à qui je racontais avoir regardé en janvier 1991 les premiers bombardements sur l'Irak à la télévision pendant les cours, avec ceux d'alors en seconde,  ont fait "oh là là" .. de surprise. Cet après-guerre froide, avait à l'époque suscité des longs débats, y compris en classe. Les terminales d'aujourd'hui sont nés en 1997, pour la plupart et j'ai bien l'air d'une grand-mère à ce compte-là! Ils se fichent bien comme d'un guigne de ce qui se passe  en Irak! A la limite le dernier match de foot les passionne davantage et surtout qui sera sur la photographie du journal parmi les supporters!

Blade Runner est aujourd'hui un film culte et une référence cinématographique aux Etats-Unis. 

lundi 19 janvier 2015

Zouzou

Un petit film épatant qui ne parle que  de cul (ou presque): Zouzou de Blandine Lenoir! 

Zouzou, 15 ans, s'envoie en l'air dans la maison familiale en présence de sa mère, sa grand-mère et ses tantes. Cette première fois ne se passe pas très bien pour l'amoureux, ils finiront, avec succès, dans l'étable voisine tandis que tout le monde les cherche!

Le propos est l'occasion d'un échange fabuleux entre toutes les générations, les soeurs et les copains rapportés, un régal! Les dialogues sont interprétés aux petits oignons par une palanquée d'actrices excellentes.
Je le conseille vivement à l'ado rebelle, pour qui, parler de sexualité s'apparente souvent au sale! Je ne sais pas vraiment d'où lui vient cette idée, sans doute que les cours menés tambour battant par sa prof de lycée, n'ont pas vraiment réussi à faire passer le message que l'amour rend joyeux!
Toujours est-il que dans le film, la petite soeur, jouée par Laure Calamy, rayonnante,  appelle un chat un chat et que ça fait drôlement du bien. Les portraits des femmes sont très sensibles, beaux. 
Le film est parfois foutraque, déjanté, mais j'aime les petits détails que l'on remarque à peine, façon Gaston Lagaffe, qui font du film un petit documentaire léger du quotidien. Je me tords de rire à chaque fois: la folle dingue qui descend la bouteille de prune et se colle à la vitre du salon, pour rien, les petites culottes à sécher, la mère amoureuse, les trois hommes du film beaucoup plus dingos que les nanas!
Alors oui les critiques sont parfois dures ou enthousiastes mais ne boudons pas notre plaisir, cette jeune réalisatrice mérite qu'on la soutienne et que son film soit distribué davantage et pas que dans une seule salle de la région parisienne à midi 30! Heureusement qu'en province, quelques clubs de cinéma assurent la promotion de ces petites pépites, merci la secte qui pour une fois a osé la légèreté et non le film afghan qui te donne envie de te pendre au premier arbre venu avec la ceinture de ta robe de chambre!
Allez-y et faites en la promotion, le film le mérite vraiment pour les dialogues, les actrices, les trouvailles, la chaleur humaine qui s'en dégage. 

samedi 17 janvier 2015

Michel!

Michel aurait probablement aimé son enterrement! 

Tout y était, la foule, les très beaux textes lus par ses fils, la jolie petite église et les gags de la cérémonie! 
Pas de curé puisque l'espèce se fait rare, mais un diacre, bafouilleur et ses acolytes, un pseudo bedeau et un chanteur qui a dû rêver toute sa vie d'être chanteur pour dame, veste bleu ciel et cravate rose. Il   détonnait franchement par rapport à la foule en noir, il ne manquait plus que les claudettes. 
Le diacre ne savait jamais qui devait lire les textes, perdait ses papiers, s'est trompé dans le lancement des musiques, mais comme il l'a si gentiment signalé, ça n'avait aucune importance! Il s'est fendu d'une belle paraphrase d'un texte de Saint-Jean qu'il avait lu au préalable, atteignant probablement à ce moment son heure de gloire écclésiale!
Le bedeau vers la fin de la cérémonie a passé la panière afin que tous nous participions au paiement du chauffage qui soufflait derrière notre dos! Une fois la quête achevée, il s'est empressé d'aller l'éteindre tandis que nous sommes restés encore un bon quart d'heure à nous peler les miches, un poil cocufiés par tant de fourberies! Il n'y a décidément pas de petits profits! Le maintien en vie des petites églises paroissiales en terre impie, les garder hors d'eau, ne s'embarrassent pas du confort des fidèles!
Puis, nous avons défilé afin de rendre un dernier hommage au défunt, mais, je ne sais pas pourquoi l'énorme goupillon n'a jamais voulu tenir dans le bénitier quand je l'y ai replongé après avoir copieusement arrosé le couvercle et sa croix. L'émotion sans doute! J'ai  tout fait valdinguer au pied du cercueil dans un tintamarre de gamelles qui a dû faire sourire Michel! Ma première idée fut d'aller au robinet tout en réalisant que c'était loin d'être de l'eau bénite qui en sortait! Michel a dû penser qu'il ne méritait pas de finir à sec! 
Repose en paix, Michel dans le très beau cimetière de Tréboul, face à la mer, sous les coups de suroît!  Tu fus le premier concarnois que je rencontrai, (enfin né à Bamako), l'indéfectible ami débrouillard et débrouilleur de cafouillages. Tu n'hésitais pas à tes risques et périls à monter sur une chaise branlante afin de consolider une tringle de rideau et dieu sait, si j'en avais, après le récit que tu en faisais, des sueurs froides! 
Je me demande aujourd'hui comment je vais faire sans toi, sur qui je me déchargeais entièrement des situations que je détestais! Qui va me donner les doubles des contrats que j'entasse n'importe où au fur et à mesure qu'ils arrivent  mais que tu gardais précieusement au cas où je t'appelle pour que tu me sauves de ma phobie administrative? Certes,  j'en rajoute un peu et c'est plus par paresse que je me reposais sur toi. Je te savais présent, j'aimais aussi ta philosophie de la vie face à ces soucis de santé que tu connaissais espérant avoir tout le rab qui est bon à prendre et qui se sirote en père peinard,  ta façon de descendre la rue de la gare, avec ton écharpe au vent, ton habitude de tout noter pour ne pas te perdre, ton honnêteté, ta gentillesse dont tes fils sont aujourd'hui, à n'en pas douter, les dépositaires. 
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