dimanche 19 mai 2013

Immortelle randonnée de Jean-Christophe Rufin




Immortelle randonnée est un petit bijou qui se délecte comme un bonbon. Le propos, sans prétention aucune, est un régal d'humour et de réflexions sur le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. "Le chemin est une alchimie du temps sur l'âme (p.15)". J'ai beaucoup ri car Rufin a un vrai talent pour relater des scènes cocasses ou faire des portraits très attachants des pèlerins rencontrés. La façon dont il parle de lui, sans souci du ridicule, nous le rend très proche et particulièrement normal. 
Ce livre est publié aux éditions Guérin, spécialiste des récits d'alpinisme et de montagne dont je recommande la découverte: le Port de la mer de glace ou compagnons de bordée de Dominique Potard, excellentissimes récits qui font rire ...
Je n'aime guère les romans de Rufin, n'ayant jamais réussi à en finir, par contre je suis fan de ce qu'il écrit concernant son expérience professionnelle ou autobiographique. J'ai acheté le livre les yeux fermés, faisant peu de cas de la campagne de presse à laquelle se livre l'auteur, en aurait-il vraiment eu besoin tant le bouquin est excellent?
La Bretagne est également une terre de chemins qui la traversent de part en part. Voici quelques illustrations de notre envoyé spécial  à Le Saint pour la Saint-Pathik, championnat de France de descente freeride.
 Le Saint est une étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, entre Gourin et Le Faouët: "Passer devant la mairie. Prendre la direction de Langonnet à droite, on quitte le GR38. Dans la descente, prendre un chemin à droite, qui tourne à gauche puis descend en croisant deux chemins et arrive à un tunnel sous la D769. Tourner à droite et devant le bar de Toul Trink deux routes se présentent. Celle de gauche est l'ancien itinéraire décrit dans le guide 2008 (débalisé en 2013) celle de droite est le nouvel itinéraire plus court de 3km (2012), qui rejoint l'ancien à la chapelle Saint-Jean.
Le nouvel itinéraire passe devant l'ecobar «le violon vert» traverse la voie rapide puis oblique à droite jusqu'au croisement de la croix (entourée d'arbres)".

On peut s'y loger pour la modique somme de 16 euros, au gîte d'étape, Rue Cadéron 02 97 34 71 49 / 06 8176 76 92.  ...mairie.le.saint@wanadoo.fr 18places, cuisine, salle d'eau.

La photographie est la promesse d'un parcours plein de charme, depuis Moguerec et Loquirec, villages sur la Manche, près de Morlaix.

samedi 18 mai 2013

Une saison en enfer!


Jardiner au printemps c'est vivre une saison en enfer. Quand un espace est propre, environs 50 m2, celui qui a été nettoyé la semaine passée est à nouveau envahi par les mauvaises herbes. La pelouse pousse à vue d'oeil, encore plus lorsque la pluie accompagne un généreux soleil!

J'aime tout particulièrement désherber les gravillons, entre les arméries maritimes, ou oeillet marin, ou gazon d'Olympe ou gazon d'Espagne, de bien jolis mots pour une plante qui se reproduit très facilement sous les embruns ... Je pratique à la pioche raclant les racines prises dans la bâche qui recouvre toutes les allées puis je ratisse et récolte mon pesant de déchets verts. Entre les plantes, je dois pratiquer au couteau, voir au sécateur quand il s'agit de couper les ronces!
A chaque fois, je pense à notre désir de pureté en arrivant, refusant tout net que le jardinier, qui a préparé les espaces y pulvérise, du désherbant tellement violent qu'on ne pouvait replanter et semer avant deux mois. 
Le résultat tout à notre honneur est une invasion régulière d'ajoncs, de genêts et de mauvaises herbes en tout genre qui profitent du moindre trou pour pointer leur nez, des quelques centimètres de terre pour prospérer et me faire la nique!
Certes, l'activité est de plein air et peut parfois revêtir des aspects exaltants surtout lorsqu'elle s'achève par une bière sur la terrasse du seul café qui donne sur la plage,  en bonne compagnie .... mais c'est épuisant et je désespère d'en voir le bout.

jeudi 16 mai 2013

Jaune


Au printemps, la Bretagne est jaune et verte à cause de la pluie (quoique cette année nous ne remportons pas la palme) mais surtout jaune!
Genêts, ajoncs restent fleuris un bon mois, et mettent en ces froids de novembre un peu de baume au coeur! 
Ce matin, au réveil, je fus accueillie dans la cuisine par une longue chaîne de fourmis,venue chercher refuge pour fuir le gel et se régaler de sucre, elles traçaient  un chemin quasi rectiligne entre le frigo et la prise de courant de l'entrée (?). J'ai compris pourquoi, le pastis côtoie, dans mon cagibi, le flytox.... Je ne m'explique toujours pas d'où elles sortent, c'est le grand mystère d'une maison truffée de trous minuscules, invisibles à l'oeil aguerri, que seuls, le vent et les fourmis, réussissent à trouver... Tant qu'elles ne montent pas jusqu'à mon lit ! 
Je me souviens avoir habité un vieil appartement de centre ville à Angers où résidaient également des souris. Un jour de grand rangement, plongée dans l'armoire en formica qui tenait de guingois, j'ai découvert un nid, dans des vieux pantalons laissés à l'abandon. J'ai dû ensuite passer plusieurs nuits blanches, imaginant les souris courant sur mon visage. Nous avons truffé la maison de tapettes sans jamais en attraper mais y laissant un bon kilo de gruyère, en vain. La seule solution fut de mettre, dans des soucoupes, aux endroits stratégiques,  du poison qui tue raide, sur place. Un matin, en partant au boulot, nous étions tombés sur un gros mâle raide mort, la dépouille gisait en haut de  l'escalier commun. J'ai encore l'image en tête et je voue, depuis, une aversion pour ces bestioles, pas autant toutefois que pour les serpents.
Arrivés en Bretagne, notre chat, Gato déposait délicatement les mulots sur le rebord de notre fenêtre, afin de nous remercier des bons restes dont il était gratifié à chaque repas. Un jour faste, mon fils avait eu le bon goût d'attacher par la queue la dizaine de souris qu'il avait apportées,  sur une ficelle, comme une guirlande de Noël et de poursuivre les gens du quartier avec son trophée! Une chic idée qui ne fut pas  du goût de tous ...

mercredi 15 mai 2013

Keith Haring


.. je ne saurais trop conseillé la visite de l'exposition Keith Haring au Musée d'art moderne de la ville de Paris même si l'ado a trouvé que c'était étrange et toujours un poil pareil. Il faut je pense compléter la visite par celle du 104 qui expose les grandes oeuvres. Se munir d'un billet coupe-file: il me semble que c'est aujourd'hui la norme afin d'éviter la queue aussi longue que devant un magasin vide  à Moscou sous Staline.
Tandis que tous les tableaux montrent des bites de toutes tailles, turgescentes et forcément grosses comme un bras, adulées, acclamées, adorées, en action, au pilori ou pas, des cons, des couilles et des trous du cul, les commentaires primesautiers intellos évoquent, sans en mentionner l'omniprésence, la critique que l'auteur fait du capital, de l'exploitation de l'homme par l'homme, de la destruction de la nature etc.... Certes, il n'est pas non plus question des chiens qui mordent à tout va, des couleurs et du graphisme que l'artiste adopte dès le début (ce qui est toutefois mentionné) mais quand même, il est évident que cela reste une obsession du début à la fin! Or il n'est question de sexe qu'à la fin du parcours quand l'artiste meurt! 
Des esprits critiques dont j'apprécie toute la perspicacité ont pu s'étonner de ce black-out fait sur un objet de désir aussi visible ... Cela étant, il est probable que les commentaires validés par la direction de l'exposition s'inspirent directement des discours de l'artiste et de tout ce qui a pu être écrit sur lui.
J'ai trouvé l'expo épatante, comme tout ce que j'ai pu faire d'ailleurs! Je suis bon public....

lundi 13 mai 2013

Les pâtes vivantes


J'imaginais des pattes pâtes comme des bêtes sautant dans la poêle. Que nenni! 
Il s'agît d'un restaurant chinois, les pâtes vivantes,  ( ils sont tous chinois à nos yeux) qui pour une fois n'a pas le goût de l'huile frite et propose des plats goûtus avec des herbes ou des légumes frais et fraîchement cuisinés. Les pâtes sont faites sur place dans un aquarium où un cuisinier, à longueur de journée, allonge des tonnes de pâte à  pâtes afin d'en faire des filaments que nous mangerons élégamment en faisant des grands slurp, le nez au dessus de la gamelle. D'aucun feront gicler la sauce sur leur pull gris immaculé, qui s'incrustera en tâche élégante au dessus du sein comme une médaille de la légion d'honneur.
Les ados feront contre bonne fortune bon coeur , car des vrais pâtes, franchement, c'est meilleur et " je préfère" ... 
L'adresse  est à retenir car peu onéreuse, cependant le cadre du restaurant du 5è est un poil gourbiesque (mention spéciale pour les toilettes comme beaucoup de lieux d'aisance à Paris d'ailleurs, voir à ce sujet mon billet).

Par contre nous n'irons plus manger thaïlandais, ou alors il faudra que le cuisinier ait banni les épices de tous ses plats. L'ado rebelle et son père sont sortis avec des lèvres en feu, façon Emmanuelle Béart, tout juste s'ils ne clignotaient pas à chaque expiration, ou ne ravageaient pas tout sur leur passage comme des lance-flamme. L'eau et le vin n'ont pas suffi à apaiser leur souffrance par contre ils ont mangé la totalité du riz gluant, à sec. Sans hésiter nous faisons maintenant la différence entre thaïlandais et  chinois ou vietnamien qui restent plus adaptés à nos palais délicats ....

dimanche 12 mai 2013

Le voyage à Paris


Quand on rentre de voyage à Paris, ce qui frappe en arrivant c'est l'absence de voitures, (ni sur la route, ni garées le long du chemin), l'herbe qui pousse le long des fossés, le concert des merles dans les camélias chargés de lourdes fleurs qu'un simple frôlement d'épaule fait tomber sur le sol. Ce soir j'ai eu l'impression d'arriver en désert vert: vide le camping, vide la rue, hormis les poubelles déposées pour être vidées au petit matin, elles  signalent que les maisons ne le sont pas, que derrière les hautes haies nichent des habitants. 
J'ai dû, pour me réadapter, aller me baigner. Le bain, glacé, par vent d'ouest, dans une mer grise et agitée,  m'a replongée dans mon existence, a remis les habitudes en route. En revenant sur le sentier, j'ai arraché deux ou trois mauvaises herbes, anticipant sur le jardinage à venir.
Paris est une parenthèse enchantée pour celui qui n'y vient qu'en week-end,  un sujet d'émerveillement et de dépaysement.
A chaque séjour, je découvre de nouveaux quartiers, de nouvelles perspectives sur les toits de Paris, j'expérimente de nouvelles flâneries, des plaisirs que je n'ai pas chez moi: aller au cinéma à pied, faire une exposition par jour, un spectacle, un restaurant, une gâterie pâtissière. 
A l'arrivée à Orly, au trajet en RER, je préfère - quand on est trois- , celui en taxi guère plus onéreux depuis l'aéroport, il facilite une adaptation en douceur aux foules, aux odeurs et au choc de la densité urbaine. Il s'agit d'entrer dans le paysage, d'apprendre à lever la tête, ne plus simplement regarder l'horizon qui, d'ailleurs, reste obstrué. Et puis, il faut accepter les gens, tous, en grappes, pressés, pas toujours aimables, peu souriants. 
Les week-ends festifs sont plus agréables, on sent le relâchement, la balade tranquille, la pause salutaire avant de reprendre le chemin du métro-boulot-dodo. Les terrasses de café sont bondées, les bancs de pierre occupés, la foule est débonnaire, celle des touristes épatée et étonnée. Ces derniers ont le regard vif qui scrute à droite à gauche, tandis que le Parisien reste absorbé dans son bouquin, son téléphone ou l'oeil fixé vers le nom des stations, le siège devant lui ou la destination qu'il a choisie.
Je dois aussi rendre hommage à mon hôte qui nous reçoit dans le premier arrondissement et dont l'accueil, l'écoute et la disponibilité sont remarquables. Il ne peut, alors, y avoir de stress, - car la ville reste stressante- , au contraire, on prend le temps de déambuler, de sentir (pas toujours la rose), d'apprécier!
Un grand merci et une reconnaissance éternelle!

Les tontons et les guides "poules parisiennes" ...




Je me suis dit, que, connaissant bien Paris, je pouvais jouer" à la Parisienne" et donc user les guides-livres-ragots, type la Parisienne de Inès ou le guide d'une Parisienne à Paris de Deedee, 5 saisons à Paris.
Bilan ... peu objectif! 
Ces ouvrages restent très parisiens et je conseille aux provinciaux de continuer à se servir  du routard, du guide bleu ou du Michelin ou de tout autre guide spécialiste.
Il faut du temps, beaucoup de temps afin d'utiliser les premiers conçus comme un blog: billets d'humeur, ragots, conseils avisés en quête du dernier lieu branchouille, pas forcément intéressant pour le visiteur pressé, qui ne fait que passer quelques jours. Ces bouquins restent à l'usage interne, consanguins, foutraques.
Hier, nous avons imaginé pouvoir visiter la fondation Cartier sans billet coupe-file, ce qui fut, par ces temps printaniers et nuageux, totalement illusoire. Une queue longue comme un train laissait présager une bonne heure d'attente. Pour l'occasion, j'avais repéré dans l'ouvrage de Deedee, les Tontons, dans le 14ème,  rue Raymond-Lasserand: catégorie bistro, chapitre "mes restau d'automne" (pourquoi? moi pas comprendre). La présentation de Deedee dans le bouquin  est factuelle et  honnête, mais je ne suis pas sure que le détour en vaille la chandelle: antique, dans son jus bistro vieillot et pas ravalé,  en l'état, copieux pour 19.50euros, mais loin ; je qualifierais plutôt cette adresse de restaurant de quartier. Certes, celui-ci est  intéressant, faisant un poil province ou  village, intime mais à perpète...La vraie bonne idée fut de traverser le cimetière du Montparnasse et de poursuivre vers l'Institut du monde arabe dont l'exposition permanente présente des objets rares,  de manière thématique, et qui vaut mille fois mieux que la galerie récente des arts islamiques du Louvre ....