mardi 22 avril 2014

L'homme fait l'actu...


Ce matin, j'ai eu un choc, en découvrant la page entière du Ouest-France concernant le 36ème Spi Ouest-France-Intermarché : 17 portraits de bonshommes, chacun vainqueur d'une régate sur un voilier de gabarit différent. 
D'une part la voile, à l'évidence, est surtout une affaire de couilles, exclusivement,  hormis la magnifique Marie Bolou qui navigue en laser, dont au final on fait  peu de cas! Vous connaissez  l'espoir olympique française  en voile? 
D'autre part, me suis-je dit, la femme est bien peu visible dans l'actualité du jour. 
Dans Ouest-France, on la trouve au Burkina Faso, en grand-mère "qui carbure au solaire", en dernière page ; en Une, devant un rayon de volailles " le poulet français résiste", en publicité,  mais nulle part en page 2, 3, 4, 5, 6, 7 ; puis elle apparaît, en artiste ou à la cueillette du muguet, lorsque la presse se fait locale, "trou du cul du monde", elle participe aux entraînements spécifiques en trailers féminines page 9 (activité sportive qu'elle découvre), aux compétitions de twirling, aux Working On Women d'Albacete ou pour la défense des consommateurs de Quimper. 
Les femmes sont donc visibles plus fréquemment lorsqu'il s'agit de l'actualité très locale, pour des activités dans lesquelles elles s'investissent qui touchent au social ou aux sports dit féminins des petites communes. Elles disparaissent à nouveau dans les pages sportives nationales ou régionales laissant la place à un feu d'artifice masculin. 
Alors quoi? 
La femme ne fait pas de voile, la femme ne fait pas l'actualité, la femme est invisible.
D'aucuns me diraient mais elles ne veulent pas, elles ne font rien, elles se laissent aller, elles refusent, elles préfèrent rester peinardes à la maison à torcher les mômes... Ben voyons! 
Il est fort probable que le problème est beaucoup plus complexe et je laisse à mes blogueuses favorites engagées dans la cause des femmes la réponse à cette problématique choquante.

lundi 21 avril 2014

Week-end culturel ...



Pâques, ici, c'est roots
Point d'exposition Van Gogh, point de photographes mondialement connus, aucun spectacle international, mais les joies de la province chère aux Parisiens et aux habitants des grandes villes qui se la pètent et viennent chez nous humer le fumier des épandages, le fumet des algues en décomposition,  ramasser des coquillages et poursuivre  sur les  plages les mouettes et les goélands.
Une des grands occupations du week-end pascal, hormis la messe, reste le festival du livre et mer. Ce dernier qui existe depuis trente ans, n'a jamais réussi à prendre un envol régional, encore moins national comme par exemple les Etonnants Voyageurs de Saint-Malo. Non, il est resté confiné dans le catafalque noir que constitue le centre culturel local, aux murs tendus de tentures sombres cache-misère, sans lumière si ce n'est celles artificielles de quelques spots antédiluviens, ce qui sied à une salle de spectacle. Cette année pour égayer, ou alors parce que la minuscule salle de conférence à l'étage devait être occupée, une jolie tente occupait la rue pour les conférences où se pressaient une dizaine de spectateurs attentifs. Pour autant, il fallait faire la queue à la caisse pour entrer (3 euros) et la queue pour payer les deux ou trois livres achetés dans le meilleur des cas. Il fut un temps où la moitié de la ville recevait une invitation tandis que le pauvre nouvel habitant, ignorant les usages, payait plein pot, j'avoue avoir été dépitée à cette époque! Depuis, quelques passe-droits doivent bien exister mais le festival souffrant de la faiblesse des subventions ne peut plus se permettre de trop grande générosité. 
Quelques auteurs bravant l'ennui d'un dimanche pascal signaient leurs ouvrages, les habitués manquaient à l'appel ayant probablement d'autres rendez-vous plus prometteurs.

L'autre festival, plus confidentiel, au bar des Glénan,  faisait le plein, 500 visiteurs ou un demi millier, (ce qui fait plus classe sous cet angle-là). Il a  bénéficié  d'une publicité hors pair dans la presse locale, sur le mode humoristique, et de l'énorme capital de sympathie pour les organisateurs : le festival de la boule. Non ce n'est pas ce que vous imaginez, il s'agit de la boule de neige, celle qui fait rêver les enfants dans les boutiques de colifichets et autres babioles comme la mouette en plastique ou la poupée en habit traditionnel que l'on gardait précieusement dans  sa boîte de plastique à cordon, de peur qu'elle ne prenne la poussière. 
Les Chionosphérophiles se sont précipités en masse pour partager leur passion et la faire partager.
L'objet invite à la rêverie et au voyage, le collectionneur en a tapissé ses toilettes et comme il le souligne " dans 2 m2 je fais le tour du monde et je médite. La perfection de la sphère me plonge dans un monde rassurant et balisé". Pourra-t-on jamais mettre  sa vie en boule afin d'en attiser les bons moments?
Pour ma part, je n'ai qu'une boule, celle offerte par Sameplayer, il y a trente ans sur l'air de " tiens voici la première d'une longue série" mais c'est la plus belle! Elle  entraîne sur une petite musique de circonstance,  le père Noël et ses rennes autour du monde.

dimanche 20 avril 2014

Sales bêtes!



Tandis que je faisais mes emplettes de poissons frais chez Gisèle, en l'écoutant d'une oreille raconter comment elle avait payé de la grosse sole au prix de la moyenne, j'admirais le mur immonde de l'église, mur raté et indigne d'un lieu de culte,  mur bâclé type dancing, mur à pisse car fait de racoins propices à la vidange de prostate de ces messieurs s'il n'y avait pas quelques hortensias rabougris qui vaille que vaille tendaient vers le soleil leur future boule de fleurs bleues.
C'est alors que mon regard fut attiré par une scène cruelle, un énorme goéland mâle, noir et blanc, au bec acéré tirait de la retraite où il s'était réfugié un pauvre petit pigeon, frémissant des ailes. Il l'avait saisi par le cou, l'agitait violemment avec la ferme intention de le becqueter avant de l'avaler tout cru, de lui faire la plume, puis la peau et de se repaître de ses entrailles encore chaudes! J'ai demandé à google qui me signale qu'il est effectivement coutume, pour les goélands, de manger du pigeon, je vous fais grâce des scènes cruelles diffusées sur you tube comme celle où un de ces palmipèdes noie le pigeon avant de le dévorer.
Diantre, me suis-je dit, le monde des volatiles est un monde cruel, un monde de prédateurs où les forts font la loi, se gavent sur le dos des petits faiblards et sans défense! 
Je n'ai pas assisté au carnage plus préoccupée par mes langoustines vivantes, les bouquets de crevettes, le futur rôti de lotte et la mayonnaise de Gisèle qui ne fait pas grossir.

vendredi 18 avril 2014

Bouzin, zinzin...


Notre quartier est l'objet de travaux, nous allons avoir le tout à l'égout! Fini le débouchage sauvage de mes canalisations avec le tuyau d'arrosage, (je suis experte),  je vais enfin bénéficier d'un pompage municipal de ma merde familiale. C'est obligatoire de toute façon, une loi oblige le particulier à se brancher dans les deux ans aux canalisations communes, sinon la répression financière sera sévère. 
Depuis un mois, la rue ressemble plus un à un champ de bataille qu'à une voie de paisible quartier périphérique, un lotissement de pavillons et de maisons individuelles où mon beau-frère, il y a vingt ans, a promis que je deviendrai alcoolique. Il n'y avait pas pire que la vie de banlieue, l'enterrement première classe, l'étouffement, la déchéance et en plus dans une ville de moins de 20 000 habitants,  en province et en Bretagne. (Terre battue, sabots et galettes saucisses)
Je me voyais déjà, le nez comme une fraise, la voie rauque, la bouteille dans le cartable délicatement camouflée dans un enrobage de sky, brun, imitation cuir. Je finirais bourrée sur mon canapé, tout juste capable de ramper jusqu'à mon lit, le cerveau en compote incapable de tenir une conversation plus de trois minutes sur des sujets aussi triviaux que l'installation du tout à l'égout. 
Bref, ici, le sol étant en granite, la pelleteuse dégage 2,50 m en moyenne par semaine lorsqu'elle tombe sur un énorme bloc, une belle boule, bien grosse et bien solide... Les ouvriers ont achevé un marteau piqueur et ont dû faire venir un nouvel embout, qui met en miettes la pierre au son du tac tac tac .... Le soir venu, le calme est au rendez-vous mais il faut compter avec le chien du voisin, le kärcher qui prépare les terrasses pour les touristes et mes envies de meurtre. 
Pff... 
Cependant, le débriefing avec l'ado rebelle rentrée de Brest me met en  joie, elle a un don particulier pour raconter ses aventures hebdomadaires, sa découverte du magnifique jardin botanique de la ville blanche, que j'ai bien envie de visiter.  Le coucher de soleil est fabuleux, la mer est d'huile, le ciel limpide, insectes et pollen brillent dans la lumière dorée, c'est franchement un des meilleurs moments de la journée avec le footing sur le chemin côtier au petit matin. 



mercredi 16 avril 2014

Alpaga


J'avais trouvé une magnifique écharpe en alpaga, une des fibres les plus fines et les plus luxueuses au monde (c'est Wikipedia qui le dit). C'est chic, me suis-je dit, superbe, chaud, élégant, raffiné et lumineux pour les longues journées d'hiver. Le produit sied  à l'homme moderne, égayant les lourds manteaux noirs... Sauf que, le cache-col doit être vivant, il peluche, laissant partout où il passe des moutons de laine plumeuse, couvrant les épaules d'un revêtement pelucheux, blanc, collant, incrustant et même plus ...
Le problème est que l'on ne s'en rend pas compte tout de suite.
Je me souviens être allée prendre un café dans un des ces bistrots qui ont gardé les banquettes à l'ancienne, sur les grands boulevards d'Angers, déshumanisés et vidés par le passage du tram et l'arrachage des arbres que les nouveaux freluquets qui les remplacent, mettront des décennies à combler .
Bref, en partant, le manteau du mâle viril était couvert de poils qu'il a tenté d'éliminer à grands coups de taloche, de casquette et de brossage du dos de la main, se plaignant auprès du barman qu'un chien avait dû coucher là, polluant de son pelage la banquette en sky rouge ...
Etonnement du loufiat, " pas de chien ici à ma connaissance" mais bon, poli, il n'a rien fait de particulier.
L'opération s'est renouvelée au restaurant, décidément, les chiens à Angers perdaient tous leurs poils, pour un peu on en aurait trouvés dans notre lit ....
Je ris encore après avoir réalisé que le foulard en alpaga, s'étiolait partout où on le couchait!
Le propriétaire l'a fait bouillir et essorer afin de lui faire rendre raison, de calmer les pertes, en vain puisque aujourd'hui, en plus de continuer à semer des petits partout, il ressemble plus à une serpillière qu'à un cache col "so chic"!

lundi 14 avril 2014

Paris, épisode 1, la revue des musées.


Dans la rubrique "ma vie est tout à fait fascinante" voici, un pot pourri de mon escapade à Paris, pour une bouffée d'air, quitter ce rocher où je suis scotchée comme une bernique! 
Bouger...
J'ai donc fait le plein d'expositions et de musardages le nez en l'air à la manière des boulimiques.
J'ai aimé :
- l'exposition à la BNF, François Mitterrand, Eté 1914, les derniers jours de l'ancien monde, le temps suspendu à l'orée de la guerre,  utiles exposés des conférenciers qui se partageaient de nombreux groupes.  Il y a peu de photographies mais beaucoup de documents qui méritent une bonne explication afin d'en comprendre le sens historique. Je retiendrai la lourdeur du fusil Lebel, 4,8 kg et plus de 1,50m de long ce qui, pour le moins, devait être particulièrement pesant pour partir à l'assaut des tranchées ennemies ; l'essayage du casque à pointe et viens Poupoule de Félix Mayol.  L'esplanade était déserte, à peine ventée, la chaleur étouffante derrière les vitres où l'on pouvait confronter les récits de guerre du tonnelier Louis Barthas avec les photographies actuelles des champs de bataille de Lorraine. L'exposition est également virtuelle.

- J'ai sacrifié à Cartier-Bresson, à Beaubourg, avec bonheur puisque sur le créneau 18h-20h personne ne faisait la queue, ni à l'entrée, ni devant les clichés. J'ai particulièrement aimé le jeu du mystère de l'enfant perdu!  Publié dans Ce soir, les parents qui reconnaissaient leur enfant, à la Une du quotidien, étaient invités à se présenter au journal afin de recevoir 200 francs. Quelle drôle d'idée! Cependant, n'ayant pas pris d'audioguide, j'ai cherché en vain une explication sur place.... Heureusement qu'il y a google!
- Epatant, Mapplethorpe au Grand Palais, des clichés énormes, d'une qualité extraordinaire,  des fleurs et des portraits de personnalités qui semblaient plaire davantage au visiteurs que toutes les belles bites photographiées! Le portrait de Patti Smith de la pochette de disque, Horses, vous replonge irrémédiablement dans le souvenir de Gloria qu'on braillait comme des ânes à chaque boum! Les jeunes filles en fleur qui m'accompagnaient connaissaient, ce qui m'a fait grand plaisir.
- Martin Parr à la Maison européenne de la photographie ne déçoit jamais, sauf que le photomaton était en rupture de stock de papier, frustrant pour les amoureux. Mention spéciale pour Fouad Elkoury, photographe libanais qui mêle les paysages urbains au quotidien, à la guerre et à la poésie en projection triptyque.
- Moins séduisant pour cause d'ambiance grotte, - presbyte s'abstenir-, à visiter uniquement quand il neige, qu'il pleut et que la balade s'avère impossible, l'inénarrable musée du quai Branly, sombre, étouffant, plombant le moral. Il porte une atmosphère de fin du monde, comme si il constituait l'expiation des occidentaux coupables d'avoir pillé les peuplades colonisées. Les Indiens des plaines ne sont pas seulement des artisans talentueux ayant le goût du beau mais des artistes !!!! Le procédé agace...
- Je conseille l'exposition Gotlib uniquement quand il n'y a personne, et si tel n'est pas le cas, échappez-vous pour la superbe exposition permanente du Musée d'art et d'histoire du Judaïsme...
A suivre demain parce que je ne me nourris pas uniquement de culture. Amen!