dimanche 28 septembre 2014

Une virée à Paris 2.

Malgré la campagne musclée menée par la mairie, après un mois sans pluie ou presque, Paris sent l'urine, la pisse, le fauve, le cracra! Beurk! Vive la Bretagne et son grand air!

Le pire du pire consiste à courir de bon matin à travers le marais avant de monter la montagne Sainte-Genevièvre, d'un pas alerte, derrière le toit du Panthéon capoté, en slalomant entre les bouteilles cassées, les papiers gras  et les dégoulinures en tout genre! On se surprend à espérer la pluie, torrentielle si possible, afin de liquider les odeurs! Quoique! 

Néanmoins, Paris sera toujours Paris, et la magie opère à tous les coups!
Je conseille la visite de l'exposition Niki de Saint-Phalle au Grand-Palais en prenant ses précautions afin de ne pas devenir le dindon de la farce! La meilleure solution serait d'être V.I.P.:  venir avec d'une carte de presse, un laisser-passer gracieusement offert et passer en  troupeau. L'entrée réservée à ces privilégiés n'a pas d'attente, tous passent et plombent les heureux détenteurs de billets coupe-file  qui ont payé plus cher le précieux sésame mais qui sont obligés d'attendre plus que de coutume. Qu'on autorise les nantis à passer devant tout le monde, pourquoi pas, mais ils pourraient aussi partager un peu l'attente! La manipulation frise le passe-droit d'ancien régime ou des états autoritaires. C'est détestable!
Revenons à  nos moutons qui ont bien raison d'aller voir l'exposition de Niki de Saint-Phalle!
Cette femme, exceptionnelle par sa vivacité et son intelligence  est une grande artiste, son oeuvre est joyeuse, d'une grande continuité et pourtant chaque période est novatrice! Elle glorifie la femme, toutes les femmes. Cette visite entrait en résonance avec le spectacle vu le soir même au cirque d'hiver,  le cabaret new burlesque. Toutes les danseuses gambadaient sur scène à la manière des nanas de Niki. Ignorant ce qu'est le burlesque, vous risquez d'être choqués, la présence d'Arthur H (inaudible) ou d'Arielle Dombasle, prestigieux invités du festival d'Ile de France, ne garantit aucunement le bon goût: striptease, gros nénés, beaux culs, belles nanas, sourires éblouissants pour un spectacle très péchu, snobé par quelques mauvais coucheurs égarés dans la salle. A noter un groupe extra de rock français, musicalement impeccable, Poni Hoax dont le  chanteur Nicolas Ker à l'organe puissant est totalement déjanté.
Par contre, vous pouvez manquer sans problème, Borgia au musée Maillol, petite exposition sur les beaux jours  de la sulfureuse famille papale, les quelques oeuvres, certes majeures, qui sont présentées ne suffisent pas à justifier la cherté de l'entrée et à contenter ma curiosité. J'ai connu le musée Maillol plus inspiré notamment par les Etrusques!

Enfin, il est toujours aussi agréable de musarder, même le samedi, dans les rues noires de monde et surtout de boire une bière sur les dernières terrasses du Marais qui disparaissent les unes après les autres au profit des chaînes de fringues : l'étoile manquante est une de celles-ci.  Profitez-en avant que le quartier perde définitivement son âme, les vieilles boutiques multi-marques spécialisées en chapeaux, ou en gants, les dernières épiceries fines du Gers ou du Périgord, et même les pros du falafel ferment les unes après les autres et laissent la place à ce que l'on trouve partout ailleurs et même à Quimper: de la marque! Autrefois il y avait la rue de Rennes, maintenant c'est partout.


samedi 27 septembre 2014

Une virée à Paris

L'automne est une saison sympathique pour une petite virée à Paris! 

J'ai joué à la Parisienne en goguette, musardant dans le Marais en me rendant à la Maison Européenne de la photographie où l'on peut voir une magnifique exposition de René Burri. Cette dernière dont le thème général est le mouvement permet d'avoir un aperçu de l'oeuvre de ce reporter, membre de l'agence Magnum. Ses photographies d'Afrique sont superbes! 
J'ai déjeuné chez Allo sushis entre un couple  qui a débiné pendant une heure une collègue de travail couchant avec le patron de leur boîte (voir avec tout ce qui bouge et porte une quéquette). Le type, la quarantaine bien tassée, se sentait trahi tandis que sa consoeur tentait en vain de le persuader de passer à autre chose.  A ma gauche, des salariés d'une boîte immobilière faisaient de concert le point sur leur vie professionnelle: " et toi à Toulouse? Et maintenant? As tu entendu parlé de ?" Je me sentais privilégiée à n'être que touriste. Pas la seule, notez bien, Paris en cette saison racole encore beaucoup!
J'ai pris mon café et mangé une pastéi de nata,  rue du roi de Sicile (4ème)  chez comme à Lisbonne! Divin! La boutique s'est agrandie, j'ai peur qu'elle ne perde son âme. 
Puis, une amie mienne et moi avons poussé jusqu'à Gaîté-Montaparnasse, quartier que je découvre peu à peu,  afin de visiter la fondation Cartier-Bresson, pour l'exposition Eggleston, superbe et passionnante,  dans un lieu à l'architecture claire et accueillante. 
La déambulation dans les rues du 14ème puis du 6ème nous a menées jusqu'au jardin du Luxembourg, sur les chaises de la gargote, pour prendre le soleil! 


William Eggleston





jeudi 25 septembre 2014

Faire pipi assis!

Mon combat du jour, faire pisser les hommes assis! Pas gagné! 

Ce sont bientôt les élections au conseil d'administration dans les lycées, je pense postuler afin de faire valoir mes droits concernant l'envie de bénéficier de toilettes propres, qui sentent bon toute la journée! Comme les CA sont  souvent bavards sans réel pouvoir, obtenir une avancée notable sur ce sujet pourrait constituer un combat tout à fait valable et, ma foi, un beau programme de campagne électorale. 
Chez nous, les toilettes des professeurs sont mixtes. A priori, aucune obligation à ce qu'elles soient séparées, cependant depuis plusieurs mois, je supporte de moins en moins les odeurs d'urine, la lunette  relevée et douteuse,  qu'il faut rabaisser systématiquement afin de pouvoir s'asseoir confortablement sur le plastique,  et non sur  la faïence qui scie la cuisse, faïence souvent aspergée de gouttelettes d'urine qu'on ne soupçonnait pas à première vue!
Il y a 20 ans l'architecte ayant procédé à la rénovation de cette partie du lycée a supprimé les urinoirs! Damned! 
Depuis quelque temps, des gaillards de plus d'un mètre quatre-vingts sévissent comme enseignants et visiblement ont du mal à viser juste! Je lis d'ailleurs que « lorsque des urinoirs sont disposés en batterie, ils doivent être positionnés à des hauteurs différentes », ce qui prouve bien que nos cuvettes, toutes de la même taille, prévues pour des Bretonnes rudes et basses du cul, ne sont plus guère adaptées à la morphologie masculine. 
Pisser assis ne poserait, par contre, aucun problème. 
J'ai donc préparé une affiche du plus bel effet, sur le mode humour,  que j'ai collée sur les portes des WC avant d'attaquer plus fort, tandis que ma copine envoyait un mail à la direction afin de revendiquer la suppression de la mixité pour au moins 60% des lieux d'aisance, puisque nous, les femmes, sommes largement majoritaires!
Les potes ont pris la chose avec humour, persuadés de viser juste, supposant que j'avais surtout envie de les castrer à les obliger ainsi à s'asseoir: un mâle, un vrai, pisse debout! Et certains de se vanter, qu'en ayant une grosse, atteindre l'objectif d'un jet puissant et rectiligne ne leur posait aucun problème! 
Le prof de philo a râlé prétextant être victime d'un sexisme le plus répugnant, d'un racisme même et que lui, sur les aires de station d'autoroute déplorait la crassitude des toilettes des femmes puisque ces dames refusent en général de s'assoir! C'est pire car elles "en foutent partout"(sic) !

En principe, celui qui flingue les chiottes devrait les nettoyer, malheureusement ça ne semble pas l'usage, probablement qu'à la maison Bobonne officie! D'autre part, les mecs ne voient pas au delà de leur quéquette, alors des gouttes sur la lunette, ils ne risquent pas! On côtoie donc des rustres peu ou pas  éduqués, partisans "d'après moi le déluge"
Je propose, par conséquent, qu'ils pissent assis. Je conseille vivement à ce sujet l'article "faire pipi assis, la solution pour les garçons" 
A mon grand regret, n'ayant pas la possibilité de vérifier qu'ils respecteront la consigne, la discrimination s'avère donc la meilleure solution: 1/3 - 2/3 en la faveur des femmes! 
La loi, à ce sujet, ayant été considérablement assouplie, notre combat risque d'être long et difficile tant l'inertie est forte! 
Un espoir cependant, les jeunes professeurs addicts à leur portable officieront peut-être assis afin de lire confortablement leurs messages! 

mardi 23 septembre 2014

Vu et désapprouvé: le retour de Sarko.

Attention, article antisarkoziste primaire! J'assume! 

Tandis que s'achève sur France Inter l'émission concernant le pays du bonheur alias le Danemark, un des pays au monde où le citoyen paye le plus d'impôts, nous entamons de concert la lecture de la presse, moi le Ouest-France, lui le Monde (plus propice à la lecture pré-sieste pour moi), nous en commentons les articles les plus intéressants.
Commenter est un bien grand mot, j'écoute la diatribe quotidienne sur la légitimité du French bashing actuel dans la presse internationale, compte tenu de l'incurie de notre gouvernement qui change les règles fiscales comme qui respire, qui navigue à vue, ne réforme pas la France, fait n'importe quoi, tue l'envie d'investir et pousse ses meilleurs étudiants à migrer vers des pays de cocagne (le pays du bonheur ...Tiens donc comme c'est bizarre?).
Ok, l'impôt tue l'économie, les PME, les envies d'investissements, la vie quoi!
On va tous mourir, bouffer des patates et pire des topinambours et du rutabaga!
Mais qu'y puis-je moi?
Suis-je en mesure de prendre en main les choses de l'état, dès potron-minet, de secouer le cocotier et le minet, de rétablir le capitalisme malmené par une horde de socialos incompétents au pouvoir depuis que j'ai voté pour eux?
J'ai ruiné la famille par mon vote, dont acte! J'assume et même, je recommencerai car voir le nain de retour, se comporter devant le journaliste comme un pervers manipulateur, c'est au dessus de mes forces d'imaginer qu'il puisse à nouveau gouverner le pays! 
Ce type frémissait de haine ou de fureur devant le journaliste impassible, il avait  le regard mauvais, les lèvres pincées, le tic de la tête qui penche imperceptiblement sur le côté, il contenait littéralement la violence qu'il avait en lui. La façon de reprendre les questions sur un ton méprisant, contribuait au dénigrement: "soyons précis," "est-ce que vous me prêtez deux neurones (en tout cas, moi, je vous les donne sans problème semblait-il penser en miroir). Merci Delahousse d'avoir fait votre métier de journaliste, d'avoir pris des baffes sans moufter!
Et non, il n'a pas changé, il est toujours le même et en pire! En plus il nous prend pour des cons. 

lundi 22 septembre 2014

P'tit Quinquin!

Les Américains ont Jack Bauer, les Danois, Borgen, les Français P'tit Quinquin!


La majorité des films français comme la vie domestique vu récemment,  à côté de P'tit Quinquin, sont gnangnan, pipi de chat, très loin de la vie quotidienne de la majorité d'entre nous, ils sont tristes, mornes, hors du temps et à peine vrais, cependant   ce genre plaît aux bobos parisiens.
Je doute fort qu'ils tiennent le coup face à P'tit Quinquin! Le film n'est pas sous-titré, les dialogues sont souvent inaudibles, mais percutants, truculents sous des airs de ne pas y toucher!
P'tit Quinquin a un bec de lièvre, il est sourd d'une oreille, sa copine joue de la trompette dans la fanfare communale, il la balade à l'arrière de son vélo et lui roule des pelles sans la langue! Son frère est fragile, débile et tombe lorsque Spiderman, un petit mouflet déguisé, lui tourne autour en hurlant Tiderman avant de tenter de se plaquer contre le portail en tôle rouillée ou le mur de béton de la ferme: bleu et rouge, avec un slip enfilé par dessus son jogging! Le père est incompréhensible quand il s'exprime sauf lorsqu'il menace de s'occuper de son fils. De la mère on ne connaît que le son de la voix quand elle appelle le garçon.
Le gendarme et son acolyte qui enquêtent sur une histoire de femme découpée trouvée dans la panse d'une vache est bourré de tics, il a un air de Michel Simon, tous les deux foncent à toute berzingue de la plage et ses blockhaus à l'abattoir où un véto tâte de la barbaque dans les frigos!
Les lumières sont sublimes et transcendent littéralement les couleurs de ce paysage du nord que le réalisateur sait si bien mettre en valeur.
Il paraît que la série a fait un carton? Tant mieux, vendons-là aux Américains!

samedi 20 septembre 2014

Dubuffet à Landerneau

J'ai visité l'exposition Dubuffet à Landerneau mise en oeuvre par le fond culturel Hélène et Edouard Leclerc: un petit bijou. 


Tout le monde connaît Dubuffet en apprécie ses oeuvres rouges et blanches mais l'exposition permet de découvrir les dessins de jeunesse quand il remplissait ses cahiers de croquis. Trois traits, un gribouillis de poil de dromadaires, une chèvre qui grimpe sur les arganiers, un couple d'hommes qui pissent le long d'un mur sur les graffitis, le collage de ailes de papillons, le tout constitue une oeuvre poétique mise en valeur simplement, sans pathos! 
Courrez-y vite! 
Le lieu est l'occasion de passer à Landerneau, dont on ne connaît le plus souvent que le proverbe (du bruit dans le Landerneau) et le pont couvert, de traverser cette belle campagne du Finistère, de pousser jusqu'à Brest la blanche et de croiser par hasard un soldat de la seconde guerre mondiale, fêtant la libération de la ville! 

Ce matin, le calme règne, pas de vent, la mer est comme un grand lac immobile. On entend juste le cri des goélands, le vrombissement de quelques mobylettes sur le front de mer. C'est relativement étrange.
A l'instant j'ai vu passer tout près, un écureuil, un martin-pêcheur, deux geais, une palanquée de tourterelles et de pigeons, tous abonnés au bar de la mare. 
Moins drôle, hier, l'aigrette faisait son marché de poissons rouges, j'apprécie moins qu'elle se serve   sans égard, même si j'en apprécie l'élégance et la blancheur immaculée. 
On est bien! 

jeudi 18 septembre 2014

La vie domestique

Après presque six mois de retard, j'ai regardé à la télévision la vie domestique, et comme d'habitude, je n'ai aucun regret de ne pas être allé le voir à sa sortie au cinéma.

Le film est certes intéressant mais ce n'est pas vraiment ce que j'attends d'un film de cinéma, je ne crois pas que le grand écran apporte un plus, la vie domestique est le produit typique qui convient bien à la télé! Il est également un pur exemple du cinéma français, puisqu'il filme à l'infini: les portes qui se ferment, les escaliers qui se montent, les voitures qui roulent avec des gens dedans au volant, qui fixent la route, longtemps, en écoutant la radio, le lavage de la vaisselle dans l'évier, les plus gros plats, il va sans dire ou les verres fragiles! Bref, la réalisatrice Isabelle Czajka filme très bien l'ennui, le rien du jour qui passe (note à moi-même, c'était le but!). La vie domestique raconte le quotidien des femmes au foyer dans une banlieue chic de la région parisienne, ayant (ou pas) mis leur carrière entre parenthèse afin d'élever les enfants en bas âge. Elles sont prisonnières de leur rôle "qu'elles acceptent de façon insidieuses sans qu'on les y oblige" et s'ennuient ferme. Les époux qui s'éclatent au travail ne sont pas plus goujats que le commun des mortels, plutôt compréhensifs, aimables  sauf quand il s'agit de lever un seul petit doigt pour leur progéniture ou de se préoccuper d'autres choses que de leurs propres loisirs...On en revient au choix contraint dont j'ai déjà parlé.  Le problème est que ces femmes, et notamment l'héroïne, s'excuseraient presque de demander quoique ce soit à leur époux, sauf à créer du drame et des engueulades, les discussions ici restent feutrées mais encouragent la rancoeur, les regrets et les frustrations. 

J'allais râler -parce que c'est à la mode- sur le fait qu'une partie de mes impôts ait contribué à produire le film, en fait cette participation ne représente que 8% maximum. Il a le mérite de soulever quelques questions, sans plus!
N'est pas Abdellatif Kechiche qui veut! Filmer les états d'âme est tout un art, (le 7ème), dans la vie domestique, c'est plutôt raté!
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