mercredi 16 avril 2014

Alpaga


J'avais trouvé une magnifique écharpe en alpaga, une des fibres les plus fines et les plus luxueuses au monde (c'est Wikipedia qui le dit). C'est chic, me suis-je dit, superbe, chaud, élégant, raffiné et lumineux pour les longues journées d'hiver. Le produit sied  à l'homme moderne, égayant les lourds manteaux noirs... Sauf que, le cache-col doit être vivant, il peluche, laissant partout où il passe des moutons de laine plumeuse, couvrant les épaules d'un revêtement pelucheux, blanc, collant, incrustant et même plus ...
Le problème est que l'on ne s'en rend pas compte tout de suite.
Je me souviens être allée prendre un café dans un des ces bistrots qui ont gardé les banquettes à l'ancienne, sur les grands boulevards d'Angers, déshumanisés et vidés par le passage du tram et l'arrachage des arbres que les nouveaux freluquets qui les remplacent, mettront des décennies à combler .
Bref, en partant, le manteau du mâle viril était couvert de poils qu'il a tenté d'éliminer à grands coups de taloche, de casquette et de brossage du dos de la main, se plaignant auprès du barman qu'un chien avait dû coucher là, polluant de son pelage la banquette en sky rouge ...
Etonnement du loufiat, " pas de chien ici à ma connaissance" mais bon, poli, il n'a rien fait de particulier.
L'opération s'est renouvelée au restaurant, décidément, les chiens à Angers perdaient tous leurs poils, pour un peu on en aurait trouvés dans notre lit ....
Je ris encore après avoir réalisé que le foulard en alpaga, s'étiolait partout où on le couchait!
Le propriétaire l'a fait bouillir et essorer afin de lui faire rendre raison, de calmer les pertes, en vain puisque aujourd'hui, en plus de continuer à semer des petits partout, il ressemble plus à une serpillière qu'à un cache col "so chic"!

lundi 14 avril 2014

Paris, épisode 1, la revue des musées.


Dans la rubrique "ma vie est tout à fait fascinante" voici, un pot pourri de mon escapade à Paris, pour une bouffée d'air, quitter ce rocher où je suis scotchée comme une bernique! 
Bouger...
J'ai donc fait le plein d'expositions et de musardages le nez en l'air à la manière des boulimiques.
J'ai aimé :
- l'exposition à la BNF, François Mitterrand, Eté 1914, les derniers jours de l'ancien monde, le temps suspendu à l'orée de la guerre,  utiles exposés des conférenciers qui se partageaient de nombreux groupes.  Il y a peu de photographies mais beaucoup de documents qui méritent une bonne explication afin d'en comprendre le sens historique. Je retiendrai la lourdeur du fusil Lebel, 4,8 kg et plus de 1,50m de long ce qui, pour le moins, devait être particulièrement pesant pour partir à l'assaut des tranchées ennemies ; l'essayage du casque à pointe et viens Poupoule de Félix Mayol.  L'esplanade était déserte, à peine ventée, la chaleur étouffante derrière les vitres où l'on pouvait confronter les récits de guerre du tonnelier Louis Barthas avec les photographies actuelles des champs de bataille de Lorraine. L'exposition est également virtuelle.

- J'ai sacrifié à Cartier-Bresson, à Beaubourg, avec bonheur puisque sur le créneau 18h-20h personne ne faisait la queue, ni à l'entrée, ni devant les clichés. J'ai particulièrement aimé le jeu du mystère de l'enfant perdu!  Publié dans Ce soir, les parents qui reconnaissaient leur enfant, à la Une du quotidien, étaient invités à se présenter au journal afin de recevoir 200 francs. Quelle drôle d'idée! Cependant, n'ayant pas pris d'audioguide, j'ai cherché en vain une explication sur place.... Heureusement qu'il y a google!
- Epatant, Mapplethorpe au Grand Palais, des clichés énormes, d'une qualité extraordinaire,  des fleurs et des portraits de personnalités qui semblaient plaire davantage au visiteurs que toutes les belles bites photographiées! Le portrait de Patti Smith de la pochette de disque, Horses, vous replonge irrémédiablement dans le souvenir de Gloria qu'on braillait comme des ânes à chaque boum! Les jeunes filles en fleur qui m'accompagnaient connaissaient, ce qui m'a fait grand plaisir.
- Martin Parr à la Maison européenne de la photographie ne déçoit jamais, sauf que le photomaton était en rupture de stock de papier, frustrant pour les amoureux. Mention spéciale pour Fouad Elkoury, photographe libanais qui mêle les paysages urbains au quotidien, à la guerre et à la poésie en projection triptyque.
- Moins séduisant pour cause d'ambiance grotte, - presbyte s'abstenir-, à visiter uniquement quand il neige, qu'il pleut et que la balade s'avère impossible, l'inénarrable musée du quai Branly, sombre, étouffant, plombant le moral. Il porte une atmosphère de fin du monde, comme si il constituait l'expiation des occidentaux coupables d'avoir pillé les peuplades colonisées. Les Indiens des plaines ne sont pas seulement des artisans talentueux ayant le goût du beau mais des artistes !!!! Le procédé agace...
- Je conseille l'exposition Gotlib uniquement quand il n'y a personne, et si tel n'est pas le cas, échappez-vous pour la superbe exposition permanente du Musée d'art et d'histoire du Judaïsme...
A suivre demain parce que je ne me nourris pas uniquement de culture. Amen!




jeudi 10 avril 2014

Fumier


Oyez, oyez, le printemps est arrivé, la Bretagne se couvre d'une odeur de purin du plus bel effet!  Le fumet s'accompagne d'une explosion de jaune, celui des genêts et des ajoncs.
Le pays  pue!
C'est l'heure de l'épandage, activité codifiée, légale, mais polluante, chargeant les  nappes phréatiques et les cours d'eau de produits qu'il ne faut mieux pas connaître...
J'aime (l'odeur pas les nitrates). 
Je pense alors aux fermes où j'allais petite chercher le lait, assister à la traite et nourrir les lapins. La fermière assise sur un trépied s'excitait sur les pis, tandis que le lait, en jets violents et droits, giclait dans le seau mousseux à moitié rempli. J'aimais tout particulièrement le premier tir qui frappait la tôle.
La vache balançait de grands coups de queue pour chasser les mouches qui se régalaient sur les croutes de bouses collées sur son arrière train, il est probable que la pureté du lait devait en être entachée ... Mais on était immunisé.
Le purin s'écoulait en ruisseau vers la mare en contre-bas de la cour où courait la volaille: des poules surveillées par un coq fier comme artaban, la crête rouge écarlate, deux fois plus gros que les femelles, indifférentes à son port de tête. Le jars me faisait particulièrement peur, il m'avait pincé le mollet une fois (la sale bête), il ignorait les dindons et les canards. La cour était particulièrement cracra entre les fientes, la boue et le purin. De temps en temps le cheval de trait y lâchait son crottin.
J'aimais nourrir les lapins dans leur clapier avec du plantin puis on allait jouer dans les bottes de paille de la grange: grimper l'échelle, se vautrer. On en sortait couvert de griffures sur les mollets à la peau craquelée par le soleil. 
La journée terminait par une balade vers les champs afin de voir les chevaux, énormes, ils m'inspiraient un peu de crainte car l'histoire familiale restait marquée par la mort d'un arrière grand-père ayant reçu un coup de sabot à la fin du XIXème siècle. 
Grimper sur la barrière de bois présentait une part de risque, certes, mais infiniment moins dangereuse que de s'approcher du cheval.
Il me semble sentir à nouveau la rugosité de l'écorce que j'aimais caresser jusqu'à la marque d'usure faite par la main du paysan qui la faisait pivoter.

lundi 7 avril 2014

Sexisme ordinaire ....


La scène se passe devant la télé, un soir vautré devant le Cercle, émission intéressante de critiques de films sur Canal+. Beigbeder mène tambour battant la soirée, le poil long, la barbe rase, négligé mais chic, la blague potache et bon enfant sur le bout des lèvres. De frétillants critiques se renvoient la balle autour de la table, deux femmes, voire trois, mais rarement et quatre hommes, jamais les mêmes... 
" Quelle dentition elle a celle-là! Devrait pas la laisser à la télé, elle est moche!" 
Que la critique en question s'exprime bien, qu'elle apporte un éclairage intéressant par rapport aux autres, que ce qu'elle dit soit intéressant et subtil, ne comptent visiblement pas! Que les  mâles présents sur le plateau ne soient pas des Apollons, loin de là, n'a, par ailleurs, pas l'air de choquer: l'homme ne vaut que par son discours! 
A l'inverse, Enora Malagré a eu droit en son temps,  aux honneurs des journaux, elle qui fait la paire avec Hanouna et qui semble-t-il n'a pas la langue dans sa poche! Jolie et vulgaire semble dire la presse, c'est incompatible, du moins ai-je lu l'article dans ce sens, ce que d'autres ne manqueront pas de faire également...
Et pour clôturer, le 5 avril, une demi-page dans le Télégramme de Brest, "Politique. De l'importance de l'accessoire. L'auteur Anna Cabana consacre une partie de son article au chignon de Ségolène Royal, à l'émotion triomphante de Duflot et pour faire bonne mesure, à Valls afin de signaler non pas qu'il a des émotions de gonzesse, ou une chouette coiffure qui  ferait de lui un nouvel homme, comme c'est le cas pour Royal, mais qu'il sait être attentif aux moindres détails et en l'occurrence pendant la campagne des présidentielles à ce que la cravate de Hollande soit droite. Bref, un article pour ne rien dire si ce n'est renforcer les stéréotypes, les réflexions à la con sur les femmes de pouvoir. 
C'est donc la double peine que nous encourons. Ce discours commun modèle encore fortement nos filles, quoiqu'on dise ou fasse, par ailleurs, pour leur donner toutes les chances face aux hommes.

Doris Lessing, les grand-mères


Il est certain que si Anne Fontaine avait gardé ce titre pour son film, au lieu de Perfect mothers, l'audience aurait été moindre. Avant même de voir l'affiche, on aurait pu imaginer Bernadette Chirac ou Patti Smith en aïeules  rassies et revêches, sans aucune envie de les voir.
Naomi Watts et Robin Wright dans les rôles titres nuancent certes l'imaginaire, 45 et 47 ans respectivement, elles ont l'âge d'être grand-mères certes mais, métier oblige, pas vraiment le look, du moins, elles sont peu conformes aux stéréotypes! 
J'ai donc vu cette aimable bluette sur ma télé, mais je n'ai pas vraiment compris la fin toute occupée à de multiples tâches, puisqu'il faut bien l'avouer, c'est loin d'être un chef d'oeuvre qui vous scotche à votre écran. Cependant, pas de scènes de cul lourdingue, l'émotion filmée à fleur de peau, le jeu des actrices tout en subtilité, des jeunes gars sublimes, mais pas que... intelligents, fins, émouvants. Les paysages sont magnifiques et donnent envie d'aller goûter à la nouvelle Galles. 
J'ai donc acheté l'ouvrage de Doris Lessing dont le film est tiré, rassurée sur l'écrivaine, prix Nobel de littérature...C'est la première fois que je lis un de ses livres et j'ai longtemps cru qu'elle n'écrivait que des bluettes de gare! L'écriture est aisée, l'exposition des sentiments subtile, en tout point identique au film. Du coup je reste un peu sur ma faim, avide de résolutions tranchées des problèmes et  de fin heureuse. 
Ce petit ouvrage publié en poche (j'ai lu) me donne envie de lire d'autres livres de Doris Lessing.

samedi 5 avril 2014

Passeport biométrique!!!


Une usine à gaz ou un véritable outil? Qui peut lire actuellement la puce contenue dans votre passeport? Quels sont les pays dotés du matériel performant?
Aux dernières nouvelles, les mairies sont équipées pour dire que la puce fonctionne, qu'elle n'est pas endommagée mais pas pour y lire les informations, .... l'aéroport reste encore le plus sûr moyen de connaître ce qui s'y cache à l'intérieur et encore, aux Etats-Unis dans les plus grands....
Alors donc, il se trouvait que X avait besoin d'un nouveau passeport biométrique pour remplacer son passeport électronique valable jusqu'en 2015, on se demande encore pourquoi une telle lubie? Il faut renoncer par écrit à ses droits fiscaux valables encore un an, des fois qu'il viendrait à l'impétrant l'idée de se faire rembourser le reliquat. 
La recherche du Saint-Graal relève du parcours du combattant lorsque toute l'attention n'est pas concentrée sur l'objectif, je m'explique:
La première étape consiste à prendre rendez-vous à la mairie de votre commune, le samedi étant un jour béni des dieux et donc surbooké, il est rare d'avoir un rendez-vous avant un mois, sauf urgence, ce qui en l'occurence n'en était pas une ...
Réunir ensuite toutes les pièces indispensables est un problème pour qui ne peut consacrer une once de temps à ces triviales recherches: extrait d'acte de naissance, ou pas, timbres fiscaux, qu'on trouve ici uniquement au trésor public, aux heures ouvrables, c'est-à-dire jamais pour la personne normalement constituée qui travaille la journée entière et, surtout, photographies ad-hoc au format repris de justice, les oreilles bien décollées, sans sourire.
Afin de ne pas faire fuir le douanier ombrageux, X a pris rendez-vous chez la photographe locale à 9h pétante pour un rendez-vous en mairie à 9h30, la dite professionnelle étant absente à 9h05, X est parti, en râlant qu'il ne pouvait pas prendre le risque de rater un rencard aussi important,  au super-marché local à 9h10 pour se faire tirer le portrait au photomaton qui a bouffé la totalité de la monnaie (8 euros) sans résultat malgré les grands coups de tatannes et de baffes sur la machine, à 9h15 de retour à la boutique, ouverte entre temps,  le portrait fut tiré le temps de dire "ouf", ce qui corroborait les propos de la professionnelle pas inquiète sur la réalisation des clichés, en quelques minutes comme elle l'avait promis au téléphone, il suffisait d'attendre qu'elle arrive …
Il faut maintenant patienter un mois que le précieux document revienne de la préfecture, pour prendre à nouveau rendez-vous afin de faire valider ses empreintes et le retirer…