mardi 26 août 2014

Eclade à Mornac, merci!

Eclate Eclade à Mornac! Mon rendez-vous annuel avec Royan pour un week-end très festif au pays de la moule, de l'huître et des lumières de fin d'été! 

Je garde encore sous les ongles les traces noirâtres d'une éclade! Est-ce par paresse ou négligence hygiénique, par incapacité à racler correctement le dessous de l'ongle avec l'outil adéquat ou tout simplement le désir inconscient de garder la trace d'un week-end fabuleux, la quintessence d'un moment inoubliable comme on achète une mouette en plastique au Mont Saint-Michel  que l'on garde dans une boîte de chaussures avec le sable de la plage, la plume d'oiseau, le ruban bleu, le coquillage ou le brin d'armoise cueilli dans le marais? 
J'ai déjà pratiqué l'éclade l'année dernière à Royan, pour les mêmes raisons:  fêter les cinquante ans du cousin, cette fois-ci des amis de toujours.
Royan est  située bien au sud de la Loire, limite géographique d'une météo clémente, voire très ensoleillée en cette fin d'été, sur l'estuaire de la Gironde.  Je voulais cuire une dernière fois. Pour la circonstance, je n'avais emporté que des tee-shirts de pétasse pour briller au soleil, chauffer, sécher  avant les pluies bretonnes d'automne. Optimisme présomptueux! Il a fait frais, cependant, le soleil a su se manifester et offrir aux participants les éclats qu'il convenait.

Je ne sais pourquoi mais le rendez-vous sur le port de Mornac-sur-Seudre pour une virée en kayak   a créé, d'emblée, l'ambiance qui marquera (à jamais) la soirée: un plaisir à se voir, à rire, à goûter le soleil revenu, ses lumières sur le plastique coloré des embarcations, la chaleur douce sur le banc de pierre à siroter un pineau des Charentes. On n'y connaissait presque personne et pourtant il y avait une évidence, une connivence, une fraternité, le sentiment que ces gens-là étaient présents par amitié, celle qui scelle les destins et que, tous, nous avions les points communs qui fondent les liens évidents.

(Note à moi-même: fais simple, tu gagatises ma vieille et ta littérature à deux balles ne parviendra jamais à rendre ce parfum de fin d'été, de saine camaraderie et de vraies amitiés. Vas droit au but).

Manger Baffrer des moules cuites en éclade, c'est dégueulasse, les mains sont noires de suie, mais pas grasses, ce qui est un avantage considérable, à la fois pour la ligne et le menton! Le loufiat avait ôté les couverts ne laissant que la petite cuillère pour les lichouseries, et une bourriche de pain beurré! Après avoir beuglé  à la cantonnade "je mets les feux à vos moules" suscitant le rire gras de certains, (il doit la faire à tous les coups), tous, avons assisté à la cuisson des mollusques dans de grandes envolées d'étincelles sous le souffle de la balayette. Les palettes sont disposées ensuite sur les tables pour trois à quatre convives, puis il suffit de frotter entre les doigts les coquilles récalcitrantes, noircies par les aiguilles de pin. C'est un délice, surtout avec le beurre et le petit verre de rosé qui va bien avec!
On s'est régalé, d'autant que l'après-midi avait été sportive et les estomacs lestés de quelques huîtres réclamaient encore.  Nous avons ramé deux heures sur la Seurdre en kayak, exploré les marais où autrefois on cultivait le sel, livrés aujourd'hui à l'affinage des Marennes d'Oléron. La randonnée potache, par petit vent du nord, fut vivifiante et valait bien mes 1,5 km de piscine hebdomadaire. La lumière rasante sur les cabanes, les carrelets, les petits bateaux  et le groupe joyeux en goguette, donnait à cette réunion festive l'éclat qu'il convient à l'amitié.
Encore merci pour ce chouette souvenir!





lundi 25 août 2014

Une virée dans le Poitou

Attention article désagréable ou comment la mauvaise humeur peut vous gâcher un séjour en Poitou.(En même temps, il y a plus glamour comme destination...)
La plaine de Mirebeau

Je sais pourquoi je ne suis jamais allée habiter  à Poitiers, pourquoi j'ai freiné des quatre fers, résistant de toutes mes forces... Sous le soleil, le pays est déjà plombant pour le moral, alors sous les nuages, c'est bien pire (et que dire de l'hiver)! A se pendre... ou à finir alcoolique, le bide énorme façon brioche, la fraise à la place du nez, le cheveu triste et la peau tavelée. J'aurais traîné la savate dans la cour pavée, derrière les murs de pierres sèches de deux mètres de haut, à l'ombre du tilleul. 
Je déteste . 
La plaine à perte de vue.
Les villages désertés mais au lotissement de maisons rases aux toits de tuile et leur enclos pour empêcher que le chien ne se sauve.
Le pôle commercial édifié par de nombreuses communes afin de faire revenir un bar-tabac-épicerie-boulangerie en plein centre à la demande des jeunes couples qui n'y mettront jamais les pieds préférant la grande surface de la capitale régionale! Des investissements étonnants là où un cabinet médical-pharmacie-kiné semble plus approprié, mais je me gausse méchamment! 
Les routes délabrées et les murs qui s'effondrent sur les trottoirs défoncés, gris et envahis par les herbes. 
Les villes tristes à pleurer où le bistrot de la place du marché peine à mettre l'ambiance (quand il y en a un). 
La place d'arme ayant perdu ses arbres à Poitiers, devenue hygiénique, une merde de chien se voit à 100 mètres.
Les boutiques vides.
La galerie commerçante où la moitié des magasins sont fermés.
La fnac qui joue  à la fnac.
La double consommation à 5,50 euros.
La mer à 100 kilomètres.
Les arrosages de maïs à l'ancienne, à la lance à eau, faisant fi de toute économie.
La désespérance des faubourgs, les hangars sinistres, le foutraque des panneaux de publicité, les carrefours dangereux.
Le sentiment que depuis 40 ans, rien n'a changé.
Bref, la France du vide et des vieux.  
Je haie le Poitou!
Pour ce qui est de mes bons plans, trucs et conseils?
Pas grand chose si ce n'est, Notre Dame à Poitiers, un dîner à Vouillé au restaurant le Cheval Blanc afin de renouer avec une cuisine traditionnelle goûtue et fort copieuse dans un cadre de maison de retraite, (réservation préférable). J'aurais préféré la terrasse de passions et gourmandises à Saint-Benoît mais la météo se prêtait davantage aux charmes des plats traditionnels qui conduisent à un sommeil de plomb.
Autre option la Nationale 10 ou l'autoroute A 10 afin de filer vers Royan...
Notre-Dame à Poitiers



jeudi 21 août 2014

Que la montagne est belle en Slovénie!

Les Slovènes peuvent être comparés aux Suisses, pourtant la Slovénie, à bien des égards, n'a rien à envier au pays de Heidi et du chocolat! 
Massif du Triglav

La Slovénie est presque enclavée entre la Croatie, l'Italie, l'Autriche et la Hongrie, presque car un couloir mène à l'Adriatique au sud de Trieste, vers le port principal de Koper. Ce bout de côte est un petit bijou, il concentre un grand port à conteneurs, des villes et des villages historiquement riches, une côte boisée et des salines.
De l'intérieur, je n'ai vu que Ljubjana, la capitale, Bled et le massif du Triglav mais les paysages alpins sont sublimes.
Le pays est propre, très propre, suisse, tranquille et verdoyant!
Ljubjana

J'ai préféré Ljubjana à Prague, car le quartier historique se mêle à la vie quotidienne modérant le "sous-cloche", il est abondamment arboré et vivant. Le soir, les habitants cheminent le long du canal, s'arrêtent boire un verre, en été, les étudiants (60 000 en pleine saison) sont encore très nombreux. La ville est gay-friendly!

Elle est superbe, décorée au début du XXème siècle par un architecte dont on célèbre le travail  à tous les coins de rues. Malgré les tremblements de terre qu'elle a subis, à chaque fois, tout ce qui pouvait tenir debout a été conservé, enrichi des dernières trouvailles urbanistiques. Y passer 48h n'est pas de trop, il y a de nombreux musées (très bien conçus pour les enfants), des monuments, des spectacles de rue  et du temps à musarder, à boire une bière ou un verre de blanc! L'atmosphère est calme, paisible.
Bled

A Bled, vieille station sur un le lac du même nom dans un décor de conte de fées, je me suis baignée parmi les cygnes et les canards. Ancien lieu de villégiature, vieilli comme ses touristes, la ville mêle harmonieusement immeubles, chalets et hôtels du XIXème. En arrivant,  je me suis demandée si je n'étais pas dans une maison de retraite, une palanquée de vieux attendaient sur les canapés en skay du salon que le restaurant ouvre dans une atmosphère réfrigérée des années 70, une petite mamie en blouse à fleurs et tatannes prenait des notes sur un cahier d'écolier au tableau des activités près de l'accueil. Si ça ne sentait pas l'urine et le produit d'entretien, les haleines fleuraient bon l'alcool, la chambre exhalait la moquette décatie et les relents de vieux tabacs froids mais la vue était sublime du cinquième étage. L'air était enfin sec et les sommets du Triglav, massif mythique pour les Slovènes dont il faut avoir fait l'ascension au moins une fois dans sa vie, émergeaient à l'horizon. L'hôtel conçu pour recevoir un maximum de vacanciers et de curistes, avait un côté poilu, de grandes jardinières remplies de plantes rampantes en masquaient la façade. Il est important de loger loin de la route car malheureusement,  elle fait le tour du lac et son trafic est important. Les eaux de celui-ci sont réchauffées par les sources chaudes qui s'y déversent, les bateaux à moteur sont interdits et au petit matin des rameurs sur aviron se tirent la bourre sur toute la longueur.  Le paddle (très à la mode cet été) est vivement conseillé!
Pour résumer, la Slovénie est une destination pour les sportifs, ceux qui aiment le vélo, la randonnée, l'alpinisme et l'hiver,  le ski et le saut à ski! 

mercredi 20 août 2014

Une virée aux Glénan...

Vous allez trouver étrange de faire tout un pataquès pour une simple virée aux Glénan, alors que j'habite en face! L'aventure friserait le ridicule! 

Que nenni, voilà bientôt quinze ans que je vis ici et je n'avais jamais visité les îles.  
"Ouarf " de s'écouaquer en choeur les copines, "mais louloute, c'est dingue ça, jamais aux Glénan?" Les enfants des écoles y vont au moins une fois par an, les gens du cru prennent le traîne-couillon hors saison pour quelques heures là-bas, le dimanche après-midi, quand il fait beau. 
Ben moi? Jamais!
Certes, j'ai effleuré l'archipel sur un bateau à voile il y a quelques temps, j'ai dû aller plonger une fois aux Moutons (îlot situé à proximité), une autre fois à base jaune dont je ne me souviens absolument pas ayant gerbé copieusement sur mes amis plongeurs,  mais aux Glénan, jamais.
Alors donc? 
Une invitation par prévision météo optimum ne se refuse pas. Ai reçu un sms " départ midi, retrouve nous sur la plage 15 minutes avant" .... Après avoir rangé mes affaires, mis mon bureau en ordre, expédié mon courrier en souffrance, rédigé mon testament, prié la vierge des marins, j'ai juste eu le temps de sauter dans le bateau qui, déjà, bougeait pas mal sur la plage. C'est à la proue (ou peu s'en faut), façon Titanic que j'ai fait la trajet jusqu'à Penfret, en première position prête à crier au capitaine, "terre terre". Nous avons navigué plein ouest, sur un bateau à boudin, dirigé de mains de maître par la copine, une rude habituée à manier la bouée, à virer de bord, à tracer la route mer. Nous l'avons joué "trois femmes dans un bateau" ce qui est peu commun, je vous ai déjà dit à quel point le nautisme est une affaire de mecs, ici et . En arrivant sur le littoral, j'ai toujours une pensée émue pour Christophe Colomb, allez savoir pourquoi! 
Trois pelés et un tondu picoraient des chips sur la plage, la météo nous aurait menti? Moi qui rêvais de mer du sud, de bleu azur et de cagnard, c'était pas gagné. 
On a planté le parasol contre le vent, gardé nos gilets et entamé le pique-nique: trois tomates, une tranche de jambon et deux biscuits au gingembre, en espérant ne pas avoir à jouer les Robinsons! Un tour de l'île à pied s'est ensuite imposé afin de ne pas mourir de froid avant de crever de faim tandis que de gros, très gros nuages noirs s'accumulaient à l'horizon. 
On a repris la mer. 
Le ventre vide est favorable au mal de mer, ce qui est très curieux! 
Je ne vais pas dire du mal, je ne voudrais pas être bannie à jamais de cette expérience ineffable qui consiste à aller bronzer aux îles, non non, ce fut une super chouette journée et une découverte passionnante. Merci les filles! 
Note: pour ceux qui se poseraient des questions le mot Glénan ne prend pas de S, par contre l'école des Glénans installée depuis des lustres sur l'île (1947) visiblement oui... 


mardi 19 août 2014

Croatie épatante...

La Croatie est un pays au croisement de l'Europe du Nord, de l'est et de la Méditerranée, je n'en ai vu qu'une petite partie au nord mais suffisamment pour être séduite, avoir envie d'y retourner dès que possible: explorer les îles, filer vers Zagreb et l'est du pays.

Deux ou trois dix choses que j'ai retenues et aimées. 
Les paysages sont magnifiques: méditerranéens, boisés, et montagnards. Les pentes entièrement  recouvertes de forêts plongent dans la mer adriatique. Il est probable que les années communistes ont préservé le littoral de la folie des stations balnéaires intégrées, puis les Croates n'ont pas cédé aux tentations de l'urbanisation, aucune loi stupide ne la favorise... Les quelques immeubles sont loin du rivage dans les bois et les pinèdes.
Vue de la basilique de Porec en Istrie. 

Certes, au nord, il y a très peu de plages mais des espaces bétonnés ou empierrés le long des chemins côtiers où les baigneurs s'installent comme des cormorans... On chemine, on mate, on se repose sur les bancs en contemplation de la mer bleue et transparente, puis quand l'envie vient, hop, un plongeon. Je ne suis pas descendue vers le sud au delà de Crikvenika à hauteur de l'île de Krk, où l'on trouve une plage de sable fin, mais  publique et très populaire!

Les villes sont anciennes, lovées sur les pentes, défendues par une forteresse tout en créneaux, les maisons au murs peints dans les tons jaunes, ocres,  rouges rappellent l'Italie. Les petites églises sont souvent fermées faute de bedeau, mais on peut en goûter la quiétude intérieure en s'accrochant à la grille qui ferme la porte principale, elles ont, après les années communistes, retrouvé leur fonctionnalité religieuse. Déambuler dans les rues est extrêmement plaisant, la chaleur est tempérée par les brises thermiques.  On y découvre des petits musées dans leur jus, des boutiques aux vitrines de la taille de fenêtre datant de l'époque communiste où il n'y avait rien a exposer car rien à vendre, des gâteaux à petit Jésus en sucre avec sa couverture, des lieux paisibles où il fait bon se poser pour un café ou une bière.
Opatija et Volosko,  dans la baie de Karvner, sont au départ de la Lungomarre, un chemin côtier de 12 km au dessus de l'eau certes bétonné mais souvent arboré. Il offre au public la possibilité de longer le bord de mer, le long des villas sublimes parfois décaties mais au charme fou.
Le lungomarre 
Rijeka ou Fiume est la seconde ville de Croatie. Au musée (nous étions seuls), j'ai redécouvert Gabriel D'Annunzio, le poète, faisant du reuz afin de maintenir dans le giron italien  les terres irrédentes. Au lendemain de la première guerre mondiale, la ville fut dans un premier temps donnée à la Yougoslavie avant d'être  rattachée à l'Italie de 1924 à 1945.  Si l'épicier parle en italien ou en croate selon les circonstances, la majorité des Italiens ont quitté la ville ainsi que l'Istrie en 1945. Cependant, la ville ne séduit guère, il s'y mêle le port, les usines, les magasins immondes des années 70, et au détour, d'une rue,  la tentative désespérée de conserver une porte romaine... Les musées rappellent l'histoire mouvementée très riche et la gloire perdue de ce carrefour. Elle reste le point de départ pour les îles qui nous auraient bien tentés...
L'Istrie est un résumé, loin des hordes touristiques, du littoral croate, on peut séjourner dans l'intérieur de la péninsule et rayonner vers les villes et les criques de bord de mer.
Enfin, la montagne, à quelques encablures de Rijeka, à la fin d'un tunnel qui nous mène des forêts de chênes verts, du chant des cigales et de la mer bleu azur  aux sombres forêts de sapins et aux bouleaux de régions montagneuses. Le choc est épatant! Nous avons atterri  à Sunger, à 820 mètres d'altitude, dans la région de Gorski kotar  dans un B&B sublime, complètement paumé (et pourtant pas tant), des hôtes adorables sachant cuisiner... Le choc est visuel et thermique! Au nord sur la route vers la Slovénie, le parc de Risjnak (payant) offre sur quelques boucles un résumé de la géographie karstique de la région. Il y a fait bon et beau dans un paysage verdoyant et varié.


Parc de Risjnak
Faute de parler anglais couramment mais plutôt comme une vache espagnole, la gastronomie locale m'a échappée ... comment dire? J'ai mangé de la m...? Non, m'enfin du pas terrible!!! Je ne garde de bons souvenirs que des expresso à l'italienne, des bières du 4h et du verre de vin blanc du soir ...Pas trop difficile à dire "a glass of white wine from Istria, please" et pour la bière je me contente de dire bière, biera, bier en accompagnant le mot d'un geste qui veut dire pression! Le degré zéro de la communication, la honte... Au B&B j'ai fait croire ainsi à ma compréhension totale de la conversation, puisqu'obligée de dîner en compagnie des autres locataires, une Australienne, un Hollandais et une famille française dont les membres s'exprimaient dans un anglais très pur.  Le mari  ne semblait guère plus à l'aise que nous et aurait bien causé en français, .... mais l'Australienne aurait été larguée et nous sommes bien élevés! J'ai vaguement suivi la conversation mais sauvé l'honneur en dodelinant de la tête, façon, "je comprends tout ..."(sans m'endormir toutefois) ...
Sans spécialiste de la gastronomie (cooking out tu m'as manquée), voyageant avec un pur esprit peu attaché aux plaisirs de la table, j'ai quand même réussi à tester avec avec bonheur la soupe, la salade de poulpes, les calamars frits, le ragout, les crêpes et les omelettes garnies notamment à Beram, auberge paumée près de l'Eglise Sainte-Marie qui vaut le détour ... Pur hasard! Cinq nationalités s'y trouvaient, la gardienne, qu'un des visiteurs avait pris au pied de la colline dans sa voiture afin qu'elle lui ouvre, braillait dans toutes les langues, trois mots d'anglais, en italien, en croate, en allemand, et même quelques remerciements en français.
Je crois bien que c'est un peu cette image du tourisme croate qu'il faut retenir, en quelques minutes, on vit les contrastes les plus intenses: la mer /la montagne, le chaud /le froid, le vide /le plein, le bleu /le vert etc.... 

lundi 18 août 2014

Une virée en Italie, Croatie et Slovénie.

Voyage en Adriatique,  trucs, astuces et conseils afin de vivre zen la semaine du 15 août, semaine de ouf, celle où tous les Italiens sont en vadrouille mais aussi les Allemands, les Hongrois, les Bulgares, les Finlandais, les Hollandais, les Suisses, les Tchèques, bref, l'Europe entière (et les Asiatiques à Venise..) 

J'ai cherché, avant de partir, des renseignements sur des blogs concernant la Croatie ou la Slovénie sans vraiment trouver ce que je voulais. (C'est au retour, évidemment, que j'ai consulté les sites officiels croates sur le tourisme  qui proposent de très nombreux circuits).
Me restaient les guides et les cartes, un billet d'avion acheté pour Venise à un prix très bas, l'idée étant de louer une voiture et de faire une boucle en poussant éventuellement jusqu'à Zagreb sur 9 jours. 
Les cartes que l'on trouve en France ne sont pas vraiment détaillées, les guides très inégaux. 
J'ai renoncé au Routard afin d'expérimenter le Lonely planet et le Michelin. ( Fils chéri ayant lancé sur le Routard l'anathème, le cataloguant de guide de VIEUX vieux!!! Le routard? Pour les vieux! Non mais, je vous jure, nous qui, justement, ne jurons que par lui depuis des lustres, en connaissons toutes les subtilités, sur lequel on peut gribouiller, que l'on jette au bout de cinq ans dans un mouvement salvateur de désencombrement, ne gardant que les bons souvenirs des bons plans proposés par l'illustre publication...) 
Résultat: bof, .... Ceux que j'ai trimballés pendant dix jours,  sont lourds tous les deux, au sens propre et figuré, pas franchement rigolos. 
Le Lonely Planet est parfois inexact, peu actualisé, les commentaires concernant les lieux à visiter bien légers, par contre, les références de bars ou de restaurants sont satisfaisantes. Le Michelin est plus copieux concernant les sites de visites mais il met l'accent sur les "spots" qui sont souvent blindés de monde, négligent d'autres lieux qui s'avèrent d'une très grande richesse et parfois sans visiteurs ou presque (tant mieux). Les références de restaurants sont souvent onéreuses même si il y a une hiérarchie dans les propositions. Le Michelin est un guide de vieux! 
Au final j'ai donc regretté de ne pas avoir  le Routard de Croatie et celui de Slovénie. Pour l'Italie, les auteurs forcent un peu la main en distinguant Venise, les lacs et l'Italie du Nord ...

Bref, la région est d'une telle richesse que nous n'avons fait qu'effleurer tout ce qu'il y a à voir, à goûter, à expérimenter, à vivre pleinement.

En 9 jours, mon parcours est relativement jouable, réalisé en FIAT 500! C'est une très bonne voiture qui convient parfaitement aux bagages à main des gens qui savent voyager léger! J'ai dû emmener deux tee-shirts de trop ayant pensé randonner davantage mais quatre paires de chaussures dont des tongues et une paire de chaussures de randonnées (ceci pour ma lectrice capable d'emporter 13 paires, elle saura se reconnaître) ...
Mon circuit correspond en gros à celui de la carte ci-dessus, il se concentre au carrefour des trois pays, au nord de l'Adriatique, où se sont mêlés les peuples de la région. (Nous n'avons pas pris l'autoroute pour filer vers Udine mais la nationale qui nous fait contourner tout le massif du Triglav sans passer par l'Autriche).
Massif du Triglav, 2864 m
Arrivée à Venise tardive, nuit à Mestre afin de partir dès potron-minet.
1ère étape,  Venise vers l'ouest de l'Istrie à Bâle, petit village à quelques kilomètres de la mer: 260 km.
2ème étape, de Bale à l'est de l'Istrie, à Opatija, dans une station balnéaire de la fin du XIXème siècle sublime: 80 km.  
3ème étape,  en montagne à Sunger: 58 km.  
4ème étape,  à Ljubljana en Slovénie: 136 km, via le parc  de Risjnak.
Ljubjana en Slovénie 
5ème étape,  à Bled pour se baigner dans le lac: 48 km.
Le lac de Bled, paysage de conte de fées 
6ème étape à Padoue (environ 350 km) et puis deux nuits à Venise  (46km), la cerise sur le gâteau afin d'explorer ce que nous ne connaissions pas encore.
Padoue, le marché
Certes, deux jours sont un peu chargés en kilomètres par méconnaissance des lieux à visiter, des options à prendre, n'ayant que survoler avant de partir la fin du voyage.

Les hébergements des trois premières nuits ont été réservés avant notre départ, puis nous avons choisi en fonction de nos envies, 24 ou 48h avant sur internet. A deux, il est aisé de trouver des chambres sur le site de booking que je fréquente assidûment et dont, pour le moment, je n'ai pas à me plaindre, bien au contraire, je conseille toutefois de lire les commentaires qui permettent de nuancer les notes parfois élevées mises par les clients. Toutes les villes proposent la wifi libre, tous les restaurants, les hébergements également, et le service est rapide contrairement à ce qu'on peut connaître dans certains coins de Bretagne!

Pour résumer, on circule facilement, le réseau d'autoroutes est dense, efficace. Merci à l'UE qui a financé les chapelets de tunnels et de viaducs permettant de franchir cette région montagneuse, autoroutes du soleil pour les pays du nord qui filent sur les plages de la côte dalmate et de ses îles!

Trois bonnes raisons de rester au nord de la région : le soleil, la mer et l'histoire!

samedi 16 août 2014

Alice sur le vaporetto.

Venise ne fait pas le plein pendant la semaine du 15 août, qu'on se le dise mais il n'empêche qu'on se bouscule sur le pont du Rialto, dans les vaporettos et qu'on y parle toutes les langues du monde ou peu s'en faut! 


En partance de Venise sur la ligne 2, ultra rapide, vers Tronchetto, Alice, 4 ans, voyage avec ses parents.  De la rive et des charmes du grand canal, elle ne voit rien, trop petite, pas plus que son petit frère, 2 ans et demi, voire un peu moins. Il est 14h, il fait plein cagnard. La famille vadrouille depuis tôt le matin, le grand-père est là, le père aussi probablement mais il a la bonne idée de garder la poussette à l'autre bout de la plate-forme, je ne le verrais pas, l'entendrais au bout du fil dire son accord pour descendre.
Les deux enfants font ce qu'ils peuvent entre les jambes des adultes et Martin pourrit bien sa grande soeur commençant par lui tirer violemment le tee-shirt jusqu'à l'étrangler...Cette dernière a à peine le temps de réagir que la main anguleuse de la mère la menace d'une claque bien sentie, "par qui je commence? Alice tu es la plus grande?" .... 
Alice n'a pas réagi, sans doute habituée à perdre au jeu de la protestation, préférant probablement ne pas  risquer plus que l'étranglement ! Elle a baissé la tête, chafouine. Martin a continué à pourrir la soeur, avançant son pied toujours plus loin, pour lui taper la jambe ou lui écraser les doigts de pieds qui dépassent des sandalettes, il braille mais sait  l'emmerder en  grand habitué ! Il se  roule par terre, s'enroule autour des jambes du grand-père avec une très grande énergie, les cheveux collés aux tempes par la sueur et tente d'échapper afin de retrouver son père, peinard.
La mère essaie de parlementer, elle menace de descendre "on va partir!!.". Le petit prince hurle "non je ne veux pas partir" .. Alice geint "non non "...
Chantage inutile puisqu'effectivement, descendre, prendre l'air, leur donner à boire ou à manger restent les meilleures options.
Mais, Martin trépigne, il rampe vers d'autres jambes avant qu'une poigne ne le retienne par le bras et ne le campe à nouveau debout. 
Alice est très sage, et probablement habituée  à se taire et à encaisser en silence.
Voilà comment on fait des garçons sûrs d'eux, prêts à écraser tout le monde sur leur passage, sans état d'âme et des filles timorées, peu sûres d'elles, s'effaçant devant le mâle viril!
Des princes machos et des princesses chichiteuses qui préfèrent encaisser plutôt que risquer pire car quoiqu'elles disent, elles ont tort!


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