lundi 8 avril 2013

Le Louvre, de l'Allemagne 1800-1939






Exposition très intéressante au Louvre sur les peintres allemands de 1800 à 1939, de Friedrich à Beckmann, contribuant à la construction du nationalisme. J'ai pu bénéficier de la gratuité car mon accompagnateur, heureux ami du musée, pouvait me faire profiter pendant les quinze premiers jours de l'évènement (CQFD)*. Coup de bol, cela nous a permis d'éviter les hordes de touristes aux caisses. L'exposition est surtout fréquentée par les gens du cru, initiés, prout prout, ne prenant que peu de photographies contrairement aux étrangers avides d'immortaliser la Joconde ou la Vénus de Milo.

Y a pas, les romantiques allemands sont sinistres, quelques chefs d'oeuvre dont les paysages fantasmés de montagnes de Carl Gustave Carus et les gravures d'Otto Dix .
Je serais bien incapable de donner le nom de l'artiste qui a peint ce magnifique tableau au personnage en arrière plan,  si teutonique. La naïade à poil, est juchée sur un crocodile monstrueux dans lequel le preux et hardi chevalier a planté son épée. On peut presque imaginer son regard énamouré pour la pulpeuse vierge.

C'est avec un plaisir toujours renouvelé que nous avons arpenté la galerie des  portraits funéraires de Fayoum, après avoir traversé la canopée grisâtre des arts islamiques ou les  bouts de verre côtoient les petits morceaux de céramiques. J'ai déjà dit toute la déception que m'inspire cette nouvelle aile inutile. Ici fragment de linceul funéraire dit portrait d'Ammonios

dimanche 7 avril 2013

Cheveux chéris ....



Persuadée que nous aurions à nous cailler comme des bêtes dans les longues files d'attente du quai Branly, c'est de bon matin que j'ai pris des billets coupe-file pour une exposition alléchante par son thème : Cheveux chéris. J'avais souvenir de caillantes dans le vent, devant des cerbères ravis de fermer la barrière à la barbe du client avide de découvertes culturelles, le rictus sur les lèvres, mais c'est le désert que l'on a trouvé, trois pelés et un tondu se pressaient au musée, sombre comme le gris du ciel.  
Hormis les têtes réduites dont j'avais  vu un aperçu sur le site du musée, j'imaginais du grandiose, des tonnes de cheveux, des  choucroutes, des tresses, des perruques, des brosses et des peignes, des bigoudis, des sèche-cheveux antiques, des onguents gomineux et des recettes miracles afin de les conserver soyeux,  bref du quotidien et du sacré.
Le mélange des genres est à l'image du musée, un poil décevant, même si les textes informatifs sont bien faits  et instructifs. Le cheveu ne se conserve pas sauf chez les peuplades primitives, (donc pas tant),  qui ont su les faire durer pour l'éternité. La première partie de l'exposition "frivolités" est peu lisible, terne ce qui n'est pas le cas concernant l'exposition des objets ethnographiques du musée, mis en exergue pour notre plus grand plaisir et notre plus effroyable répugnance.
 Un film terrible sur la tonte des femmes à la Libération fait le lien entre les deux parties. Monté pour l'évènement, il montre la jubilation des hommes dont la virilité fut bafouée pendant les années d'occupation, retrouvé alors toute leur puissance aux dépens des femmes, la clope au bec, jouissant littéralement la tondeuse à la main, exhibant ces accusées de collaboration horizontale,  sous les cris et les rires gras de la foule. On mesure à quels points les cheveux sont consubstantiels de la féminité. Les caméramans filment des visages ravagés, asexués,  maltraités, tuméfiés, marqués de croix gammées,  devenus objets de haine  et de honte.
La seconde partie met en exergue les reliques, les trophées, conservés afin de conférer à leurs propriétaires la force et la magie des ancêtres ou des victimes héroïques, mortes après s'être bien battues.

samedi 6 avril 2013

A Paname ....


Une déambulation dans Paris sous ciel gris clair et température froide bien que l'on soit en avril.
Au Mémorial de la Shoah, la visite est gratuite, et l'exposition temporaire évoque la spoliation des biens juifs pendant le régime de Vichy. J'aime feuilleter les ouvrages dans la librairie puis déambuler dans le quartier.
J'ai déjeuné chez Allo sushi (13 rue cloche percée), du riz et du poisson  aux herbes fraîches avec un  thé au jasmin. Mes voisines de table racontaient leur vie. La plus âgée évoquait son parcours du combattant contre un hypothétique cancer du colon, quant à la deuxième, elle faisait le point sur son divorce: en gros avec 2100 euros, tout en ayant garder la maison (ou l'appartement) elle avait du mal à joindre les deux bouts, son ex à qui elle n'avait plus rien à dire  (car les femmes qui souffrent beaucoup plus que les hommes,  ne peuvent pas partager leur coeur contrairement à la gente masculine) dialogue en faisant des chèques. Le père n'a plus que des relations pécuniaires avec ses enfants tandis qu'ils sont chez elle ou reviennent toujours vers elle! Je ne me suis pas ennuyée pour deux sous dans ce petit restaurant sur la rue de Rivoli.
J'ai enquillé sur la Maison Européenne de la photographie pour deux expositions: les dix ans de la revue Images, et une rétrospective de Joël Meyerowitz, photographe du quotidien aux Etats-Unis dans les années 60-70, ainsi que des ruines du World Trade center en 2001.
 Je suis allée à la piscine 17 rue de Pontoise, probablement la plus belle de Paris, dans son jus. On choisit une cabine équipée d'un petit banc de bois, on y laisse ses affaires, ce qui est très pratique. Le bassin est vaste, 33m, malheureusement il y avait foule (les autres piscines sont encore fermées à 16h), des hommes nageant n'importe comment, dans tous les sens, les bras en vrac le plus souvent. On peut juste patauger mais cela me va bien puisque je n'y vais que pour rééduquer mon épaule et mon biceps meurtri qui ne retrouve pas sa souplesse. L'eau est chaude, l'ambiance bonne enfant.
Enfin, revenir par Odéon, en déambulant dans le 6ème, prendre une bière au Danton, m'a donné l'impression de voler du temps et de  pouvoir enfin profiter de Paris, pleinement .Je suis entrée dans tous les librairies que j'ai trouvées sur mon chemin. Hormis la librairie Compagnie toutes les autres sentent la mort lente, le vieux papier éculé, la librairie de l'histoire pourtant bien fournie n'est plus que l'ombre d'elle-même. Tout est pich!  

vendredi 5 avril 2013

Ma 1ère GGP7


J'ai fait ma Parisienne, presque façon Ines....à la Girls Geek Party !
Avant un récit plus détaillé, quelques impressions premières :
- un chouette quartier: les quais du canal Saint-Martin
- un lieu magique, le Comptoir Général: bois, plantes, chaleureux
- des nanas organisatrices au top, au turbin depuis le début de l'après-midi, présentes sur tous les fronts.
- et surtout la découverte d'un monde de la communication qui m'est complètement étranger, dont au premier abord, je n'ai perçu que le mélange des genres: entre la séance de maquillage sous les feux des projecteurs, la cabine à photomaton de luxe, (on ne peut qu'être belle), la pose de faux cils, la dégustation de produits florette, le trempage de fraises dans une crème de caramel au beurre salé absolument divine, j'ai cherché le lien ....
- sans doute les 200 nanas qui ont transité, toutes blogueuses, toutes très jeunes (moyenne d'âge probablement 30 ans) pour la plupart parisiennes, très sympathiques, ouvertes aux autres. Le blog est forcément ce qui a donné du sens à la réunion bien que celui-ci n'ait été abordé que dans les rencontres particulières, très enrichissantes. Elles écrivent sur tout, certaines se sont faites spécialistes, ce qui leur a permis d'être reconnues.
J'ai aimé...


mercredi 3 avril 2013

La province à Paris ....

Je suis invitée jeudi soir à une soirée blogueuse, 200 nanas en folie dans un lieu hip très parisien. Je vais faire ma Bécassine et je pense d'ailleurs être invitée pour cela. Chose très curieuse s'il en faut.... Je vous promets un récit détaillé de mes aventures.

En attendant, j'achève mon marathon/rattrapage anticipation du week-end de l'Ascension (dans l'enseignement , vu que ces tas de feignasses passent leur temps en vacances, rien ne se perd, tout se transforme), nous devons rendre un mercredi après midi ce que nous gagnons un jeudi ... Miracle! Il me semblait profiter d'un vendredi, (jour béni où je ne travaille pas) mais je dois bosser le mercredi pour un jeudi matin. C'est simple, c'est l'éduc nat.! Pour mieux comprendre un schéma s'impose. Pour l'heure, les bras m'en tombent, je ne comprends rien . Damned! Et vous non plus sans doute....
Bref, ma fille enquille en théorie quatre et demie le matin, jusqu'à 12h30, reprend dès 12h45 jusqu'à 17h45, je n'ai pas tout compris et ne sait pas encore si elle déjeunera.... Mais y a pas à tortiller, faut ce qu'il faut. Cela me fait penser à l'empilement des normes dans l'administration, tant de centimètres de merguez en maternelle, tant en primaire, deux en collège et trois en lycée!
Là, on applique coûte que coûte.
Mais il y a pire, on ferme les toilettes pour un tag! Envie de pisser et tout l'étage est condamné à courir au rez de chaussée ou à se faire dessus. Une salle de perm en plus, que nenni, il y a eu des grafitis tel jour, c'est intolérable...C'est comme si on fermait une route pour un accident...
On se croirait parfois en tôle, en univers carcéral où la moindre faute de l'un entraîne la punition de tout le groupe!
J'ai toutefois découvert qu'en faisant appel au comité d'hygiène et sécurité, je pouvais peut-être exiger qu'on ouvre les toilettes sur le champ afin que je puisse satisfaire mes besoins sans avoir à risquer la fuite dans les escaliers. 
Pour un si bon matin, j'aurais pu faire plus glamour ... 

mardi 2 avril 2013

Un petit bijou: sur la scène intérieure de Marcel Cohen.


Je viens d'avaler, mot qui qualifie à quel point j'ai aimé ce livre, Sur la scène intérieure, de Marcel Cohen (Gallimard, L'un et l'autre). "Sur la scène intérieure", explique Marcel Cohen, contient et expose "tout ce dont je me souviens, et tout ce que j'ai pu apprendre aussi sur mon père, ma mère, ma soeur, mes grands-parents paternels, deux oncles et une grand-tante disparus à Auschwitz en 1943 et 1944". Ce "tout" se résume à très peu. 
Chapitre par chapitre, Marcel Cohen mêle à leurs biographies, ses propres souvenirs, ténus, il n'a alors que 5 ans, il décrit les quelques objets qu'il a gardé d'eux. On voyage dans les quartiers de Paris, mais aussi à Istanbul où ils sont nés. 
Ces souvenirs, très personnels, résonnent pourtant de manière universelle. Le récit est factuel mais l'écriture transcende celui-ci, l'émotion est palpable, mais sans pathos. Chaque mot, chaque ligne se suce comme un bonbon.
 Cet ouvrage est beaucoup plus intéressant et bien mieux écrit que celui de Boris Cyrulnick.

lundi 1 avril 2013

Week-end pascal!



Que faire un week-end pascal quand on n'est pas vraiment en famille, qu'en gros, on se fiche comme d'une guigne que ce soit pascal ou pas, juste que, coup de bol, on a notre lundi! Ce dernier, chômé, inaugure une longue liste de ponts à venir, très sympathiques, qui transforment, généralement, mai en gruyère.
J'ai visité Landerneau. Certes, vous allez me dire, il y a probablement plus exaltant, comme d'aller à l'abri du vent se coincer dans un trou de rocher, sur la plage, afin de profiter des quelques rayons de soleil, marcher d'un bon pas sur le chemin côtier ou gueuletonner.
Non, moi j'ai choisi Landerneau, pour faire du bruit! Le petite ville a rejoint à la fin du XVIIIème siècle ses homologues comme Pezenas, Quimper Corentin ou Brive la gaillarde afin de faire rire les Parisiens aux dépends de la province, espace imaginaire, loin de tout, trou en surface breton,  privé de la capitale, lieu de léthargie, d'hibernation, désert où l'on va s'enterrer.
Et je ne peux m'empêcher de penser à cette insultante saillie de Montebourg à notre égard (son premier ministre nantais) qui illustre le mépris dans lequel tout parisien nous place:  "Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes, tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes."  Il a dit tout haut ce que ceux de la haute pensent tout bas: la province reste ce ramassis de cul-terreux dont Alain Corbin parlait si bien dans un article des lieux de mémoire en 1992. Rien n'a changé.
Mais ce n'est pas mon propos, Landerneau vaut le détour, son centre historique est rénové et surtout depuis un an, Hélène et Edouard Leclerc, l'épicier, ont ouvert un fond d'art contemporain. Aujourd'hui il expose les oeuvres lumineuses de Yann Kersalé, demain Miro.
L'exposition est épatante, des cubes abritent les mises en sons et  lumières des lieux bretons. On pénètre dans les boîtes noires, on vibre sur les bancs sous le coup des vagues, on chemine à l'intérieur des parcours lumineux. Cela ne peut que plaire aux enfants, très sensibles à l'art contemporain.
Elle se termine bientôt, courrez-y!
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