mercredi 2 décembre 2015

La cache Christophe Boltanski

La cache de Christophe Boltanski n'est pas seulement bien écrit, il est passionnant.
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L'auteur dresse le portrait de sa grand-mère en parallèle avec celui de l'appartement habité rue de Grenelles, ceux de ses oncles et de son grand-père caché dans l'entre-deux, pendant la guerre. Tout comme Sauve qui peut la vie de Nicole Lapierre, lu récemment, il interroge la migration des Juifs d'Europe de l'est vers des jours meilleurs, fuyant les pogroms et la révolution russe, les réseaux, les tribulations des noms de famille modifiés au cours des retranscriptions, les souvenirs, les quelques photographies rescapées, les traditions culinaires parfois oubliées ou ré-interprêtées, le vocabulaire, les accents la perte des racines, la disparition de toutes traces à Odessa, le questionnement sur la judéité. 
Je suis toujours surprise de lire à quel point la France des années 40 restait très largement antisémite, comment, ici, le milieu médical des hôpitaux de Paris a mis au ban de la société leur personnel juif, qu'il a repris sans se poser de questions à la fin de la guerre et sans excuse. Comment l'occupation a libéré les haines, l'indifférence, les dénonciations. 
Il interroge aussi les ressorts de la création artistique et littéraire de cette grand-mère Myriam qui n'a jamais cessé d'écrire et  de l'artiste Christian Boltanski  qui est son oncle.
Faire le portrait d'une maison est une idée très originale et la construction du livre est d'une grande subtilité, j'en conseille vivement la lecture. 

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