mercredi 14 mars 2012

Gulliver

Qui n'a jamais lu les voyages de Gulliver? Moi, me semble-t-il, et pourtant j'ai feuilleté ce satané bouquin à multiples reprises afin d'y contempler l'image qui  montre le héros prisonnier des Lilliputiens. Je ne me souviens pas avoir tourné la page pour découvrir sa libération. En tout cas, ce dont je me rappelle, ce sont les mille liens qui le retiennent cloué au sol. 

C'est sûrement sur l'image ci-dessus que j'ai fantasmé pendant des heures, persuadée que les cordelettes fixaient la peau et non les vêtements, que s'arracher ferait un mal de chien et laisserait le pauvre Gulliver en lambeaux. Je me disais aussi que les milliers de flèches qui lui sont lancées, pouvaient atteindre les yeux et le rendre aveugle. L'histoire me tordait les tripes.
Je n'ai pourtant jamais eu envie d'aller plus loin, persuadée qu'elle était adressée aux garçons. Allez savoir pourquoi?  Il n'y avait pas  d'images de princesses neu-neu en attente du prince charmant, toujours un peu con il faut bien le dire... C'est sans doute pour ça! Je ne pouvais m'imaginer en garçon, j'étais une fille avec tout le conditionnement de l'époque. Il fut lourd!
Je réalise qu'il s'agit d'un conte du XVIIIème siècle, dont la satyre est très en avance sur son temps et très critique à l'égard du régime britannique. Je lis le pourquoi de la guerre que livrent les Lilliputiens, la stupide bataille entre les gros-boutiens et les petits-boutiens, le roi de Lilliput ayant imposé à son peuple le bon côté pour casser l'oeuf à la coque!

dimanche 11 mars 2012

L'aquarium



Quand les enfants étaient petits, un de leur grand plaisir était d'aller au soleil couchant sur la plage des petits bouts de verre (appelée ainsi car on y trouvait une quantité astronomique de bouts de verre, verts, usés par les marées, le flux et le reflux) afin de ramasser des petits ... bouts de verre, de jolis coquillages, si possible, des grains de café en nacre et des bestioles. A marée basse, on explorait les mares à la recherche de gobis. 
A force de les  remettre à l'eau, la quête achevée, ou de rapporter des seaux grouilants qui finissaient tous dans l'égout, nous avons fini par avoir la magnifique idée d'acheter un aquarium de 100 litres afin d'y entretenir notre pêche miraculeuse. 
Nonobstant la taille monstrueuse de l'aquarium, nous avons commencé petit: un fond de flotte puisée à la plage et rapportée dans des seaux de plastique jaune, deux trois cailloux, une ou deux algues, deux ou trois gobis ..... Puis on a augmenté la quantité de flotte, on y a mis des crevettes, des poissons minuscules des algues, du sable, un moteur, un filtre, et plein de gobis.... Pour changer l'eau régulièrement, on a investi dans des jerricans que Bobonne allait remplir deux fois par semaine à la plage afin que l'écosystème reste en équilibre. Bobonne s'est lassée, erreur fatale.
L'aquarium a commencé à connaître quelques modifications subtiles, un substrat verdâtre s'est délicatement déposé au bas des vitres. Au petit matin, je comptais les cadavres, de crevettes essentiellement, les gobis avaient l'air de survivre sans trop de problèmes, de toute façon au bout de trois jours, l'aquarium est devenu opaque, une odeur nauséabonde a commencé à se dégager du coin de la cheminée où il trônait. Je m'armais de gants mapas, roses et je vidais le contenu une pince à linge sur le nez, sous le chêne du jardin avant d'aller à la plage remplir mes jerricans qui avaient le bon goût de fuir un peu et la voiture sentait la marée!
Autant vous dire que tout le monde se foutait comme d'une guigne du surplus de boulot attribuée à Bobonne, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase fut le retour de vacances, quand il a fallu vider la merde, pour le dire crûment mais il n'y a malheureusement pas d'autres mots afin d'évoquer  le cloaque que c''était devenu.
Beurk, beurk, beurk!
J'en ai eu des hauts-le-coeur, c'était infect, pourri, immonde. J'ai remisé, au désespoir de tous, l'aquarium géant dans le grenier qu'on a refilé à je ne sais qui lors du déménagement.
On a remplacé l'aquarium d'eau salée par une mare grandeur nature, qui ne demande aucun soin ou presque, les poissons se reproduisent peinardement, si ils ont la chance de ne pas se faire becqueter par les aigrettes ou autres hérons fiers et ombrageux.

vendredi 9 mars 2012

Petit bilan capillaire

1,82, 19 ans, végétarienne, israélienne, et miss ... Shani Hazan...C'est tout moi....  

..ou la fête du poil! 
L'aventure de ma vie ces derniers jours, si vous vous en souvenez, fut d'adopter pour la première fois depuis 23 ans, la coiffure lionne, enfin, de tenter le lâchage de cheveux. J'ai donc pleinement assumé la transformation, arboré fièrement la tête haute, le poil gris long et bouclé.
Je ne fus pas déçue! 
Un conseil, n'hésitez pas, CHANGER... Certes, si l'on est habitué à vous voir, du jour au lendemain, le cheveu en pétard et rouge, chausser des cuissardes après avoir minaudé en jupe plissée bleu marine et vernis à boucle la veille puis dandiner du cul dans une petite robe noire moulante le lendemain sur 15 cm de talons aiguilles, avant de finir en jean et en nattes sur cheveux ralongés, il est certain, qu'on s'habituera très vite à vos changements vestimentaires et capillaires et qu'on n'en fera plus cas! 
Mais si comme moi, vous avez conservé depuis des lustres la même coiffure, tout changement provoque dans l'ordre:
- le regard oblique sous cape de celui qui n'ose rien dire à votre brutale transformation
- le franc zieutage 
- la blagounette genre " toi, tu as changé quelque chose? 
- Oui, oui, tu vois bien,  j'ai laissé pousser la moustache!
- le compliment, 
- l'enthousiasme, l'adhésion, en un mot, 
Vous vous sentez star!
Tout le monde y va de son petit compliment: les copines, les collègues, et même la caissière du grand magasin! C'est dingue! En vrac: " tu fais moins stricte, tu prends dix ans de moins, t'as rajeuni, je le savais qu'il y avait de l'humanité en toi, ça te va bien, oh la la ...."  et j'en passe. 
Alors donc je remercie mes filles qui me travaillent au corps depuis plusieurs mois, mon père et ma mère qui m'ont transmis des cheveux bouclés, ma coiffeuse qui a osé, malgré la trouille de ne plus me revoir ou que je me mette à pleurer devant un éventuel désastre( je n'arrêtais pas de dire que ça allait repousser), mes amies, mes amis, mon metteur en scène, les éclairagistes, mais ...mais, je m'égare, je ne suis pas à la remise des oscars, juste un soir de coucher de soleil après un bain à grande marée qui a failli m'emporter au loin, au propre et au figuré .... 
Elle réchauffe ma bienaimée, un petit 13°? 
Amis parisiens, venez en Bretagne à Pâques, il fera beau et chaud . Comme souvent!

mercredi 7 mars 2012

Les chevreuils


Je ne saurais trop vous recommander de venir en vacances en Bretagne, la nature y est en fête. Souvent il faut se lever tôt....
A ce prix je ne suis jamais déçue.

Ce matin, vers 8h30, sur le retour le long du chemin côtier,  pas de salamandres, - de toute façon, je galopais au côté d'une copine qui me parlait de long en large des conseils de classe de son fils, dans un lycée privé, la jubilation d'entendre critiquer la concurrence me faisait regarder au large et non mes pieds- donc pas de salamandres, disais-je, ni de piverts, ni de hérons, mais un couple de chevreuils. Pour meubler, et vous alléchez par la faune sauvage bretonne, sachez, bande d'ignorants urbains que le nom latin de la bestiole est Capreolus capreolus, le mâle est appelé  brocard et la femelle,  chevrette, 1,20m, 65 cm de hauteur au garot, 24kg adulte, pelage gris foncé en hiver, et un joli miroir blanc à l'arrière en forme de coeur chez la femelle, genre levrette:"par ici, venez-y!!" Ci-dessous un joli miroir.....
Au fond de l'anse, à pas lents et précautionneux, les deux  déambulaient en quête de nourriture. La copine un poil bigleuse,  me dit entre deux ahanements, " mais non, ce sont des chiens! " Que nenni, des chiens ça court partout, ça furète, tourne en boucle, galope, et généralement il y a derrière un vieux con maître irascible qui leur crie dessus car ils sont dans la boue. Là, peinards, les deux bestioles, prenaient leur temps, tête en l'air, queue blanche rebiquée et pas lent.
Malheureusement, notre galopade lourdaude les a faits fuir, bien avant notre arrivée sur zone. Dommage, car j'aurais pu frimer en mettant une magnifique photographie sur le blog!

lundi 5 mars 2012

La salamandre

Ce matin, sous une drache tièdasse, nous sommes tombées en arrêt devant cette magnifique bestiole. Elle faisait le gros dos mais ne bougeait pas, elle s'est laissée prendre en photographie telle une star du chemin côtier.
Le footing était pépère, sympathique et en compagnie agréable. Au bout de 5 minutes, j'étais trempée jusqu'aux os, pas question de s'arrêter. Puis le ciel bleu est revenu sous un vent violent....

samedi 3 mars 2012

La coupe de cheveux ....


Voilà plus de deux décennies que je suis coiffée de la même façon. Une coiffure stricte, lisse, rapide à exécuter, passe-partout, qui permet de ne pas se poser de question.
Seulement voilà, stricte et vieille, c'est prendre quelques années de plus, quoique! 
Alors donc ce matin, j'ai décidé de changer de tête. Non, je n'ai pas opté pour la frange, ni pour une couleur, j'assume encore relativement bien mes cheveux blancs mais pour un dégradé long et court à la fois, afin de lâcher les cheveux. 
La coiffeuse a eu peur, elle a pris moultes précautions, me disant que je n'étais pas vraiment prête, et qu'elle ne voulait pas brusquer les choses, que ce qu'elle allait me faire, me permettrait toujours d'attacher.
Une fois séché, j'ai insisté pour faire enlever encore 5 centimètres en longueur et j'ai assumé, je suis allée au marché et au supermarché, contente de ma nouvelle tête, une tête de lionne, rhhaaa, façon, façon.... Anémone (qu'on n'a d'ailleurs pas vue depuis des lustres au cinéma) ou façon Ursula Andress, pour ceux qui ne verraient pas, sauvageonne...
Les copines ont aimé, m'ont dit que je prenais un coup de jeune et surtout que cela faisait moins stricte. 
Mais j'attendais avec impatience l'arrivée de mon ado préférée ....

Taddaaah ! 

Ce fut le cri du coeur " oh! mon dieu"+ ricanement+ pouffage+ " tu ne vas pas au boulot comme ça" + "ça fait prof de physique du collège" (autant vous dire que c'est loin d'être un compliment) et moi d'ajouter " ça fait vieille folle?"
Réponse: " je te laisse te qualifier comme tu veux, mais franchement il faut teindre .... "

L'exilée dans la capitale (mon ainée) persiste et signe et me supplie d'attendre son avis, au prétexte que je ne vais pas en mourir pour un week-end .... De toute façon, les cheveux sont courts et je saurais demain si je dois me promener quatre mois avec un turban, façon Simone de Beauvoir!
J'ai déjà fait, le jour où je suis devenue blonde. Pendant 24h,  j'ai dû longer les murs pour aller au super marché m'offrir une teinture noire afin de camoufler ce que le coiffeur avait mis tant de temps à faire de moi, une blonde fadasse, même pas blond Maryline ...
Décidément, je ne suis pas loin de penser que depuis que je suis née, je suis maudite pour les coiffeurs. Petite, ils m'ont tondue pendant des années, puis il y a eu la période permanente afin d'être bouclée, on finissait frisée comme un mouton, puis j'ai abandonné toute expérience et me suis coiffée stricte mais pratique  et intemporel. 
Finalement .... je crois bien que je vais attendre que cela repousse...
Aux dernières nouvelles, l'aînée aime, son copain aussi, mais je le soupçonne d'être poli, il a intérêt de toute façon!
C'est léger et puis j'ai relevé le tout à l'aide d'une petite pince discrète, intermédiaire entre le strict et le Elisabeth Badinter! 

vendredi 2 mars 2012

Les aliens de la mare.


Dans mon ancien blog, il était souvent question de ma mare. En effet, il y a une mare dans mon jardin. C'est un sujet permanent de contentement. Alors qu'on n'a jamais rien mis de bestioles, on a trouvé un beau matin une bonne douzaine de poissons rouges. Depuis, on y a déposé, en douceur, quelques spécimens de la jardinerie dont il ne reste plus que Gaston, un beau jaune mordoré, et un petit bâtard ni rouge, ni blanc, ni noir, centriste que je surnommerais bien Bayrou, d'ailleurs ou consensus (je me comprends... et mes anciens lecteurs aussi).
Parmi les multiples merveilles d'une mare, il y a la fornication des grenouilles et des crapauds, leur chant en juin, les deux écureuils, le renard entre chien et loup, et tous ces magnifiques oiseaux qui viennent boire un coup au bar de la mare: pigeons, corneilles, merles et merlettes, grives, martins pêcheurs et ce qui me plait moins car prédateurs de mes jolis poissons, aigrettes et hérons cendrés. J'en oublie sûrement, toutes mes excuses.
Ce matin, le spécialiste est passé faire un bilan de mes tailles de haies (et surtout évacuer les monceaux de déchets végétaux accumulés car je fais grève de déchèterie) et le diagnostic est tombé, il faut arracher les deux tiers d'une herbe envahissante qui joue un rôle de filtre mais risque bien d'étouffer les nénuphars. Paradoxe, une mare trop claire, c'est mauvais! Comment faire pour éradiquer, quand on est devenue une adepte inconditionnelle du taille-haie électrique, pour ne pas finir comme Claude François? C'est simple, descendre en maillot de bain et arracher l'envahisseur à plein bras!
Me baigner dans la mer, sachant ce qu'il y a ne me gène pas, dans la mare, je suis moins tentée, je dirais même pas du tout. Il reste la version râteau, mais au dire du spécialiste, non, je vais crever la bâche ou abîmer le fond .... J' approfondis la question avant toute opération et je vous tiens au courant. 
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