mercredi 28 novembre 2012

A dangerous method

Vous allez dire: elle est gonflée, critiquer un film alors qu'elle s'est empafée sur le canapé à l'arrivée d'Otto Grass joué par Vincent Cassel, excellent comme d'habitude, pendant la querelle entre Jung et Freud... Oui j'ose! Je me suis réveillée sur une scène "hot", entre Jung et sa patiente me disant que la psychanalyse avait ainsi réglé le problème de la jeune femme, "hystérique", névrosée.... Ouf!
Ensuite, je n'ai pas trop compris et ai dû consulter google et wikipedia afin de cultiver mon cerveau plus enclin à faire l'huître,  usé qu'il était par une journée de boulot, une séance de gym et un bon flip.

Cependant, le film m'a marqué au point d'en rêver cette nuit et de me réveiller avec des regrets (de ne pas avoir tout vu), des interrogations sur le destin des uns et des autres notamment celui de Sabina Spielrein.
La patiente est jouée par une actrice à la beauté à couper le souffle qui est capable de s'enlaidir, de se tordre le visage afin d'exprimer toute la douleur qu'elle a connue enfant sous les sévices de son père. Celle ci devient une éminente psychanalyste et médecin, elle retourne vivre avec ses filles à Rostov sur le Don où elle meurt en 42 sous les balles des Einsatzgruppen. On comprend aussi pourquoi Freud décède des suites d'un cancer de la mâchoire, il tripote en permanence un barreau de chaise monstrueux, bien cancérigène!
J'ose ainsi conseiller le film aux personnes en pleine forme, prêtes à goûter les dialogues percutants et instructifs entre Jung et  Freud. Coup de bol, il passe à la télé!
(J'aurais peut-être regretté mes 6 euros!)

lundi 26 novembre 2012

Les vacances au ski ...


Je vais finir par détester les vacances au ski ...
La première raison est de concilier les désirs des uns et des autres sur les dates de vacances, chacun voulant profiter au maximum de toutes les opportunités, et notamment les joies du nouvel an ... 
La deuxième raison est qu'il faut, chez moi, faire coïncider les prix les plus bas à la limite de l'indécence avec le haut de gamme, si possible en pied de piste, repas compris ou proximité des bistros et des restaurants au cas où une crise de flemme toucherait une partie de la compagnie.
Autant vous dire que la mission est impossible à honorer, tout ce qui correspond aux critères sus-nommés est cher, hors de prix, tout ce qui correspond aux prix les plus bas se situe à des kilomètres des premières remontées mécaniques et est en général tout pourri.
Si vous ajoutez à cela que, s'y prendre en novembre pour le nouvel an, voire pour  février relève de l'inconscience la plus totale car tout ou presque est déjà loué. 
Qui a dit CRISE? 
Que dalle, la neige n'est pas encore tombée que toute le monde a réservé son home-sweet-home pour le nouvel an, les hôtels sont blindés, les chalets en bois loués, bref... 
Tout va très bien madame la marquise!
La troisième raison est que si j'apprécie pleinement le crissement des pas sous et sur la neige, les guirlandes sur les chalets de montagne, la tartiflette près de la cheminée, je suis d'avance morte de trouille de me péter un genou, je suis donc totalement maso! 
Allez savoir pourquoi je m'emm... à chercher la perle rare alors que perso, je préfèrerais marcher en raquettes sous les arbres, en mère peinarde, dans le silence et la quiétude d'une après midi d'hiver ...Sans avoir 900 de bornes à faire .... En plus!
Cela dit, il y a pire dans la vie ....

samedi 24 novembre 2012

Une virée à Rennes.


J'ai découvert le nouveau Rennes, celui que je ne connais pas si ce n'est pour l'avoir traversé rapidement autrefois, le quartier de Beauregard entre barres d'immeubles et friches. Aujourd'hui, trouées vertes, pistes cyclabes, immeubles à l'architecture novatrice constituent un espace probablement très agréable à vivre. On trouve aussi dans ce quartier un musée digne de la Bretagne, le Fond régional d'art contemporain.
Il y a quelques années je suis allée en formation au Frac de Bretagne qui alors abritait ses collections en partie dans l'ancien séminaire de Châteaugiron, bâtiment vétuste, froid et humide. Depuis quelques mois, la région s'est doté d'un musée superbe, qui honore les artistes  et permet de stocker et exposer dans un cadre magnifique des oeuvres de qualité et de renommée internationale.
Jusqu'au 9 décembre se déroule la biennale d'art contemporains de Rennes autour de la notion de pionniers, elle s'intitule les Prairies. C'est une très belle exposition, à découvrir en même temps que le bâtiment. Il est fort dommage que le Ouest-France n'ait pas évoqué dans les pages Bretagne l'inauguration du lieu, ni les expositions qui s'y déroulent. En laissant moins de places au blanc entre les lignes afin de faciliter la lecture pour les nombreux presbytes qui constituent son lectorat,  sans doute pourrait-il ajouter deux ou trois articles sur la vie culturelle bretonne qui ne se limite pas aux vieilles charrues de Carhaix ou au festival du bout du monde!

vendredi 23 novembre 2012

Pieds noirs


Mon oncle est originaire d'Algérie, d'Oran. Quand il était jeune il a joué au basket avec Navarro (Alias Roger Hanin) . (ça ne nous rajeunit pas, ça, ma brave dame!) . 
Je me plaisais à l'imaginer sous les paniers à mettre des buts. Il est venu un jour à la maison avec toute sa famille  qui était installée à Toulon après 1962. Il y avait de la limonade et de la joie de vivre. Ce jour-là,  un vent de folie a soufflé dans la cuisine, entre la table et le poêle. Ils étaient forts (un peu enveloppés) mais tellement vivants par rapport à nous. Ils venaient avec l'accent (po po po) et des  oranges amères dans une caisse qui sentait le soleil dont j'ai gardé l'image. Elle me faisait rêver. J'ai toujours cru qu'elle venait d'Oran. En fait, ils habitaient le sud depuis trois-quatre ans, mais leur monde était rempli de l'Algérie perdue, du soleil sur la mer bleue et des murs blancs de la ville.
Il y a peu, la caisse  s'est brisée sous le poids du bric-à-brac qu'elle contenait et j'ai dû me résoudre à la jeter sans oublier toutefois d'immortaliser cette image qui me faisait rêver. Je vois aujourd'hui qu'elle venait du Maroc!
Il faisait beau et chaud et c'était tellement autre. Les femmes étaient vivantes, gaies, joyeuses enrobées et tout ce monde parlait fort et prenait beaucoup, beaucoup de place pour moi qui étais très petite. Ils ne sont venus qu'une fois, ma mère, française franchouillarde en crevait des millions qu'ils étaient censés avoir reçus en guise de dédommagement. Pourtant le pays en pleine " trente glorieuses"  a absorbé cette main d'oeuvre et ces nouveaux qualifiés sans  problème.

mardi 20 novembre 2012

Hélène


Ma grand-mère s'appelait Hélène ou Marie, je ne sais pas trop au juste, je ne l'ai jamais connue. Elle est morte il y a très longtemps, en se suicidant avec un fusil dont elle avait mis le canon dans sa bouche. Enfin je crois. Je crois pour la façon de mourir, mais pour le suicide j'en suis sure. 
Mon père avait 15 ans. La version officielle qui me fut transmise par ma mère, et uniquement par elle, est que son mari la trompait.
Est-ce une raison suffisante?
Je me suis toujours demandée comment on pouvait mettre fin à ses jours pour le non-amour d'un homme alors que deux enfants, toujours jeunes, vivaient encore dans la famille. Je me suis interrogée sur le fait que le "mari et  père" ne soit rendu compte de rien, trop absorbé qu'il devait être par la maîtresse.
Mon frère dirait que c'était l'air du temps et qu'on ne se préoccupait alors pas trop des sentiments des uns et des autres. Que la vie était à marche ou crève.
Ma mère en tirait une conclusion de cause à effet, il fallait toujours "coucher" avec son époux sous peine de le voir aller ailleurs! J'ai compris cette formulation tardivement lorsque j'ai lu, Jeanne et les siens. Ce livre m'a éclairée sur les moyens de contraception efficaces à 100% que finissaient par adopter les couples lorsqu'un enfant naissait chaque année: faire chambre à part. Si la femme semblait alors se contenter de pouponner, si elle pouvait trouver refuge dans son métier et l'amour de ses enfants, le mari, lui ne pouvait s'en satisfaire et partait courir le "guilledoux". Rien de plus normal! 

Alors le suicide?
Je me suis demandée ensuite si la tentation du suicide était héréditaire, si la dépression qui en était à l'origine au point de créer une rupture soudaine dans l'état d'équilibre, se transmettait de génération en génération, si quelque part en moi il n'y avait pas ce sentiment d'impuissance qui mène à la mort?
Bof, questionnement à la con, sans doute....
Je ne suis pas vraiment d'humeur très gaie. 
Il n'y avait donc pas de secret de famille, rien que du cru, bien étalé, mais j'en tirai une certaine gloire comme si on pouvait être fière d'avoir eu une grand-mère assez courageuse pour se flinguer! C'était quand même plus héroïque que de mourir tout connement dans son lit de la tuberculose!
Une autre histoire me faisait fantasmer, celle d'un arrière grand-père trop petit pour partir à la guerre, qui était mort des suites d'un coup de pied de cheval!
De titre de gloire, il n'y en a pas dans la famille, si ce n'est que mon grand-père du côté maternel n'est pas mort à Verdun, qu'il a tenu 4 ans dans les tranchées, qu'il était au trou lors d'une grande offensive sur le front  et qu'il n'a même pas attrapé la grippe espagnole qui faisait des ravages car il carburait à l'aspirine alors qu'infirmier il côtoyait des soldats contaminés.

lundi 19 novembre 2012

L'art en guerre

Excellente exposition au musée d'art moderne de la ville de Paris: l'art en guerre, France 1938-1947.
Les adolescentes " pas si rebelles" ont adoré, moi aussi.
J'ai particulièrement apprécié la salle qui présente l'art dans les camps et notamment celui de Drancy dont je suis en train de lire l'histoire: à l'intérieur du camp de Drancy, d'Annette Wieviorka et Michel Laffite.
Cet ouvrage est remarquable par sa précision, et la rigueur de son écriture (le livre se lit facilement). Je découvre que Drancy est plus qu'un camp de transit, un vrai camp de concentration. Une aquarelle exposée au MAM entrait en résonnance avec ma lecture mais je n'ai pu la photographier. On y voyait un nazi rédiger une lettre du dernier étage de l'immeuble face à la cour de Drancy, ses déportés et ses tinettes. 
L'exposition mêle, documents d'histoire et oeuvres d'art. Si le parcours manque un peu de lisibilité et de praticabilité,  l'accrochage reste pédagogique, passionnant et montre à quel point on ne peut couper une oeuvre ou un artiste du temps présent qu'il connaît.
Les nombreux tableaux de Matisse d'après guerre nous font respirer après les huiles d'un peintre régional que je ne connaissais pas mais qui, dans sa cuisine, n'a cessé de dénoncer Hitler et ses sbires: Joseph Steib  et son salon des rêves.
Tout aussi intéressantes sont les photographies montrant les artistes  compromis avec le régime de Vichy et l'Allemagne nazie. 
Parmi les oeuvres remarquables à ne pas manquer,  je ne saurais trop conseiller, Mickey au camp de Gurs, "publié sans l'autorisation de Walt Disney" de Horst Rosenthal, déporté le 11 septembre 1942 pour Auschwitz.

Une recommandation, toutefois, presbytes n'oubliez pas vos lunettes et âmes sensibles, prévoyez un temps de zénitude après l'expo, comme par exemple, la visite de celle de Roman Ondak également au musée, artiste vivant et ultra contemporain. Vous aurez le privilège, si vous le souhaitez, de contribuer à  son oeuvre  en y laissant votre prénom et la date de votre passage accolé au trait indiquant votre taille. L'idée est vraiment géniale. Dans un premier temps, on se demande ce que cela représente, puis on pense à sa propre enfance lorsque notre mère, armée d'une réglette, nous mesurait, laissant au mur la progression de notre croissance. Fièrement, on pouvait apprécier les quelques centimètres gagnés au cours des mois passés, là on se réjouit de laisser une trace, certes éphémère! 
Le visiteur, l'air benêt, revenu en enfance, se colle au mur tandis qu'une hôtesse le mesure. Les photos sont autorisées pour une fois, et l'on peut immortaliser sa visite au musée!

samedi 17 novembre 2012

Paris photo


Nouvelle virée à Paris, mais  j'ai le chic pour choisir les temps gris et humides. Cependant si la course à pied du petit matin a été super dure parce que mon ventre criait famine, un poil fatiguée par la route et le footing de la veille, Paris en vélib depuis les jardins du Luxembourg vers la rue du Pont Neuf,  reste toujours une chouette balade. Trois quart d'heure avant l'ouverture, quelques vaillants Japonais, décalés par les horaires font les plantons devant les portes du Louvre, les terrasses sont déjà remplies de fumeurs devant un petit noir bien serré. Les cloches ont planqué, sous quelques bancs, leur lit de fortune et commencent à arpenter les rues, la sébile à la main. Un poilu, à peine levé, roulait une clope tandis que ses deux clebs finissaient leur nuit sous la couette d'où ne sortaient que leurs museaux. 


Aller à Paris est toujours pour moi l'occasion de découvrir un nouveau quartier, ou une petite ruelle. J'ai découvert la TGB et le quartier de Bercy, épatant sous le gris. Vue de dehors, je trouve la TGB datée architecturalement, grisâtre mais le dedans, du moins au rez-chaussée, est top, moquetté, cosy, accueillant. J'aurais aimé, étudiante, pouvoir travailler dans un tel cadre. 

Deux expositions sympathiques pour  spécialistes et non spécialistes puisqu'on découvre les trésors de la bibliothèque: 
- la photographie en cent chefs-d'oeuvre
Il est difficile de savoir pourquoi tel ou tel cliché est montré en exposition. Lire le commentaire en ligne  ne m'éclaire pas plus (explorer la signification du concept de chef d'oeuvre ???) ou alors je suis particulièrement cruche... Cependant on passe un bon moment, et j'aime assez voir Zola couché dans l'herbe sur le côté, son chien entre les bras, pris en photo par sa femme. Le vieux bonhomme mettait en scène ses deux vies, celle avec son épouse, l'autre avec sa maîtresse. La boutique de hamburger prise au polaroïd est épatante.


- l'âge d'or des cartes marines. Quand l'Europe découvrait le monde.
La BNF possède la plus grande collection au monde de portulans, on y découvre les cartes qui ont permis à Magellan ou Marco Polo d'explorer le monde.Ces cartes sont de véritables chefs d'oeuvre!

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