vendredi 16 novembre 2012

Mes chaussures façon graou


J'adore Caroline quand elle s'exhibe en robe graou ou qu'elle craque sur un bout de tissu de chez Monop, pur graou. Je raffole de l'expression, j'en rêve, je la savoure comme un bonbon, je la tourne en boucle, bref, j'en suis fan. J'aime aussi le concept "petites papattes dessinées façon chaton" ...
Si ça ne faisait pas, parfois,  un poil vieille peau qui se la pète jeune, je craquerais volontiers pour la panoplie. Là j'ai craqué pour la paire de grolles.
" Oh! Mon dieu" a dit ma fille "tu as osé...Je n'ai pas vu comment tu es partie ce matin.
J'ai découvert en classe, j'avais la honte grave.... Ils ont dû trouver ça horrible, j'ai oublié de demander mais pitié, tu évites tant que je suis au lycée ...."
Oui, bon, faut rien exagérer non plus, ce ne sont que des mocassins à la coupe mode, juste en faux poils, façon graou, pas des escarpins à 10 cm de talon et je ne suis pas en robe moulante exhibant des nibards à faire péter d'envie ou comme le dit si justement la bonne dans "fait pas ci, fait pas ça" de cette semaine : "des seins comme des obus et des yeux qui crient braguette.... "( J'ai ri aux éclats et la série m'a fait un bien fou. La télé peut venir à bout de la dépression la plus sévère...)
Rahh lovely!
Le problème est que le graou est vachement difficile à accommoder. Faut mieux du noir, de l'uni, du soft un peu court, pas du moulé mais pas du ample, bref, il y a des chances pour que je ne les use pas.
En pantalon, le modèle passe mieux.

mercredi 14 novembre 2012

Les rats .


J'ai vu les fameux rats de luxe de mes amis ce week-end à Angers. Puisque le fils prodige est parti vivre de nouvelles aventures vers des horizons lointains, les rats sans passeport, ne pouvaient voyager hors de France. Ils sont donc à Angers dans cette ville bourgeoise où j'imaginais un lâcher de bestioles, grouillantes, porteuses de la peste s'égayant dans les jardins, les égouts, les rues pavées, les caves médiévales et les cours gallo-romaines. En effet, avant d'être moyenageuse, la ville est d'origine gallo-romaine comme l'ont si bien mis en évidence les Ayatollahs archéologues dont la vie professionnelle est de pourrir les urbanistes, les promoteurs immobiliers, "le bon maire" qui ne veut que le bien de ses concitoyens, en créant des jobs dans les services hôteliers, le ménage des bureaux pour les remplisseurs de paperasses et les loufiats des bistrots-bar-tabac. Ainsi, les rats habitués des nécropoles presque antiques vont devoir prochainement hanter des immeubles laids, dont on se fiche comme d'une guigne tandis qu'un champ de fouilles inestimables sera enterré pour l'éternité sans livrer ses secrets. Angers est un peu comme Le Caire on ne peut faire un trou en centre ville ou près de la gare sans dénicher un trésor, il faut mieux s'en faire une raison et différer toute construction sous peine de se voir priver de sources historiques fondamentales. Ce n'est pourtant pas le choix de nos administrateurs qui n'ont aucun penchant pour le passé et tentent, en douce de passer en force afin d'édifier leur projet de bureaux. C'est sans compter sur la vigilance des historiens qui veillent au grain et réveillent l'opinion. Les archéologues n'attendent donc que le feu vert des autorités supérieures afin de commencer les fouilles près de la gare. Il y a peu on mettait à jour un temple dédié au dieu Mithra, il y a fort à parier que cette fois-ci on trouvera encore force fibules, colliers et autres objets. Pour une fois, je me réjouis qu'une administration contrôle les municipalités et les empêchent de commettre l'irréparable.
Mais ce n'est pas le sujet. 
J'ai découvert que des rats, même de luxe, ça pue, ça fouette, ça cocotte, ça puire et c'est immonde, surtout leur queue... En plus, je ne sais pourquoi mais je les imagine mordre... Il fallait les voir s'arquebouter au morceau de pain bien sec. Je me suis dit qu'ils pouvaient très bien vous arracher un bout de mollet sans aucun problème. 
Leur vie est en cage, de luxe certes, mais, commune en réalité, genre cage à hamster mais en mastodonte. Le loft qui sert à regarder des films sur grand écran est donc pourri par un fumet de pestilence rare, entre la merde, le fumier et le fauve, une odeur de cage de cirque, de fumier de lapin en pire. Je préfère encore les rigoles de purin qui coulaient des étables autrefois ou l'odeur de crottin. Voilà qui est chic, le crottin, ça se marie bien avec les chasses à cour des bords de Loire, des châteaux environnants mais des rats....Non!

mardi 13 novembre 2012

Argo...


Aller à Angers est aussi l'occasion de se rendre au cinéma à pied! Ce qu'on a fait samedi soir.
Le cinéma des quatre cent coups n'a pas vraiment changé, des salles toujours aussi petites, avec les écrans qui vont avec, des fauteuils qui permettent à nos genoux de toucher le menton, sans que l'on puisse vraiment y adosser la tête, un confort, certes, moelleux mais étroit ; par contre il y fait chaud, pas comme ici où un courant d'air froid  vous plombe la soirée petit à petit. Pour autant, le ciné fait le plein de couples dans la fleur de l'âge, intellos bon teint, accompagnés ou non de leurs grands enfants, samedi soir oblige! Etonnant, je suis plutôt habituée à la faune d'ici et ses vieux en retraite.
Argo est un film bien ficelé, haletant alors que l'on connaît la fin, excellemment bien reconstitué notamment dans les costumes, à tel point que le mélange images d'archives/film passe plutôt bien.
J'ai toutefois trouvé fort dommage l'air ahuri vide de Ben Affleck, à la lèvre supérieure humide, presque irriguée par un petit filet de bave. A moins que cela ne tienne aux gros plans répétitifs sur son visage inspiré, afin de capter le stress, la détermination du héros ou son intelligence?
Bref, c'est un film instructif pour l'adolescente rebelle qui a tout compris et bien aimé, notamment le collusion entre la soft et la hard power, Hollywood et la CIA. 
On ne s'ennuie pas une minute, je n'ai pas dormi, (c'est un signe) ... et ce fut aussi pour moi l'occasion de revoir un vieux pote du lycée que je n'aurais pas reconnu si on ne me l'avait pas présenté. Par contre pour lui, aucun doute, j'étais bien moi. Dois-je m'en féliciter?

lundi 12 novembre 2012

Sur les bords de Loire



Lorsque l'on marche sur les levées des bords de Loire, on apprécie que celle-ci soit encore le dernier fleuve sauvage de France: des saules têtards qui dardent, au dessus des flots impétueux, leurs dernières feuilles d'automne, quelques pêcheurs à la quête des sandres et des brochets, dès potron-minet, de vastes demeures à l'abri des murs façon château d'Angers afin de se protéger des grandes crues, sentiers, bosquets, champs de maïs en friche, chasseurs en goguette, la trompe de chasse sous les bras, les chiens excités comme des puces pistant le gibier ou cherchant le sang, des cyclistes goguenards, quelques coureurs  à pied et nous .... en pères peinards ...
Les lumières sont superbes.

samedi 10 novembre 2012

Une virée à Angers.


Angers est la ville où j'ai fait mes études... A l'époque, nous étions une vingtaine d'étudiants dans dans des préfabriqués, à peine chauffés. Le matin, j'allais travailler, gagner ma vie, et l'après-midi je faisais "étudiante". Je n'avais que 3-4 ans de plus que les autres mais je me sentais vieille, très! J'avais un avantage sur eux, j'étais sure d'être au bon endroit, à la bonne place et je n'avais pas de temps à perdre. Connaissant les joies du travail salarié, j'appréciais l’insouciance de  mes camarades, les discussions sur les cours, le travail en bibliothèque, j'adorais manger au RU, bref, j'ai profité pleinement de ces années d'étude! 
J'aime revenir de temps en temps dans cette ville qui a peu changé en définitive. Toujours aussi prout!

jeudi 8 novembre 2012

Schwarzenegger au jardin


Schwarzenegger c'est moi! 
Voici quinze jours que je fais du sport tous les jours.
Première semaine: natation, plus de 1500 m avec plaquettes et pulboy entre les cuisses en un temps record. Ajouter à cela, bain dans la mer gelée pour parfaire la flagellation si bénéfique au moral....
Rahh! Lovely ....
Deuxième semaine, course à pied tous les jours ou gym avec Gourou Max et jardinage à fond, genre émasculation et taillage des chênes verts, des buissons bas, ratissages fous des aiguilles de pins  des arbres en train de mourir de la cochenille et tonte derrière la tondeuse poussive qui a bien failli m'exploser ce matin entre les mains. Une énorme flamme jaune orangée est sortie du moteur, puis elle a pété en crachant une fumée bleue du plus bel effet, signifiant ainsi qu'il était temps de la bichonner un peu. De l'huile, de l'essence et c'est reparti, j'ai slalomé entre les crottes de chiens et de renards qui jonchent ma pelouse moussue. Amis Parisiens vous qui slalomez entre les bagnoles (et les crottes de chiens), ne pouvez connaître l'exaltation à admirer son jardin une fois le travail de bagnard achevé, lorsque le martin pêcheur vient s'abreuver à la mare. Cela dit, je ne vais pas faire ça toute ma vie, et je me disais en rangeant le matériel, que les nourritures spirituelles sont également exaltantes.

Cependant, les nuits sont courtes, truffées de rêves tous plus cinglés les uns que les autres. En  journée, le taille haie ou le rateau à la main,  après avoir lu le billet quotidien de Caroline, je tourne en boucle le mot "graou" ! 
Je suis folle à lier, Augustine c'est moi.....
Allez savoir pourquoi? L'excès d'endomorphines sans doute... (qui participent à la modulation de diverses sensations comme la douleur, le plaisir, la faim, la soif..... )

mardi 6 novembre 2012

Grand Maître, Jim Harrison


Je suis fan de Jim Harrison, moins  de ces derniers livres puisque le bonhomme a bien vieilli, qu'il  radote un peu et que probablement la traduction n'est pas terrible. Il n'empêche son dernier ouvrage, Grand Maître, nous fait passer un bon moment typiquement américain. Son héros, inspecteur de police en retraite, aux pensées lubriques incontrôlables (l'imagination devant des petites culottes bleues, pas l'homme), traque dans les lieux préférés de l'auteur, un chef de secte surnommé le grand maître dont le sexe constitue le fondement religieux, "Dwight tapota le crâne de la cuisinière boulotte, qui s'agenouilla devant lui, entrouvit le peignoir de son dieu vivant et lui embrassa le zizi"(p. 323)Le but du Gourou, hormis l'arnaque des adeptes, est  de coucher avec les jeunes filles nubiles et vierges afin de leur faire don de son sperme tel l'huile sainte dont on oint les rois de France. L'enquête n'est qu'un prétexte.
Le récit, que Harrison fait de la traque du cinglé, est jalonné par le nombre de verres de whisky que boit le héros, le détail des repas qu'il fait et de ses réflexions sur la vie, la mort, la retraite et l'amour. Le bouquin est jubilatoire au point d'en rêver la nuit. Je n'aime pas les livres concernant les problèmes sexuels des mecs, ni leurs états d'âme mais je dois avouer que le vieux flic libidineux s'interrogeant sur les longues années de retraite à venir me font rire: " Un médecin lui avait jadis conseillé de supprimer le sel toute une semaine pour faire baisser sa tension, et ça avait été une expérience calamiteuse ainsi que le moment de changer de médecin. Vers la fin de cette semaine sans sel, par une torride nuit estivale il avait sucé les seins dune imposante barmaid de Newbury après des heures de services et atteint l'extase en lapant la sueur sur la peau de la fille " (p. 330)
L'auteur n'a pas son pareil afin de décrire les torrents où fraient les truites, les vols de corbeaux, les ornières des chemins. On sent avec lui le bien-être du soleil au petit matin ou la fraîcheur d'une ombre près des torrents.
Du Grand Maître au final, de l'école du Montana.
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