mardi 6 novembre 2012

Grand Maître, Jim Harrison


Je suis fan de Jim Harrison, moins  de ces derniers livres puisque le bonhomme a bien vieilli, qu'il  radote un peu et que probablement la traduction n'est pas terrible. Il n'empêche son dernier ouvrage, Grand Maître, nous fait passer un bon moment typiquement américain. Son héros, inspecteur de police en retraite, aux pensées lubriques incontrôlables (l'imagination devant des petites culottes bleues, pas l'homme), traque dans les lieux préférés de l'auteur, un chef de secte surnommé le grand maître dont le sexe constitue le fondement religieux, "Dwight tapota le crâne de la cuisinière boulotte, qui s'agenouilla devant lui, entrouvit le peignoir de son dieu vivant et lui embrassa le zizi"(p. 323)Le but du Gourou, hormis l'arnaque des adeptes, est  de coucher avec les jeunes filles nubiles et vierges afin de leur faire don de son sperme tel l'huile sainte dont on oint les rois de France. L'enquête n'est qu'un prétexte.
Le récit, que Harrison fait de la traque du cinglé, est jalonné par le nombre de verres de whisky que boit le héros, le détail des repas qu'il fait et de ses réflexions sur la vie, la mort, la retraite et l'amour. Le bouquin est jubilatoire au point d'en rêver la nuit. Je n'aime pas les livres concernant les problèmes sexuels des mecs, ni leurs états d'âme mais je dois avouer que le vieux flic libidineux s'interrogeant sur les longues années de retraite à venir me font rire: " Un médecin lui avait jadis conseillé de supprimer le sel toute une semaine pour faire baisser sa tension, et ça avait été une expérience calamiteuse ainsi que le moment de changer de médecin. Vers la fin de cette semaine sans sel, par une torride nuit estivale il avait sucé les seins dune imposante barmaid de Newbury après des heures de services et atteint l'extase en lapant la sueur sur la peau de la fille " (p. 330)
L'auteur n'a pas son pareil afin de décrire les torrents où fraient les truites, les vols de corbeaux, les ornières des chemins. On sent avec lui le bien-être du soleil au petit matin ou la fraîcheur d'une ombre près des torrents.
Du Grand Maître au final, de l'école du Montana.

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